Dengue : une épidémie de plus en plus difficile à prévoir

La dengue connaît au Vietnam une évolution de plus en plus difficile à prévoir. Le nombre de cas augmente fortement, les cycles épidémiques se raccourcissent et la maladie ne suit plus les tendances observées par le passé.

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Pulvérisation d'insecticide pour tuer les moustiques et prévenir et contrôler les épidémies de dengue à Hà Tinh. 
Photo : Nhât Thang/CVN

Face à cette situation, les autorités sanitaires appellent la population à renforcer sa vigilance et à ne pas relâcher les efforts de prévention.

Selon le ministère de la Santé, plus de 50.000 cas de dengue ont été recensés dans le pays depuis le début de l’année 2026, dont cinq décès. Le nombre de cas enregistrés au cours des premiers mois de l’année est 2,5 fois supérieur à celui de la même période en 2025, signe d’une circulation plus précoce et plus intense du virus.

Selon Vo Hai Son, directeur adjoint du Département de la prévention des maladies relevant du ministère de la Santé, la dengue tend à s’affranchir des schémas épidémiologiques habituels. En 2025, par exemple, le nombre de cas est demeuré élevé jusqu’à la fin de l’année, sans diminution notable en novembre et décembre, contrairement à ce qui était généralement observé auparavant.

Les conditions climatiques, marquées par une alternance de fortes chaleurs et de pluies prolongées, ont favorisé la prolifération du moustique vecteur. Par ailleurs, la prédominance du sérotype DENV-2 est associée à une augmentation des formes graves de la maladie et des hospitalisations.

Selon Angela Pratt, représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Vietnam, trois facteurs majeurs expliquent la progression mondiale de la dengue : le changement climatique, l’urbanisation rapide dans les zones densément peuplées et le caractère de plus en plus imprévisible de la maladie.

À Hanoï, où la densité de population est élevée et où de nombreux chantiers de construction ainsi que des logements temporaires accueillent travailleurs et étudiants, le risque épidémique demeure important. Depuis le début de l’année, 337 cas ont été signalés dans 93 communes et quartiers, contre 282 à la même période de l’année précédente. Bien qu’aucun foyer épidémique complexe n’ait été détecté, les autorités sanitaires estiment que le risque d’une hausse du nombre de cas persistera dans les mois à venir.

Les experts soulignent l’importance d’agir "tôt et en amont" en combinant surveillance sanitaire, mobilisation des autorités locales et participation active de la population. Selon le Centre de contrôle des maladies de Hanoï, la mesure la plus efficace reste l’élimination régulière des moustiques et de leurs gîtes larvaires aux abords des habitations.

Parallèlement, le Vietnam a autorisé un vaccin contre la dengue et prépare une phase pilote afin d’en évaluer la faisabilité avant une éventuelle intégration au Programme national de vaccination. Toutefois, les autorités ont rappelé que les vaccins et les outils d’alerte précoce fondés sur l’intelligence artificielle ne sauraient se substituer aux mesures traditionnelles de lutte antivectorielle.

Sous le slogan "Pas de larves, pas de dengue", le ministère de la Santé recommande à chaque citoyen de consacrer au moins dix minutes par semaine à l’élimination des eaux stagnantes et à l’adoption de gestes préventifs. En cas de forte fièvre persistant plus de deux jours, une consultation médicale rapide est vivement recommandée.

VNA/CVN

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