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| Forum sous thème "Libérer les ressources financières, connecter les canaux de financement", organisé le 20 mai à Hô Chi Minh-Ville |
Cette problématique a été largement débattue lors du forum intitulé “Libérer les ressources financières, connecter les canaux de financement”, organisé le 20 mai à Hô Chi Minh-Ville par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Vietnam (VCCI), en coordination avec le magazine Diễn đàn Doanh nghiệp (Forum des hommes d’affaires).
Selon Hoàng Quang Phòng, vice-président de la VCCI, l’accès au financement reste confronté à de nombreuses difficultés. Les entreprises vietnamiennes continuent de dépendre principalement du crédit bancaire, alors même que la capacité de financement du système bancaire demeure limitée et que les exigences en matière de garanties deviennent de plus en plus strictes.
Parallèlement, les canaux de financement de marché, notamment les obligations d’entreprise et le marché boursier, bien qu’ayant connu une phase de restructuration et de renforcement de la transparence, doivent encore gagner en profondeur afin de devenir de véritables piliers du financement de l’économie.
En outre, les nouvelles sources de capitaux telles que les fonds de capital-investissement, la finance verte ou encore les financements internationaux liés au climat présentent un potentiel considérable. Cependant, les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), se heurtent encore à de nombreux obstacles techniques pour y accéder.
Des besoins de capitaux considérables
Selon les représentants de la VCCI, la période 2026-2030 constituera une phase d’accélération des investissements et de consolidation des bases d’une croissance durable à long terme. Les études de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement (BAD) estiment que le Vietnam devra mobiliser entre 15 et 17 milliards de dollars par an pour financer les projets liés à l’adaptation au changement climatique et aux infrastructures durables.
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| Un expert partage des suggestions visant à libérer et mobiliser des capitaux. |
Or, le budget de l’État ne couvre actuellement qu’environ 30 à 35% de ces besoins, rendant indispensable une mobilisation accrue des capitaux privés.
Au-delà du secteur des infrastructures, les petites et microentreprises font également face à un important déficit de financement, avec des besoins non satisfaits représentant plusieurs milliards de dollars chaque année. Lever les obstacles à l’accès au capital ne permettra pas seulement aux entreprises de se redresser et d’élargir leurs capacités de production ; cela constituera aussi un moteur essentiel de la croissance économique dans les années à venir.
Sous l’angle de l’expertise économique, le Dr. Dô Thiên Anh Tuấn, maître de conférences principal à l’École de politiques publiques et de gestion de l’Université Fulbright Vietnam, a indiqué que, dans un scénario où l’investissement représenterait 40% du PIB, les besoins totaux d’investissement de l’économie pourraient atteindre près de 40 millions de milliards de dôngs au cours des cinq prochaines années afin de réaliser les objectifs de croissance tout en maîtrisant l’inflation.
Selon cet expert, la mobilisation d’un tel volume de ressources nécessite la mise en œuvre simultanée de plusieurs solutions. L’investissement public doit continuer à jouer un rôle moteur et pourrait représenter jusqu’à 10% du PIB, à condition de se concentrer sur les infrastructures stratégiques et d’éviter la dispersion des ressources.
Le crédit bancaire doit être maintenu à un niveau approprié, en privilégiant les activités productives et les investissements créateurs de valeur plutôt que les opérations spéculatives.
Diversifier les canaux de financement
Par ailleurs, une réforme ambitieuse du marché des capitaux est indispensable afin de porter les levées de fonds par actions et obligations à un niveau équivalant à au moins 4% du PIB.
Le secteur privé doit également être davantage soutenu grâce à l’amélioration de l’environnement des affaires, à l’encouragement de l’entrepreneuriat et à l’augmentation de la part des fonds propres dans les investissements.
En outre, le Vietnam devra poursuivre ses efforts pour attirer des investissements directs étrangers (IDE) de haute qualité, tout en développant de nouveaux modèles de financement fondés sur les technologies financières (fintech), les centres financiers internationaux et les instruments financiers modernes.
Lors du forum, Nguyễn Phi Lân, directeur général du Département des prévisions statistiques et de la stabilité monétaire et financière de la Banque d’État du Vietnam, a souligné que les marges de manœuvre de la politique monétaire sont aujourd’hui plus limitées qu’auparavant.
Les autorités monétaires doivent simultanément maîtriser l’inflation, stabiliser le taux de change, soutenir la croissance économique et préserver la sécurité du système financier. Cette situation renforce l’urgence de développer de manière équilibrée le marché monétaire et le marché des capitaux, tout en diversifiant les canaux de financement de l’économie.
Le représentant de la Banque d’État a recommandé aux entreprises de renforcer leur gouvernance financière, d’améliorer la transparence de l’information, d’optimiser leur gestion de trésorerie et d’accroître leur résilience face aux chocs externes.
Les crédits bancaires doivent être utilisés conformément à leur vocation première, en priorité pour les activités productives et les secteurs créateurs de valeur ajoutée réelle.
Par ailleurs, les entreprises sont invitées à réduire leur dépendance excessive à l’égard des prêts bancaires en recherchant activement des sources de financement à moyen et long terme telles que les marchés boursiers, les obligations d’entreprise, les fonds d’investissement ou encore les partenariats public-privé (PPP).
Un développement équilibré entre crédit bancaire et financements alternatifs contribuera non seulement à renforcer la solidité financière des entreprises, mais aussi à réduire la pression sur le système bancaire et à améliorer la durabilité de l’économie nationale.
Dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes, la Banque d’État appelle également les entreprises à faire preuve de prudence face aux activités spéculatives à haut risque ou aux stratégies excessivement dépendantes des fluctuations à court terme des marchés d’actifs.
Les évolutions récentes observées sur les marchés de l’or, des devises et des matières premières internationales montrent que les comportements spéculatifs peuvent accroître les risques financiers et fragiliser la stabilité macroéconomique.
Malgré ces défis, les experts estiment que le Vietnam dispose toujours d’atouts solides : une stabilité politique et sociale durable, une économie fortement intégrée au commerce international, une capacité reconnue d’attraction des IDE, une main-d’œuvre abondante et une position de plus en plus stratégique dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Ces facteurs constitueront des leviers essentiels pour renforcer la résilience de l’économie vietnamienne et soutenir sa croissance à moyen et long terme.
Texte et photos : Quang Châu/CVN



