Hô Chi Minh-Ville : cours d’été dans la pagode Pothiwong

Chaque été, dans la cour de la pagode Pothiwong, située dans le quartier de Bay Hiên, à Hô Chi Minh-Ville, des jeunes d'origine khmère se réunissent pour apprendre gratuitement leur langue maternelle, tout en recevant un enseignement axé sur les valeurs morales.

>> Chol Chnam Thmay : le Premier ministre adresse ses vœux à la communauté khmère

>> Une délégation ministérielle présente ses vœux du Chol Chnam Thmay à Cân Tho

>> "Têt armée - population", un pont entre soldats et population khmère à Cân Tho

Un cours de khmers à la pagode Pothiwong.
Photo : VNA/CVN

À 18h30, bien avant le début des cours, des dizaines d’enfants venus des environs de la pagode sont déjà présents. Sans qu’on ait besoin de les appeler, ils s’organisent spontanément : ils installent les tables et les chaises, prennent place et se préparent pour le cours du soir dans cette modeste pagode nichée au cœur d’une ruelle.

Les élèves y apprennent à lire, à écrire et à former leurs premiers mots en khmer. Les enseignants sont de jeunes moines, qui poursuivent leur formation religieuse à la pagode Pothiwong. Pendant le cours, ils inscrivent soigneusement les leçons au tableau, lettre après lettre, afin que les enfants puissent les distinguer clairement. Lors des exercices de lecture, les moines prononcent d’abord les mots, puis les élèves les répètent à l’unisson.

Les enfants suivent attentivement le texte du regard, mémorisant à la fois les caractères et leur prononciation. Bien que les effectifs ne soient pas très importants, ces cours réguliers permettent à cette classe d’été de perdurer depuis de nombreuses années.

Le vénérable Thach Dô La enseigne l'écriture aux élèves.
Photo : VNA/CVN

Avec une grande patience, le vénérable Thach Dô La trace chaque caractère khmer au tableau et épelle lentement chaque syllabe pour toute la classe. Lorsque certains élèves hésitent ou éprouvent des difficultés à reproduire les courbes caractéristiques de l’écriture khmère, il les accompagne avec bienveillance, son par son et syllabe par syllabe.

"En plus d’enseigner l’écriture, nous parlons aux enfants de leur culture, de leurs coutumes et de leurs fêtes traditionnelles afin qu’ils comprennent leurs origines et sachent qui ils sont.

Le plus précieux est de leur transmettre la langue et l’écriture khmères pour qu’ils puissent comprendre leur héritage culturel, le préserver et le transmettre aux générations futures", explique le vénérable Thach Dô La.

Le moine Lâm Mai ajoute que la plupart des religieux de la pagode sont originaires des anciennes provinces de Soc Trang et Trà Vinh (aujourd’hui rattachées à la province de Vĩnh Long). Ils connaissent donc parfaitement l’importance de ces classes, ayant eux-mêmes passé leurs vacances d’été dans les pagodes à apprendre le khmer lorsqu’ils étaient enfants.

En venant poursuivre leurs études religieuses à Hô Chi Minh-Ville, ils ont constaté qu’un grand nombre d’enfants khmers nés et élevés dans la métropole comprennent leur langue maternelle sans toutefois savoir l’écrire, et que certains peinent même à la parler couramment. C’est pourquoi le vénérable Lâm Mai et les autres moines ont choisi de perpétuer cette tradition en se relayant pour assurer les cours, avec l’espoir que les jeunes générations ne perdent jamais le lien avec leurs racines.

La classe est ouverte aux élèves de différents âges.
Photo : VNA/CVN

Chaque séance dure environ 90 minutes et se tient du lundi au samedi. Une fois l’alphabet et les bases de la lecture assimilés, les moines racontent à leurs élèves l’histoire et la signification des grandes fêtes traditionnelles khmères telles que Chol Chnam Thmay, Sen Dolta, Ok Om Bok ou Pchum Ben, toutes profondément ancrées dans la vie spirituelle des Khmers du Sud.

Les leçons sont également ponctuées d’histoires sur la morale, la piété filiale et le respect d’autrui, contribuant à former le caractère des enfants tout en préservant leur langue maternelle.

Selon le vénérable Thach Dô La, la plus grande difficulté de l’écriture khmère réside dans l’assemblage des syllabes. C’est pourquoi le simple fait de mémoriser une partie de l’alphabet et de savoir composer quelques mots constitue déjà une étape essentielle.

L’objectif des moines est que, grâce à ces cours d’été, les enfants poursuivent ensuite leur apprentissage de l’écriture, approfondissent leur connaissance de leur patrimoine culturel et deviennent les futurs gardiens des traditions khmères.

"De nombreux parents confient leurs enfants à la pagode non seulement pour qu’ils apprennent le khmer, mais aussi pour qu’ils acquièrent des valeurs morales, le sens de la piété filiale et le respect de leur identité culturelle. En grandissant en ville, ils ont peu d’occasions de parler leur langue maternelle ; c’est pourquoi cette classe revêt une importance toute particulière", conclut le vénérable.

Minh Thư/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top