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L'événement a été organisé par le Département du changement climatique (relevant du ministère de l'Agriculture et de l'Environnement), en collaboration avec l'Université des ressources naturelles et de l'environnement de Hô Chi Minh-Ville.
De nombreuses interventions de responsables et d'experts y ont été présentées, mettant tout particulièrement l'accent sur le méthane. Ce gaz à effet de serre n'a rien d'exotique : il provient de la culture, de l'élevage, de la gestion des déchets solides, du traitement des eaux usées, ainsi que de l'exploitation pétrolière, gazière et houillère ou encore de la consommation de combustibles fossiles. Dès lors, la réduction des émissions de méthane n'est pas l'affaire d'un seul secteur.
À ce sujet, le Dr Lương Quang Huy, chef du bureau de gestion des émissions de gaz à effet de serre et de la protection de la couche d'ozone (relevant du Département du changement climatique), a indiqué que le 5 août 2022, le Premier ministre avait signé la décision N°942/QĐ-TTg approuvant le Plan d'action pour la réduction des émissions de méthane d'ici 2030, fixant l'objectif d'une baisse d'au moins 30% par rapport à 2020. Plus précisément, d'ici 2025, les émissions ne devront pas dépasser 96,4 millions de tonnes d'équivalent CO2 (soit une réduction de 13,34%). D'ici 2030, ce chiffre devra ramener les émissions à 77,9 millions de tonnes, marquant une baisse d'au moins 30%.
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| Participants au colloque de sensibilisation à la réduction des émissions de méthane, le 1er octobre à l’Université des ressources et de l’environnement de Hô Chi Minh-Ville. |
Ce plan s'inscrit dans un cadre politique plus large. La Stratégie nationale sur le changement climatique fixe un objectif de couverture forestière d'au moins 42% d'ici 2030 et son maintien à 43% d'ici 2050. En septembre 2025, le Vietnam a soumis son Plan national d'adaptation (PNA) mis à jour au Secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), devenant ainsi l'un des 79 pays à avoir déposé ce rapport, parmi lesquels figurent 68 pays en développement et 11 pays développés.
Plan d’action
À ce jour, le ministère de l'Agriculture et de l'Environnement a publié un plan de mise en œuvre couvrant les secteurs des déchets, de l'agriculture et de l'utilisation des terres. Le ministère de l'Industrie et du Commerce a, quant à lui, élaboré un plan pour le secteur de l'énergie, incluant l'exploitation charbonnière, pétrolière et gazière. Plusieurs collectivités locales et entreprises ont commencé à capter le méthane issu des décharges pour produire de l'électricité, valorisant ainsi les déchets en énergie. Plus de 2.000 entreprises opérant dans des secteurs à fortes émissions ont été sommées d'effectuer un bilan de leurs émissions de gaz à effet de serre et de dresser un plan de réduction des émissions.
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| Le Dr Lương Quang Huy, chef du bureau de gestion des émissions de gaz à effet de serre et de la protection de la couche d'ozone (relevant du Département du changement climatique), présente l'état des lieux du changement climatique. |
Selon le Dr Trần Đỗ Bảo Trung, chef du bureau de l'adaptation au changement climatique (relevant du Département du changement climatique), le budget alloué au climat pour 29 provinces et villes est passé d'environ 15.000 milliards de dôngs en 2016 à près de 24.000 milliards de dôngs en 2020. Sur la période 2013-2020, les dépenses budgétaires totales consacrées à la protection de l'environnement ont atteint près de 129,8 milliers de milliards de dôngs. Rien que pour la période 2016-2020, les 21 programmes objectifs approuvés ont représenté environ 1,14 million de milliards de dôngs, soit l'équivalent de 51 milliards de dollars.
Le Dr Trung a indiqué qu'à l'échelle locale, plusieurs modèles de sylviculture d'acacia hybride à gros bois d'œuvre, certifiés FSC dans l'ancien district de Yên Sơn (province de Tuyên Quang), sont cités comme une réussite exemplaire. Les sylviculteurs y bénéficient de revenus supérieurs de 15 à 20% par rapport aux méthodes conventionnelles, tout en préservant leur santé grâce à l'abandon des produits phytosanitaires.
