>> Khanh Hoa affirme ses ambitions de pôle majeur de l'économie maritime
>> L’expérimentation audacieuse pour faire de Hai Phong un hub maritime régional
>> Dak Lak accélère son développement par l’économie maritime et la logistique
Lors de l'ouverture du troisième Plénum du Comité central du Parti du 14e mandat, le secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm, a souligné la nécessité de mettre en place une gouvernance intégrée de la mer, articulée avec le territoire continental, les ports, les réseaux logistiques et les corridors économiques internationaux.
Cette exigence implique une nouvelle approche de l’aménagement de l’espace maritime, associant l’exploitation efficace des ressources au renforcement des liens interrégionaux, à la protection des ressources naturelles et à la garantie de moyens de subsistance durables pour les communautés littorales.
![]() |
| La Docteuse Nguyên Thi Bich Nguyêt, de l'Académie des sciences sociales du Vietnam. |
| Photo : VNA/CVN |
La Docteuse Nguyên Thi Bich Nguyêt, de l'Académie des sciences sociales du Vietnam, estime que les propos tenus par le dirigeant Tô Lâm lors du 3e Plénum du Parti marquent une étape importante dans l'évolution de la réflexion du Vietnam sur le développement maritime. Alors que la mer était auparavant considérée principalement comme une source de ressources naturelles et un espace destiné aux activités économiques, elle est désormais intégrée à la stratégie globale de développement national et reconnue comme un espace de vie, de développement et de défense de la souveraineté.
Selon elle, cette évolution traduit la nécessité de mettre en place un mode de gouvernance moderne et durable. La mer ne représente pas seulement un environnement naturel, mais aussi un espace de vie pour les communautés côtières et insulaires, où se développent leurs activités économiques, leur culture et leurs moyens de subsistance. Elle constitue également un espace où se croisent des enjeux économiques, sociaux, environnementaux, de défense, de sécurité et de relations extérieures. Une gestion par secteur ne permet plus de répondre efficacement aux besoins actuels ni de résoudre les conflits liés à l'utilisation des espaces maritimes, a expliqué l'experte.
Pour remédier à ces insuffisances, la Docteure Nguyên Thi Bich Nguyêt préconise une transition vers une gouvernance intégrée, fondée sur une meilleure articulation entre l'aménagement de l'espace maritime et celui du territoire, des infrastructures de transport et des activités industrielles. Cette approche place les citoyens au cœur des politiques publiques, afin de garantir des moyens de subsistance durables, de renforcer la résilience face au changement climatique et d'encourager la participation des citoyens, des entreprises et des autorités locales à la gestion des espaces marins.
Cependant, plusieurs difficultés demeurent. La coopération entre les provinces côtières reste encore largement fondée sur les limites administratives, alors que les espaces maritimes dépassent ces frontières. Les liens entre les ports, les zones économiques, les centres logistiques et les villes côtières ne sont pas pleinement exploités. Dans certaines régions, les plans de développement maritime ne sont pas suffisamment coordonnés avec ceux concernant les terres, les transports ou l’industrie, tandis que différents secteurs continuent d’utiliser les mêmes espaces sans coordination suffisante.
Pour relever ces défis, la Docteure Nguyên Thi Bich Nguyêt insiste sur la nécessité de mettre en place une gouvernance unifiée des espaces maritimes, de renforcer la coopération régionale et d'investir de manière coordonnée dans les infrastructures reliant la mer au territoire continental.
Elle souligne également le rôle de la science, des nouvelles technologies, de l’innovation et de la transformation numérique dans la gestion des ressources et de l’environnement marin. Après les résultats obtenus grâce à la mise en œuvre de la Résolution n°36-NQ/TW, elle considère qu’une nouvelle résolution du Comité central du Parti permettrait d’actualiser les orientations en intégrant ces nouvelles priorités.
![]() |
| Le Professeur associé et Dr.Vo Si Tuân, ancien directeur de l'Institut d'océanographie. |
| Photo : VNA/CVN |
De son côté, le Professeur associé et Dr.Vo Si Tuân, ancien directeur de l'Institut d'océanographie, a rappelé que l'espace maritime accueille simultanément des activités liées à la défense, à la conservation, à la navigation, à l'aquaculture et à d'autres secteurs économiques. Il estime donc indispensable de mettre en place des mécanismes efficaces de coordination intersectorielle afin d'éviter les conflits d'usage et de maximiser les bénéfices pour la nation.
Selon lui, cette transition suppose également d'abandonner les modes d'exploitation traditionnels au profit d'une gestion moderne et industrialisée. L'attribution d'espaces maritimes stables et de long terme aux entreprises favoriserait les investissements privés, le transfert de technologies et le développement de projets de grande envergure.
Enfin, le Dr.Vo Si Tuân considère que cette gouvernance unifiée doit s'accompagner d'un renforcement de la coopération internationale dans les domaines de la recherche scientifique, de la protection de l'environnement marin et de la gestion des enjeux transfrontaliers.
VNA/CVN




