11/05/2021 15:31
À l'heure où les États-Unis ou l'Allemagne s'engagent à aller plus vite dans la lutte contre le changement climatique, des ONG souhaitent que le volume historique des émissions de gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle soit pris en compte et que les pays riches aident les plus démunis.
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Participants au sommet virtuel sur le climat, le 22 avril sur un écran à Washington où se trouvait Joe Biden. Photo : AFP/VNA/CVN

Lors d'un sommet virtuel en avril, le président américain Joe Biden s'est engagé à réduire les émissions de gaz à effet de serre de la première économie mondiale de 50% à 52% d'ici 2030 par rapport à 2005, entraînant le Japon et le Canada dans son sillage.

Sous la pression des juges, l'Allemagne a décidé mercredi de réduire de 65% ses émissions d'ici 2030 par rapport à 1990, contre 55% visé auparavant.

Dans le cadre de l'Accord de Paris de 2015, les États se sont engagés à limiter le réchauffement climatique bien en-dessous de 2°C comparé aux niveaux pré-industriels, voire à 1,5°C. Les États doivent présenter des contributions déterminées au niveau national (NDC), mises à jour tous les cinq ans, qui indiquent leur trajectoire.

Ce qui en revanche n'a pas été fixé à Paris est "comment les engagements individuels sont comparés les uns aux autres", explique Brandon Wu, d'ActionAid USA. "Il est important que ces engagements cumulés conduisent à l'objectif de 1,5°C, mais aussi qu'ils soient justes les uns par rapport aux autres", poursuit-il.

Le concept, qui monte en puissance depuis plusieurs années au sein de groupes de défense de l'environnement et des droits humains, est simple: il s'agit de prendre en compte les émissions de gaz à effet de serre cumulés des pays dans la durée et la capacité d'un pays, notamment sa richesse, à aider les autres à réduire leurs propres émissions.

"Cela peut paraître complexe, mais c'est juste une question d'éthique. Qui a causé cette pagaille? Vous devez remettre les choses en ordre", illustre Brandon Wu.

"Question politique et éthique


Une coalition de 175 associations écologistes ont lancé le "US Climate Fair Share". Selon leurs calculs, les États-Unis ne devraient pas réduire leurs émissions de 50% d'ici 2030, mais de 195% comparé aux niveaux de 2005.

"Nous n'appelions pas à des émissions négatives ou autre chose de ce genre. Nous demandons un financement international pour aider à réduire les émissions ailleurs", explique Brandon Wu.

La façon dont la réduction des émissions de gaz à effet de serre est répartie est "une question politique et éthique. En tant que citoyen engagé, et pas uniquement comme scientifique, je pense que les pays comme les États-Unis, avec un héritage de deux siècles de pollution au CO2, ont un devoir spécial et doivent prendre la tête" du mouvement, complète le climatologue américain Michael Mann.

Les États-Unis sont de loin le plus gros émetteur dans le temps, avec 28% des émissions depuis 1850. La Russie représente 8%, l'Allemagne 7% et la Grande-Bretagne 6%, selon le World Resources Institute.

Même si ces pays arrêtaient de polluer du jour au lendemain, les émissions émises par le passé sont toujours dans l'atmosphère et influent sur le climat actuel.

La coalition US Climate Fair share a ainsi calculé que les États-Unis, première puissance économique mondiale devrait mettre sur la table au moins 800 milliards de dollars sur la décennie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les États-Unis pourraient ainsi prendre la tête de la lutte contre le changement climatique. "Comme nous sommes dans un système international basé sur le volontariat, si les pays n'en voient pas d'autres peser de tout leur poids dans la balance, ils n'ont pas d'incitation pour y aller", estime Brandon Wu.

Un tel investissement américain "aurait un réel impact et enverrait un signal à l'international", juge Brandon Wu, qui signale que le budget annuel américain est de 750 milliards de dollars pour l'année fiscale prochaine.


AFP/VNA/CVN

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