Par ailleurs, les collectivités locales et les entreprises ont commencé à déployer des technologies de captage du méthane dans les décharges afin de produire de l'électricité et de convertir ainsi les déchets en énergie.
Le colloque a également mis en lumière de manière sans détour plusieurs obstacles. La coordination entre les différents secteurs et échelons demeure insuffisante et manque d'efficacité. Les financements restent restreints et tardent à être débloqués. Le personnel affecté à la lutte contre le changement climatique cumule essentiellement ces fonctions avec d'autres charges, sans agents dédiés ni formations régulières. Enfin, la sensibilisation encore lacunaire et hétérogène des organisations, des entreprises et des citoyens explique pourquoi les actions d'adaptation conservent souvent un caractère passif et hésitant.
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| Le Dr Trần Đỗ Bảo Trung, chef du bureau de l'adaptation au changement climatique (relevant du Département du changement climatique), expose les différents modèles de production et les applications technologiques de captage du méthane. |
Perspectives d'ici 2030
Afin de lever ces goulots d'étranglement, le colloque a proposé quatre groupes de solutions : parfaire les politiques et le financement, notamment par la mise en place d'un mécanisme de gestion des crédits carbone afin de dynamiser le marché du carbone et d'attirer les investissements ; stimuler l'application des technologies et l'innovation, tout en établissant des facteurs d'émission nationaux spécifiques pour garantir la transparence des données ; renforcer la coopération internationale et la formation des ressources humaines ; et enfin, intégrer l'objectif "Net Zero" dans les plans et schémas de développement socio-économique.
S'agissant du rôle de l'enseignement supérieur et de la recherche, le Dr Thái Phương Vũ, doyen adjoint de la Faculté des ressources naturelles et de l'environnement de l'Université des ressources naturelles et de l'environnement de Hô Chi Minh-Ville, a précisé que l'établissement se concentrait actuellement sur quatre axes prioritaires : participer à la formation et à la sensibilisation des étudiants ainsi que des communautés locales ; mener des recherches scientifiques tout en réalisant des mesures et des bilans d'émissions de méthane sur le terrain ; transférer des technologies et expérimenter des modèles de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les territoires ; et développer les synergies avec les autorités locales, les entreprises et les organisations internationales en matière de formation et de recherche.
Selon M. Vũ, il est essentiel, pour la période à venir, d'intégrer les enjeux de réduction des émissions dans les programmes d'enseignement de base, d'organiser un colloque annuel à l'intention des étudiants des universités de Hô Chi Minh-Ville, et d'élaborer des supports de formation destinés aux agriculteurs ainsi qu'aux entreprises. Concernant les mécanismes financiers et les crédits carbone, M. Vũ préconise de perfectionner le dispositif MRV (mesure, notification et vérification des émissions), de dynamiser le marché du carbone, de drainer les investissements verts vers les projets de réduction du méthane et d'accorder des prêts à taux préférentiels aux modèles d'agriculture durable et de gestion propre des déchets.
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| Nguyễn Thành Công, chef adjoint du bureau du marché du carbone (relevant du Département du changement climatique), présente le fonctionnement et les perspectives du marché du carbone au Vietnam. |
Sur le volet du marché du carbone, Nguyễn Thành Công, chef adjoint du bureau du marché du carbone (relevant du Département du changement climatique), souligne que le Vietnam est le deuxième pays d'Asie du Sud-Est à déployer un tel marché, juste derrière l'Indonésie, ce qui constitue une avancée remarquable. Néanmoins, s'agissant d'un domaine encore inédit au Vietnam comme dans de nombreux pays, il demeure primordial de poursuivre les efforts d'information et de sensibilisation auprès des entreprises pour qu'elles en saisissent les enjeux et décident d'y adhérer selon leur niveau de production et le volume de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Les experts exhortent également la jeunesse à privilégier un mode de vie vert et une consommation durable ; à s'engager activement dans les campagnes de reboisement, de nettoyage des littoraux et de réduction des déchets plastiques ; à proposer des solutions techniques et des modèles d'économie circulaire adaptés au monde des affaires pour réduire les émissions ; et enfin, à faire entendre la voix des jeunes générations lors des forums nationaux et internationaux consacrés au développement durable.
Texte et photos : Truong Giang/CVN






