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| Programme artistique "Échos de la Patrie", à Hanoi. |
| Photo : VNA/CVN |
Non seulement le cinéma reflète les années de lutte armée, mais il sert également à préserver la mémoire historique, à transmettre les idéaux révolutionnaires, à inspirer le patriotisme et à renforcer la confiance sociale.
Cependant, avec le développement fulgurant des plateformes numériques, les forces hostiles ont exploité les œuvres littéraires et artistiques en général, et les films en particulier, pour donner une vision déformée de la guerre révolutionnaire vietnamienne, déformer l’histoire, semer la discorde et saper le bloc de grande union nationale. Dès lors, les exigences qui se posent pour le réalisteur sont plus pressantes que jamais : honnête avec la réalité historique, garant de la qualité artistique de ses œuvres pour lutter contre les récits culturels néfastes.
Le réel au prisme du cinéma
Il y a plus de sept décennies, le 15 mars 1953, Hô Chi Minh a signé un décret instituant l’Entreprise d’État de cinématographie et de photographie du Vietnam. Depuis, le cinéma révolutionnaire vietnamien a produit et diffusé des milliers de films sur le thème de la guerre révolutionnaire allant des documentaires aux longs métrages en passant par les films d’animation, reflétant profondément les guerres de résistance, l’œuvre d’édification nationale, la vie contemporaine, ainsi que les valeurs culturelles et le peuple vietnamiens.
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| Affiche du film "Dào, Pho và Piano". |
| Photo : CTV/CVN |
Des premiers films sur la révolution au Vietnam tels que Chim vành khuyên (Le zostérops), Canh dông hoang (Terre dévastée), Em be Hà Nôi (La petite fille de Hanoi), Bao gio cho dên thang Muoi (Quand viendra le 10e mois), Chi Tu Hâu (Jeune femme de Bai Sao), Vi tuyên 17 ngày và dêm (Le 17e parallèle de jour et nuit) aux films récents tels que Mùi co chay (Odeur de l’herbe brûlée), Dào, Pho và Piano (Fleur de pêcher, Pho et Piano), Dia dao: Mat troi trong bong tôi (Tunnels : Soleil dans l’obscurité) et Mua do (Pluie rouge), le cinéma de guerre vietnamien ne se contente pas de refléter les réalités des batailles, mais dépeint aussi la profondeur de l’âme vietnamienne, exprimant patriotisme, compassion, aspiration à la paix et force de l’esprit national.
Le réalisateur du film Dào, Pho và Piano, l’artiste émérite Phi Tiên Son, a déclaré que le thème de la guerre dans la littérature et les arts en général, et le cinéma en particulier, est un domaine d’une grande complexité, car les œuvres d’art sont par nature fictionnelles et influencées par la perspective et les convictions de leur créateur. La question est donc de savoir quelle part de fiction y trouve sa place et comment garantir la vérité historique.
Chaque individu appréhende la guerre différemment, avec une expérience et une vision de l’histoire qui lui sont propres. Même ceux qui ont combattu directement n’en ont été témoins que partiellement, dans un lieu et à un moment précis. Cette expérience personnelle ne reflète pas nécessairement la réalité historique dans son ensemble ; par conséquent, elle ne saurait définir toute l’histoire de la guerre, a-t-il expliqué.
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| Affiche du film "Pluies rouges". |
| Photo : CTV/CVN |
Le réalisateur Phi Tiên Son a évoqué certains éléments de fiction qui se justifient par l’esprit patriotique exalté en cette période et l’atmosphère atroce de la guerre que véhiculent les films Dào, Pho và Piano et Mua do, le premier sur une histoire d’amour entre un jeune couple dans le contexte de la défense de Hanoï à l’hiver 1946, et le second, réalisé par l’artiste émérite Dang Thai Huyên, inspiré des 81 jours et nuits de combats héroïques menés en 1972 pour défendre la Citadelle de Quang Tri.
Partageant ce point de vue, un représentant de l’Association du cinéma du Vietnam a déclaré que, pour les œuvres littéraires et artistiques explorant les thèmes de la guerre révolutionnaire et de l’histoire nationale, la première demande consiste à garantir la vérité historique, l’histoire leur servant non seulement de référence et de matières premières mais constituant aussi la mémoire, le fondement spirituel et l’identité de toute une nation.
Développement de la résilience culturelle
Le cinéma est un art, certes, mais il ne saurait être dissocié de la responsabilité sociétale, en particulier lorsqu’il s’agit de films relatifs à l’histoire de la guerre révolutionnaire. La créativité cinématographique doit reposer sur le respect de la vérité historique. Elle ne peut s’autoriser des libertés pour des raisons narratives, au service du rythme et de l’intrigue, pour dénaturer l’essence des événements, déformer les personnages et remettre en cause les valeurs historiques établies.
Le représentant de l’Association du cinéma du Vietnam a soutenu que dans le contexte de la révolution numérique actuelle, le respect de la réalité des faits dans le film historique s’avère plus important que jamais. Rappelant les dispositions de la législation vietnamienne et de la Loi sur le cinéma, il a souligné que la solution fondamentale reste le développement de la "résilience culturelle" au sein de la société par le biais de l’éducation historique, de la sensibilisation du public et du développement d’œuvres cinématographiques authentiques, porteuses d’idées profondes et d’une grande valeur artistique.
Le cinéma révolutionnaire vietnamien doit approfondir son rôle d’orientation idéologique, de sauvegarde de la vérité historique et de renforcement de la confiance sociale grâce à des œuvres d’une grande qualité artistique et d’une forte force de persuasion. Pour réfuter efficacement les points de vue erronnés, le cinéma grand public doit d’abord séduire le public et toucher le cœur des spectateurs. Ce n’est que lorsque le public éprouve une profonde empathie pour les personnages, leur destin et les histoires à l’écran que les messages de l’oeuvre peuvent trouver leur écho et générer de l’engagement.
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| La réalisatrice Dang Thai Huyên, du film Pluies rouges. |
| Photo : VNA/CVN |
Outre l’amélioration de la qualité des films, la promotion, la distribution, la critique cinématographique doivent également être renforcés. Le public doit être doté des aptitudes nécessaires pour distinguer les véritables œuvres d’art des produits qui exploitent le cinéma pour déformer l’histoire et s’opposer aux fondements idéologiques du Parti et de l’État. Lorsque chaque individu possède une solide culture générale, une juste compréhension de l’histoire nationale et un courage culturel conséquent, les œuvres néfastes beaucoup plus de mal à nuire.
Dans un contexte de concurrence féroce sur les médias numériques, la lutte pour la protection des fondements idéologiques du Parti et de l’État relève de la responsabilité des artistes et des écrivains qui créent directement les images artistiques. Le cinéma, fort de sa singularité, doit continuer d’affirmer son rôle de force majeure sur le front idéologique et culturel, contribuant à la protection du socle spirituel de la société et à la préservation de la mémoire historique de la nation pour les générations présentes et futures.
VNA/CVN







