20/11/2016 07:03
Tandis que les hôpitaux publics sont au bord de l’implosion, les hôpitaux privés peinent à remplir leurs lits. La coopération hospitalière se montre plus que nécessaire pour palier aux mesures encore inefficaces. Mais il y a un obstacle de taille : les frais d’hospitalisation bien trop exorbitants.
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Médecins au chevet d’un patient à l’hôpital Cho Rây, Hô Chi Minh-Ville.
Photo : Phuong Vy/VNA/CVN

Selon des données du ministère de la Santé, le Vietnam compte plus de 170 hôpitaux privés, soit 11% du nombre total d’établissements hospitaliers et 4,6% des lits du pays. À l’étranger, il faut savoir que cette proportion est inversée : 85% des hôpitaux américains sont privés, 50% en Allemagne et 55% au Japon. D’après le Pr-Dr Nguyên Thanh Liêm, directeur de l’hôpital privé Vinmec à Hanoï, la méfiance du public envers les établissements privés cause directement une surcharge dans le secteur public.

Le ministère de la Santé avait discuté il y a une dizaine d’années déjà d’une coopération entre le public et le privé. Mais ce n’est qu’en 2014 que les premières initiatives ont vu le jour à Dông Nai (Sud), suite à la résolution N°93 du gouvernement sur un certain nombre de mécanismes et politiques pour le développement du secteur de la santé s’appuyant sur la promotion de la coopération entre établissements hospitaliers.

Hô Chi Minh-Ville compte 68 hôpitaux publics et 39 privés, mais seulement 6 établissements publics ont signé les mémorandums de coopération avec ceux privés. Dans ces plans, les médecins du public officient occasionnellement dans les hôpitaux privés, et ces derniers fournissent le matériel médical nécessaire. Les patients ne doivent payer que la différence des frais entre les deux établissements. Le modèle est cependant très loin de répondre aux attentes.

L’hôpital public Cho Rây accueille entre 5.000 et 6.000 patients, tandis que son partenaire privé - la polyclinique internationale City - ne remplit que 30% de ses lits, et accuse une perte d’un million de dollars par mois. Après six mois de coopération, la polyclinique internationale Phuc An Khang n’a reçu que 60 malades issus de l’hôpital du 2e arrondissement. Enfin, la polyclinique Hông Duc a pris en charge 210 patients de l’hôpital d’oncologie de Hô Chi Minh-Ville, soit quatre fois moins que ce qui avait été initialement estimé.

«Notre équipe se compose de généralistes et de spécialistes très compétents, capables de traiter des maladies graves, comme les cancers et les pathologies cardiaques. Nous assurons des soins dans un cadre sûr, mais nous n’arrivons pas à gagner la confiance des patients», partage Mai Tiên Dung, directeur de la polyclinique internationale Phuc An Khang.

La question délicate des frais d’hospitalisation

Grâce aux nouvelles technologies, l’Hôpital central des maladies tropicales a reçu des aides notables de l’Hôpital de la province de Quang Ninh dans la détection des maladies infectieuses aiguës du foie.
Photo : Duong Ngoc/VNA/CVN

Selon Trân Van Khanh, directeur de l’hôpital du 2e arrondissement de Hô Chi Minh-Ville, les patients n’arrivent malheureusement pas à assumer la différence des frais en cas d’hospitalisation, qui coûtent entre 1,5 et 2,5 fois plus cher dans un établissement privé.

Pour justifier un tel écart, ces derniers avancent qu’ils ne reçoivent pas pour la grande majorité d’aides étatiques. Mais ce n’est pas tout. «Notre partenaire, la polyclinique Hông Duc, paie également les assurances et les mutuelles, un plus au bénéfice de leurs patients», explique Diêp Bao Tuân, directeur adjoint de l’hôpital d’oncologie de Hô Chi Minh-Ville. «Rien n’a changé, même si la différence entre les frais d’hospitalisation a baissé jusqu’à 22%», confirme Nguyên Huynh Dang Khoa, chef adjoint du Département des finances à l’hôpital Hông Duc.

«Nous recevons une grande variété de patients. Pour réaliser une coopération intégrale et intensive, il faut que le ministère de la Santé précise les droits et obligations mutuels», indique le Professeur Nguyên Quôc Anh, directeur de l’hôpital Bach Mai, à Hanoï.

«Par exemple, comment baisser les frais d’hospitalisation des établissements privés, comment payer les médecins pour leurs heures supplémentaires, ou encore comment conditionner la participation de l’État dans plusieurs étapes des coopérations», s’interroge-t-il.

Les responsables à l'inauguration de l'Hôpital international de Vinmec, à Nha Trang, province de Khanh Hoà.
Photo : Tiên Minh/VNA/CVN

Et dans d’autres cas, les hôpitaux publics n’arrivent tout simplement pas à envoyer leurs médecins chez leurs partenaires privés. «Nous attendons toujours un règlement, ou une circulaire du ministère de la Santé», s’exclame Phan Huy Anh Vu, directeur de l’hôpital de Dông Nai. «Si seulement il y avait des directions ministérielles sur la mobilité des patients entre les hôpitaux et sur le suivi des paiements, la coopération deviendrait plus facile à réaliser», appuie-t-il.

Pour Dirk Sommer, consultant au sein de la Société financière internationale (dépendante de la Banque mondiale), cette coopération hospitalière doit s’articuler autour de trois points fondamentaux : une politique commune, des investissements et des pratiques uniformes. Il recommande que les hôpitaux privés se concentrent uniquement sur des secteurs spécifiques, et encourage une meilleure gouvernance des services médicaux. Il soutient également le besoin de publier les aides et supports attribués aux hôpitaux non publics.

Le tableau n’est heureusement pas totalement noir. La coopération entre le public et le privé a connu certains succès encourageants dans les petites régions. «Depuis la coopération avec des hôpitaux privés, l’hôpital de la province de Phu Tho a augmenté de jusqu’à 20 fois son revenu. Aujourd’hui, seuls 10% des cas doivent être transférés aux hôpitaux centraux», sourit Hô Duc Hai, directeur du Service provincial de la santé de Phu Tho. «Et surtout, la population a accès à de meilleurs services médicaux», confie-t-il.

Dang Duong/CVN
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