Des toits plus verts pendant la pandémie

Le jardinage sur les toits et terrasses est en vogue à Hanoï. L'épidémie de COVID-19 est l'occasion pour beaucoup de personnes de reprendre contact avec la nature. Ces toits cultivés, en plus de nourrir bien des familles, apaisent aussi les esprits stressés.

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Un coin du balcon vert.

La distanciation sociale prolongée a limité nos activités et nos déplacements. Comme on ne part pas en voyage pendant l’été, autant s’occuper d’un petit potager même si peu de gens ont réellement besoin de jardins pour subvenir à leurs besoins alimentaires.

Au-delà du plaisir de mettre les mains à la terre, jardiner procure un sentiment d’accomplissement et d’autosuffisance qui peut être rassurant en cette période troublée, même si, soyons honnêtes, il s’agit d’un geste plutôt symbolique, surtout si on n’a accès qu’à un petit balcon d’appartement.

Une source de réconfort

De plus en plus de gens plantent des légumes ou même élèvent des poulets dans de petites cours intérieures, des balcons ou des terrasses. Ces petits coins de nature fournissent à la fois des légumes essentiels et des espaces verts pour se détendre.

Nguyên Minh Hai, 62 ans, et Nguyên Thi Minh Hiên, 60 ans, fonctionnaires, cultivent depuis deux ans un jardin sur la terrasse de leur maison de cinq étages dans le district de Hà Dông, à Hanoï. Leur première tâche chaque jour est de se lever tôt et d’aller au jardin pour y travailler pendant une heure. L’après-midi, le couple passe également une autre heure à s’occuper du jardin. Ils plantent différentes sortes de légumes selon la saison, ainsi que des fleurs et même des fruits. ''En été, je me concentre sur les épinards et la moutarde brune'', partage M. Hai.

Phuong Hoa, la fille du couple, a rejoint plusieurs groupes de jardinage en ligne pour en savoir plus. ''Cultiver sur les toits est beaucoup plus difficile que dans un jardin normal, car nous devons apporter de la terre et installer des boîtes en polystyrène et en plastique avec un bon système de drainage'', remarque-t-elle. Elle a même acheté des engrais pour les légumes.

En raison des mesures de distanciation sociale, Phuong Hoa doit travailler à domicile. Pour elle, ''jardiner est aussi une manière de prendre soin de soi. Le jardinage peut s’avérer salutaire pour contrer la déprime, le stress, la sédentarité''.

Deux mains dans la terre

M. Hai s’occupe de son petit jardin sur le toit deux fois par jour.

Sa famille profite de la terrasse pour planter des fleurs et des herbes aromatiques, et il y a suffisamment de légumes et de fruits pour toute sa famille. Elle en partage même avec des voisins. ''Nous n’avons jamais utilisé d’insecticide, donc nos légumes et fruits sont bio ! En cette période, acheter des légumes n’est pas toujours facile et les prix sont plus élevés, ce qui ne me pose pas de problème car j’ai ici tout ce qu’il faut pour ma consommation quotidienne'', explique Phuong Hoa.

''Travailler dans un jardin sur une terrasse est relaxant, surtout en cette période un peu stressante'', déclare M. Hai. Et d’ajouter : ''Ma femme et ma fille me rejoignent également car nous avons plus de temps à la maison''.

Pour Mme Sau, voisine de M. Hai, son jardinet de 40 m² en terrasse et un autre dans la cour se sont transformés en un espace de jeux et de découverte pour ses petits-enfants. Elle cultive diverses sortes de légumes et élève même des poissons. ''Pendant cette période, je partage des légumes avec trois voisins car il n’est pas facile de sortir pour acheter des choses, en particulier des légume'', dit-elle.

Elle a fait savoir que ses petits-enfants, au lieu de jouer à des jeux sur Internet ou de regarder la télévision, l’ont maintenant rejoint dans le jardin pour nourrir les poissons, cueillir des légumes et semer des graines. ''Ce jardin leur est bien plus utile que le Net. Ils peuvent prendre l’air et en apprendre davantage sur l’environnement'', partage-t-elle. Et de continuer : ''Avant, mes petits-enfants ne connaissaient rien aux plantes et aux vers et ne pouvaient pas faire la différence entre les légumes. Ils ont beaucoup appris de ce jardin''.

''Notre jardin est un espace de loisirs et il n’aurait sans doute jamais vu le jour sans la pandémie. Comme quoi les défis et difficultés ont parfois du bon : nous pousser à innover, à tenter de nouvelles choses, à sortir de notre zone de confort'', ajoute-t-elle.


Texte et photos : Diêu Thúy/CVN

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