>> Le 2e Festival des cultures du monde célèbre la convergence des patrimoines
>> Festival des cultures du monde : Hanoï réunit 50 pays
>> À Hanoï, "Les Cinq Continents" font dialoguer les musiques du monde
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| Le Festival des cultures du monde 2026 séduit de nombreux habitants et touristes à Hanoï. |
| Photo : Thuy Hà/CVN |
Sous le soleil d’automne, la Cité impériale de Thang Long se pare de couleurs venues du monde entier. Dans ce site chargé de plus d’un millénaire d’histoire, la 2e édition du Festival des cultures du monde à Hanoï fait dialoguer les patrimoines, les arts, les cuisines et les traditions de dizaines de pays. Son thème, "Convergence des patrimoines - Façonner l’avenir", prend ici une résonance particulière : celle d’un lieu historique devenu, le temps de quatre jours, un espace ouvert aux expressions culturelles contemporaines.
Pendant toute la durée du festival, le cœur patrimonial de la capitale vietnamienne se transforme en une vaste scène multiculturelle. Avec 45 espaces culturels, 35 stands gastronomiques, 20 troupes artistiques internationales, des projections de films, des défilés de mode et une série de concerts, l’événement invite le public à parcourir les cultures des cinq continents sans quitter Hanoï.
Dès l’entrée dans la Cité impériale, le dépaysement est immédiat. Les sonorités des instruments traditionnels se mêlent aux langues étrangères, aux conversations et aux parfums qui s’échappent des stands culinaires. Familles, étudiants, touristes vietnamiens et internationaux déambulent entre les espaces consacrés notamment à la République de Corée, au Japon, au Laos, à l’Afrique du Sud, au Maroc, à la Russie, à la France, aux États-Unis, à l’Italie et à de nombreux autres pays.
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| Au cœur de la Cité impériale de Thang, la scène circulaire de Thang Long accueille la série "Concert des cinq continents". |
| Photo : Thuy Hà/CVN |
Rencontre vivante des cultures
Le festival ne se limite pas à exposer costumes, objets ou traditions. Il propose de vivre les cultures par l’expérience : écouter une chanson populaire, assister à une danse, goûter une spécialité nationale, échanger avec les représentants d’un pays ou découvrir une œuvre cinématographique rarement accessible.
Nguyên Thanh Ngân, étudiante en troisième année à l’Université de Hanoï, y voit une occasion précieuse pour les jeunes générations. "C’est l’occasion pour les jeunes comme moi de mieux comprendre les particularités de la culture vietnamienne, mais aussi de découvrir et d’expérimenter les cultures du monde", explique-t-elle. À travers les chansons, les films, les photographies, les costumes et les coutumes, elle dit ressentir "la proximité et l’harmonie entre les peuples".
Cette dimension immersive confère au festival une portée à la fois éducative et festive. Pour de nombreux visiteurs, la découverte d’autres horizons devient une invitation à la curiosité, à la créativité et à une meilleure compréhension de la diversité du monde contemporain.
Au cœur de la Cité impériale, la scène circulaire de Thang Long accueille la série "Concert des cinq continents". Musiques, instruments traditionnels, chants et performances artistiques s’y succèdent dans une atmosphère résolument ouverte. Le public ne reste pas à distance : il participe, échange, applaudit et découvre les sensibilités de différentes régions du monde. Peu à peu, la frontière entre artistes et spectateurs s’efface au profit d’un dialogue direct.
Mme Vuyiswa Tulelo, ambassadrice de la République d’Afrique du Sud au Vietnam, souligne l’importance de cette rencontre. "Ce festival joue un rôle important dans le rapprochement des peuples de nos deux pays", affirme-t-elle. Selon elle, l’événement permet non seulement de faire découvrir l’Afrique du Sud au public vietnamien, mais aussi d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération à travers la culture et les échanges échanges entre les peuples.
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| Stand de gastronomie sud-coréen. |
| Photo : Thuy Hà/CVN |
Les saveurs, une porte d’entrée culturelle
Parmi les espaces les plus fréquentés, celui de la gastronomie attire sans conteste les foules. Les 35 stands culinaires font voyager les visiteurs par les goûts, les parfums et les récits propres à chaque pays. Ici, la cuisine est bien davantage qu’une pause gourmande : elle devient une expression immédiate de l’identité et de l’histoire.
Sushis japonais, salade russe, tacos mexicains et pâtisseries françaises sont préparés sur place par des ressortissants des pays participants. Les visiteurs ne découvrent pas seulement des saveurs : ils peuvent aussi s’informer sur les ingrédients, les techniques de préparation et la place de chaque plat dans les traditions nationales.
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| Le festival accorde également une place aux spécialités vietnamiennes. |
| Photo : Thuy Hà/CVN |
Au stand marocain, Mme Loubna et son époux présentent des spécialités de leur pays pendant les quatre jours du festival. "Je suis très heureuse de pouvoir faire découvrir aux Vietnamiens les spécialités de mon pays", confie-t-elle. Pour elle, cette participation constitue également une occasion de mieux connaître la culture vietnamienne et d’échanger avec les habitants de Hanoï.
