03/12/2016 09:05
Travailler dans une grande école dotée de tous les équipements modernes est le souhait de chaque enseignant. Mais Nguyên Thi Hoi a choisi une autre voie : ces 29 dernières années, elle les a consacrées aux élèves pauvres du district insulaire de Vân Dôn, province de Quang Ninh (Nord).
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L’enseignante Nguyên Thi Hoi a été mobilisée trois fois dans le district insulaire de Vân Dôn, province de Quang Ninh (Nord).
Photo : QN/CVN

Nguyên Thi Hoi, la cinquantaine, enseigne au collège de la commune de Ban Sen, dans le district insulaire de Vân Dôn de la province de Quang Ninh (Nord). Depuis le début de sa carrière, elle a été mutée trois fois vers différentes îles de ce district reculé, dont deux fois dans la commune insulaire de Ban Sen. Malgré des conditions souvent difficiles, elle a permis à des  générations successives d’enfants d’accomplir pleinement leur scolarité jusqu’à la fin du cycle secondaire, et de faire le trait d’union avec le continent.

Surmonter toutes les difficultés

Durant ces près de 30 années de carrière, Nguyên Thi Hoi confie toutefois que sa mutation au collège de Ban Sen a été l'une de ses décisions les plus difficiles, mais qu’elle ne la regrette aucunement...

Sa première mutation remonte à 1989. Elle se souvient  toujours du premier jour où elle est arrivée sur l’île. «Il a fallu passer plusieurs heures de mer, puis trois heures de marche sur des chemins rocailleux serpentant à travers la forêt pour, enfin, arriver à l'école. Là, pas d’électricité, ni même d’eau courante», partage Mme Hoi. «J’avais tout juste 20 ans, et je craignais les vagues de froid venant de la mer en hiver, et les piqûres d’insectes en été», ajoute-t-elle.

Elle avoue avoir pleuré quelques fois, et été tentée aussi par l’idée de retourner sur le continent. «Ma première impression était tout à fait négative, à ce moment-là».

L'école manquait des infrastructures et équipements d’enseignement essentiels, tels que tables, chaises, lumière, sans parler de livres et stylos pour les élèves. La première chose qui lui est venue à l'esprit était qu’elle n'aurait pas dû accepter l'offre de ce poste.

Pendant les premiers jours, elle fût choquée et déçue, sentant que toutes les portes lui étaient fermées, mais elle s’efforça de tenir sa place en souriant tout le temps. Après un certain temps, Mme Hoi a trouvé que les gens autour d'elle subissaient aussi les mêmes difficultés. «Je ne sais pas comment j’aurais pu survivre ici pendant plusieurs années sans les si bons amis qu’ont été mes collègues et, surtout, mes élèves».

«Comment pourrais-je quitter ce poste alors que mes élèves et mes amis ont besoin de moi ? Ils sont le seul bonheur qui me permet de surmonter toutes les difficultés quotidiennes», partage-t-elle. «C’est la gentillesse de mes élèves et mon attachement à leur égard qui m’ont fait demeurer sur cette île. Imaginez un gosse de six ans marchant pieds nus, plusieurs kilomètres sur des sentiers rocailleux à travers la forêt, juste pour participer à ma classe. En regardant ses yeux grands ouverts, pétillants, toutes les épreuves disparaissent», explique-t-elle.

Nguyên Thi Hoi donne un cours de géographie aux élèves de la commune isulaire de Ban Sen.
Photo : QN/CVN

Pour survivre dans de telles conditions, Mme Hoi et les autres enseignants de l’école ont dû réorganiser leur vie. Acheter de la nourriture étant difficile puisque le marché était très éloigné, ils s’engagèrent dans la création d’un potager et d’une basse-cour.

Ils ont dû aussi organiser des groupes de visite du domicile de chaque élève pour encourager leurs parents à les laisser aller à l'école. Et Mme Hoi a créé des classes spéciales pour les élèves remarquables, en les encourageant à s’engager dans tous les concours provinciaux.

Ban Sen, sa deuxième maison

Elle a encore lancé un projet intitulé «Promotion des potentiels touristiques de la commune insulaire de Ban Sen» afin d’attirer des touristes, car la beauté naturelle et l'éloignement de ces lieux promettaient un beau développement du tourisme. Un projet qui a été approuvé l’an dernier par les autorités du district de Vân Dôn, qui lui ont promis de le lancer lors de l'élaboration d'un plan de développement du tourisme local.

Selon la directrice du collège de Ban Sen, Hoàng Thuy Phuong, les efforts et les contributions de  Nguyên Thi Hoi à l'éducation locale sont innombrables. «Plusieurs initiatives de Mme Hoi ont encouragé d’autres enseignants à aller travailler dans des zones reculées ou insulaires». Outre les cours obligatoires, Mme Hoi organise aussi de petits cours afin que les enfants acquièrent un savoir-vivre. Leurs thèmes sont concrets, tels comment trouver un abri pendant une tempête, comment se prémunir de l’attaque d’un animal sauvage, conseils pour éviter la noyade... «Mme Hoi est également l’un des premiers enseignants de l’école à utiliser l’informatique dans ses cours», partage l’enseignante
Mme Phuong.

Nguyên Thi Hoi vit dans un studio du collectif des enseignants du collège. Son mari et ses enfants lui manquent, mais les locaux savent combler ce vide, et l’île est devenue sa deuxième maison. Chaque soir, après les cours, les enseignantes partagent et prennent soin d’elles.
 
Thúy Hà/CVN

 
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