14/05/2021 12:02
Un cessez-le-feu de trois jours conclu entre les talibans et les forces afghanes est entré en vigueur jeudi 13 mai, après des semaines d'intenses affrontements à travers tout le pays.
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Des fidèles musulmans prient pour l'Aïd el-Fitr qui marque la fin du ramadan, pendant un cessez-le-feu de trois jours des talibans, près de Jalalabad, le 13 mai.
Photo : AFP/VNA/CVN

Proposé par les insurgés et accepté par le président Ashraf Ghani, cette trêve intervient pour l'Aïd el-Fitr, la fête musulmane qui marque la fin du jeûne du ramadan.

L'Afghanistan connaît une recrudescence de violences depuis le 1er mai, date à laquelle les États-Unis étaient supposés avoir retiré leurs 2.500 soldats encore présents sur place.

Cette trêve, la quatrième en près de 20 ans de conflit, devrait permettre d'offrir un répit aux familles pour célébrer l'Aïd.

Jeudi 13 mai au petit matin, hommes, femmes et enfants se sont rendus dans les mosquées ou sur de vastes terrains pour faire la prière marquant le coup d'envoi de la fête de l'Aïd, qui prendra fin samedi 15 mai.

Les autorités ont déployé des forces de sécurité dans plusieurs grandes mosquées de Kaboul qui fouillaient notamment les fidèles à leur arrivée pour la prière, peu après le lever du soleil.

De nombreux habitants de la capitale ont ensuite pris la direction du zoo et des parcs de la ville pour profiter, en famille, de cette fête.

"Je me sens tellement détendu et tranquille aujourd'hui car comme c'est l'Aïd, il n'y a pas de combats", s'est félicité Mirajuddin, qui comme beaucoup d'Afghans ne porte qu'un seul nom.

Il a visité le zoo de Kaboul avec ses cinq enfants qui, pour l'occasion, portaient des vêtements neufs.

Amir Jan Sulaimankhil, qui vit dans la province du Nangarhar (Est), théâtre d'attaques meurtrières, souhaite un cessez-le-feu permanent, qui "nous rendra plus heureux, car cela permettra de sauver beaucoup de vies".

Dans son discours de l'Aïd, le président Ghani a exhorté les talibans à accepter une trêve durable alors que les forces internationales quittent le pays.

Des forces de sécurité afghanes lors d'une opération militaire dans la province de Kandahar, le 4 avril. 
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous ne voulons pas que vous vous rendiez, mais nous voulons que vous acceptiez une solution politique. La guerre n'est pas une solution", a-t-il lancé.

Des dizaines de milliers d'Afghans ont été tués ou contraints de fuir en raison du conflit, marqué par une résurgence des talibans qui se sont emparés de nombreuses régions du pays.

Les insurgés et le gouvernement afghan ont entamé des négociations de paix en septembre mais elles sont désormais au point mort.

L'émissaire américain pour l'Afghanistan, Zalmay Khalilzad, qui avait négocié un accord l'an dernier avec les talibans qui a ouvert la voie au retrait des forces étrangères, a appelé les belligérants à "embrasser la paix" dans un message diffusé pour l'Aïd.

"Surmonter des décennies de méfiance et de colère entre les parties en guerre n'est pas chose facile, mais faire la paix est aujourd'hui la seule façon éthique et réaliste d'avancer", a-t-il écrit sur Twitter.

Par le passé, les cessez-le-feu ont largement été respectés, dans ce qui est considéré comme une manière pour les dirigeants talibans de montrer qu'ils contrôlent les multiples factions actives dans le pays.

"Leurs corps étaient réunis" 

Washington et l'OTAN se sont engagés à retirer l'ensemble de leurs troupes encore sur place d'ici le 11 septembre, date du 20e anniversaire des attentats de 2001.

Rares sont ceux qui pensent que les forces afghanes pourront faire face aux talibans sans la protection des forces aériennes et forces spéciales américaines.

Ces dernières semaines, les combats se sont intensifiés dans certaines provinces et mardi 11 mai, les talibans se sont emparés d'un district contrôlé par le gouvernement à la périphérie de Kaboul.

Les combattants talibans encerclent de plus en plus les grands centres urbains, suggérant qu'ils attendent le retrait des Américains avant de lancer de vastes offensives contre les villes du pays.

Le 8 mai, plus de 50 personnes ont été tuées et une centaine d'autres blessées dans un quartier hazara chiite de l'ouest de la capitale, lors d'une série d'explosions de bombes placées devant une école de filles. Il s'agissait de l'attentat le plus meurtrier depuis un an.

Jeudi 13 mai, les familles des victimes étaient encore sous le choc.

"Nous attendions leur retour (de l'école) à la maison", a raconté Rahima, qui a perdu ses deux filles dans les explosions.

"Elles avaient quitté la maison ensemble et plus tard leurs corps sont revenus ensemble", a-t-elle raconté, alors que des dizaines de proches présentaient leurs condoléances à la famille.

Les autorités ont accusé les talibans d'être responsables de cet attentat mais ils ont démenti en être les auteurs.
 
AFP/VNA/CVN
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