Santé
Virus Nipah en Inde : une vigilance sans panique

Suite à l’apparition d’un foyer d'infection par le virus Nipah dans l'État du Bengale occidental, en Inde, l’inquiétude gagne certains pays comme le Vietnam. Toutefois, les experts rassurent : la faible transmissibilité du virus rend le risque d’épidémie majeure très peu probable. La vigilance reste de mise, mais sans inquiétude excessive.

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L'hôte naturel du virus Nipah est la roussette (chauve-souris frugivore).
Photo : Internet/CVN

Le docteur Truong Huu Khanh, vice-président de l'Association des maladies infectieuses de Hô Chi Minh-Ville, rappelle que le virus Nipah n'est pas un nouveau venu sur la carte mondiale des pathologies. Découvert il y a longtemps, il est identifié comme un agent provoquant une encéphalite aiguë.

L'hôte naturel du virus Nipah est la roussette (chauve-souris frugivore). Le virus est présent dans la salive, l'urine et les sécrétions de l'animal. De là, l'agent pathogène peut se transmettre à l'homme par des voies assez spécifiques : consommation de fruits partiellement mangés par les chauves-souris ou contaminés par leur salive ; transmission via des hôtes intermédiaires tels que les porcs ou les chevaux lorsque l'homme est en contact direct avec les sécrétions de ces animaux. De plus, la maladie peut se propager par des habitudes de vie particulières dans certaines régions, comme la consommation de sève fraîche directement prélevée du tronc d'arbre, là où les chauves-souris se posent fréquemment.

Selon le docteur Khanh, il s'agit de modes de transmission nécessitant un contact très étroit avec la source de la maladie. Ce virus ne se propage pas facilement par l'air ou les gouttelettes comme la grippe ou le COVID-19. Par conséquent, la capacité de transmission interhumaine du virus Nipah est assez limitée. Bien que certains foyers aient signalé une transmission au sein de familles ou dans des établissements de santé, cela ne se produit qu'en cas de contact direct et prolongé avec le patient. Le virus Nipah ne se transmet que par contact direct avec des sécrétions infectées ; sa portée est limitée, ce qui rend difficile sa propagation au-delà des frontières, a précisé le docteur Khanh.

Concernant la gravité de la maladie, le professeur agrégé et docteur Lê Quôc Hung, chef du Département des maladies tropicales de l'hôpital Cho Rây à Hô Chi Minh-Ville, a déclaré qu'il s'agit d'une infection aiguë pouvant évoluer rapidement. Elle peut provoquer une encéphalite et/ou une pneumonie entraînant une insuffisance respiratoire grave, avec un taux de mortalité pouvant atteindre 75%. Par conséquent, une surveillance étroite, une détection précoce et un contrôle strict de l'infection sont nécessaires.

Le virus Nipah est facile à négliger car les symptômes initiaux peuvent ressembler à ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, fatigue, douleurs musculaires, maux de gorge et vomissements. Certaines personnes peuvent également présenter une toux ou des difficultés respiratoires. Le danger réside dans l'évolution rapide vers une encéphalite. Par conséquent, en présence de facteurs épidémiologiques - comme un voyage récent dans une zone sous alerte ou un contact étroit avec un malade grave dont la cause n'est pas déterminée - il faut prêter une attention particulière aux signes d'alerte : somnolence anormale, léthargie, confusion, difficultés à parler, convulsions ou altération rapide de la conscience. Dès l'apparition de ces signes, le patient doit être immédiatement conduit dans un établissement de santé disposant de capacités de réanimation.

Actuellement, il n'existe aucun médicament spécifique ni vaccin contre le virus Nipah largement disponible. Le traitement repose principalement sur des soins de soutien et de réanimation : assistance respiratoire en cas d'insuffisance, contrôle des convulsions, soins neurologiques pour l'encéphalite, réhydratation et gestion des complications. Avec le Nipah, la détection précoce et le transfert approprié sont d'une importance capitale, a souligné le professeur agrégé Lê Quôc Hung.

À ce jour, le Vietnam n'a enregistré aucun cas de virus Nipah. Selon les experts, dans un contexte de brassage international, le risque principal demeure l'importation de cas provenant de zones touchées. La population ne doit pas céder à la panique, mais rester vigilante.

Il est recommandé de laver et peler systématiquement les fruits, de ne pas consommer ceux présentant des traces de morsures d'animaux, et de limiter la consommation de boissons ou produits crus dont l'hygiène n'est pas garantie. Il faut également éviter tout contact étroit avec des chauves-souris ou des animaux malades. Si un membre du foyer présente de la fièvre accompagnée de troubles respiratoires ou de somnolence, l'entourage doit porter un masque, se laver régulièrement les mains après tout contact avec des sécrétions, ne pas partager d'objets personnels et éviter les rassemblements dans des pièces fermées.

Lors d'une consultation médicale, il est indispensable de déclarer ses déplacements récents ou ses contacts suspects afin de bénéficier d'une prise en charge adéquate et de prévenir tout risque de propagation.

Quang Châu/CVN

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