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Grâce à des repas simples préparés avec tout le cœur des bénévoles, cet endroit est devenu un véritable refuge de solidarité, contribuant à alléger les épreuves du parcours de soins des patients.
Une cuisine porteuse de chaleur humaine
Chaque matin, alors que l’hôpital Lê Van Thinh s’anime avec l’arrivée des patients venus consulter ou se faire soigner, les bénévoles de la Cantine du Bonheur commencent eux aussi leur journée. De la préparation des ingrédients au lavage du riz, de la cuisson des repas à la distribution des portions, chaque tâche est accomplie avec dévouement et sens des responsabilités.
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| Les repas sont soigneusement servis par les bénévoles. |
À l’approche de midi, la cantine se remplit peu à peu. Des plateaux de repas végétariens chauds et savoureux sont remis aux patients et à leurs proches. Plus qu’un simple lieu de distribution de repas gratuits, la Cantine du Bonheur est devenue un espace de rencontre où chacun peut échanger, partager ses préoccupations et s’encourager mutuellement.
Assise à une table modeste, Vo Thi Diêm, habitante du quartier de Long Truong à Hô Chi Minh-Ville, ne cache pas son émotion. Selon elle, chaque repas est préparé avec soin, dans le respect des règles d’hygiène, et toujours délicieux. Mais ce qui la touche le plus reste l’accueil chaleureux et la gentillesse des bénévoles.
"Tant que les fourneaux continuent de fonctionner, nous, les patients, pouvons alléger une partie de nos dépenses. C’est une aide extrêmement précieuse", confie-t-elle.
Pour Lê Van Khiêm, 70 ans, habitant du quartier de Thao Diên, la Cantine du Bonheur est devenue une partie intégrante de son quotidien depuis trois ans. Après chacune de ses séances de rééducation fonctionnelle, il descend aider au nettoyage, à l’installation des tables et des chaises ainsi qu’à l’accueil des convives. Pour lui, cet endroit est bien plus qu’une cantine : c’est une grande famille.
"Je mange ici depuis plusieurs années. Les gens se traitent avec sincérité et bienveillance. Chaque repas ressemble à un repas familial où tout le monde prend des nouvelles des autres et partage ses expériences", raconte-t-il.
Un soutien concret pour les plus modestes
Les patients et leurs proches ne sont pas les seuls bénéficiaires. De nombreux travailleurs à faibles revenus employés par l’hôpital reçoivent également un soutien concret grâce à cette initiative.
Lê Thi Mai, agente d’entretien, explique qu’auparavant elle devait se lever très tôt pour préparer son déjeuner à emporter, son salaire ne lui permettant pas d’acheter régulièrement des repas à l’extérieur.
"Depuis l’ouverture de la Cantine du Bonheur, je n’ai plus à me soucier du déjeuner. C’est une aide très concrète pour les travailleurs comme nous. Je suis profondément reconnaissante envers la direction de l’hôpital et les bienfaiteurs qui permettent à ce projet de perdurer", affirme-t-elle.
Peu de personnes savent que la Cantine du Bonheur a vu le jour en 2021, au plus fort de la pandémie de COVID-19 à Hô Chi Minh-Ville. Sensibilisés aux difficultés rencontrées par les patients et leurs familles, contraints de lutter à la fois contre la maladie et les problèmes financiers, l’hôpital Lê Văn Thinh et le groupe caritatif Nhât Tâm ont créé cette cuisine solidaire avec l’ambition qu’aucun patient ne reste sans repas après sa consultation ou son traitement.
Selon le docteur Kiêu Ngoc Minh, directeur adjoint de l’hôpital, l’objectif de ce projet dépasse largement la simple distribution de repas gratuits.
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| Une patiente savoure son repas avec bonheur. |
"Nous souhaitons que chaque bénéficiaire se sente respecté, soutenu et entouré de bienveillance, et non comme quelqu’un qui reçoit une aumône. Un repas peut avoir une valeur matérielle modeste, mais il peut apporter un immense réconfort moral. C’est pour cette raison que nous avons choisi le nom de “Cantine du Bonheur”", explique-t-il.
Ensemble pour faire rayonner la solidarité
Lors de ses débuts, la Cantine du Bonheur ne pouvait servir que quelques dizaines de repas par jour grâce aux contributions du personnel hospitalier. Mais grâce à la persévérance de ses fondateurs et à la générosité de nombreux donateurs, bénévoles et bienfaiteurs, l’initiative a progressivement pris de l’ampleur.
Aujourd’hui, l’hôpital a aménagé un espace spacieux, agréable et verdoyant spécialement dédié à la préparation des repas et à l’accueil des bénéficiaires. Chaque jour, environ 300 repas gratuits sont distribués aux personnes dans le besoin.
Parmi les bienfaiteurs fidèles au projet depuis plusieurs années, Trân Thi Ngoc Tuyêt est présente presque quotidiennement pour participer à la préparation des repas et au service.
"Voir les gens manger avec plaisir et repartir avec le sourire me procure une immense joie. Le plus important n’est pas seulement d’offrir un repas, mais aussi de transmettre de l’attention, du respect et de la considération à chacun. J’espère que davantage de personnes se joindront à nous afin que la Cantine du Bonheur puisse continuer à soutenir ceux qui en ont le plus besoin", confie-t-elle.
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| L'espace de cuisine et de restaurant de bonheur. |
Dinh Thi Hông Vinh, bénévole régulière de la cantine, partage le même sentiment. Bien qu’elle habite loin de l’hôpital, elle arrive chaque matin très tôt pour donner un coup de main. Pour elle, le plus beau des remerciements reste le sourire des patients lorsqu’elle leur remet un repas.
"Certaines personnes luttent contre la maladie, d’autres accompagnent un proche hospitalisé depuis des mois. Parfois, quelques mots de réconfort ou un repas chaud suffisent à leur redonner courage et espoir", explique-t-elle.
Selon le docteur Kiêu Ngoc Minh, maintenir une cuisine caritative active pendant plusieurs années représente un véritable défi, notamment dans un contexte économique difficile. Pourtant, grâce à l’engagement des organisations, des particuliers et de toutes les personnes au grand cœur, la flamme de la solidarité continue de brûler.
Ce ne sont ni des repas luxueux ni des mets raffinés qui font la valeur de la Cantine du Bonheur. Ce qui la rend unique, c’est la sincérité, la simplicité et la chaleur humaine qui s’en dégagent. Au cœur de la métropole moderne et de son agitation permanente, cette petite cantine continue discrètement de faire vivre chaque jour l’esprit de partage.
Elle offre non seulement des repas nourrissants, mais aussi un soutien moral précieux à ceux qui affrontent la maladie. Plus qu’un lieu où l’on nourrit le corps, elle est devenue un refuge pour l’âme, rappelant à chacun que la solidarité et la bonté humaine demeurent parmi les plus belles richesses et valeur de la vie.
Texte et photos : Quang Châu/CVN