Le stand malaisien attire lui aussi les curieux. De jeunes Malaisiennes y interprètent des chansons populaires et font découvrir les desserts et plats emblématiques de leur pays. Kalpana Devi Rajantran invite les visiteurs à déguster les spécialités proposées au stand N°16, mais aussi à se rendre dans l’espace culturel voisin, consacré aux jeux traditionnels et à la présentation de la Malaisie.
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| Stand de gastronomie francais. |
| Photo : Thuy Hà/CVN |
L’Inde propose notamment du biryani au poulet, des roti, des pani puri et des naan parfumés. Les visiteurs peuvent également savourer le luqaimat des Émirats arabes unis, un beignet au sirop de dattes traditionnellement associé aux célébrations, notamment durant le Ramadan. Les stands de Turquie, des Philippines, de la République de Corée, du Japon, de Russie et du Mexique connaissent eux aussi une forte affluence.
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"On a envie d’entrer dans chaque stand et de goûter chaque plat", résument Nguyên Hoàng Linh et Pham Thành Duc, étudiants à l’Université de l'architecture de Hanoï. Pour Hoàng Linh, cette diversité permet de découvrir à la fois la gastronomie, la culture et la mode de nombreux pays. Les plats japonais ont particulièrement retenu son attention, mais c’est avant tout la richesse de l’expérience qui l’enthousiasme.
Le festival accorde également une place aux spécialités vietnamiennes. Les visiteurs peuvent ainsi goûter aux bánh cuốn (crêpes de riz à la vapeur) de Thanh Tri, à la charcuterie traditionnelle de Uoc Lê, aux nem Bùi (fabriqués de couenne et de viande de porc cuites à la vapeur et mélangées avec de la poudre de riz grillé - thính en vietnamien) de Bac Ninh, au pho Thin du bord du lac Hoàn Kiêm ou encore au bún ốc (vermicelles aux escargots d’eau douce). Dans ce dialogue des saveurs, la gastronomie vietnamienne côtoie celles du monde sans rien perdre de sa singularité.
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| Le mehndī de l'Inde. |
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| Le mehndī de l'Inde. |
| Photo : Thuy Hà/CVN |
Quand la culture rapproche les peuples
Pour Lazare Eloundou Assomo, directeur du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO, le festival traduit l’une des convictions fondamentales de l’organisation : construire la paix dans l’esprit des hommes. Dans un monde complexe et instable, la diversité culturelle constitue une source essentielle de créativité, de dialogue et de compréhension mutuelle.
"Un festival comme celui-ci offre ce que les dialogues strictement politiques ne peuvent fournir", souligne-t-il. Il permet de faire directement l’expérience d’une autre culture à travers la musique, les récits, l’artisanat et la vie quotidienne. Ces rencontres, ajoute-t-il, peuvent changer les regards, ouvrir de nouveaux dialogues et rappeler qu’au-delà de chaque tradition patrimoniale se trouve une communauté vivante, porteuse de valeurs et de leçons pour l’avenir.
Cette ambition dépasse d’ailleurs les murs de la Cité impériale. Le 3 octobre, la zone piétonne autour du lac Hoàn Kiêm a accueilli le défilé "Couleurs des cinq continents", réunissant plus de 1.000 participants venus de 18 pays. Quinze troupes artistiques internationales, accompagnées d’artisans et d’artistes vietnamiens, ont investi les rues de la capitale.
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| Les áo dài vietnamiens ont défilé aux côtés de costumes traditionnels venus du monde entier. |
Les áo dài vietnamiens ont défilé aux côtés de costumes traditionnels venus du monde entier. Danses populaires, mélodies ancestrales, musiques contemporaines, arts de rue et numéros inspirés de l’identité culturelle de Thang Long-Hanoï ont offert au public un spectacle vivant et haut en couleur. La danse traditionnelle Bài Bông, la danse Con đĩ đánh bồng (Fillettes frappant le tambourin), les arts du cirque et d’autres performances traditionnelles ont rappelé la profondeur culturelle de la capitale millénaire.
Quôc Dat, étudiant à l’Université du commerce extérieur, avait découvert l’événement sur TikTok avant de venir assister au défilé avec une amie. "C’est la première fois que je vois un festival de rue d’une telle ampleur à Hanoï", raconte-t-il, impressionné par les artistes étrangers en costumes traditionnels et par leurs échanges avec le public.
Pour Mme Lan Bùi, venue de Hà Dông avec son époux et ses enfants, c’est surtout l’enthousiasme des délégations qui a marqué la journée. "Les enfants suivent le programme avec plaisir, et les adultes vivent eux aussi une nouvelle expérience culturelle en famille", observe-t-elle.
À travers les arts, les saveurs, les traditions et les rencontres humaines, le Festival des cultures du monde à Hanoï rappelle que le patrimoine n’est pas une mémoire figée. Il est un langage vivant, capable de relier les générations, les peuples et les imaginaires.
À la Cité impériale de Thang Long, l’histoire ne regarde donc pas seulement vers le passé. Le temps d’un festival, elle devient un espace de rencontre, de dialogue et de création, ouvert sur l’avenir.
Thuy Hà/CVN











