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| Interprétation des chants chèo tàu, de la commune d'Ô Diên, à Hanoï. |
| Photo : VNA/CVN |
Le Vietnam doit dépasser la simple préservation de son riche patrimoine culturel et le transformer en atouts numériques, en propriété intellectuelle et en catalyseur d'innovation s'il veut en exploiter pleinement le potentiel à l'ère du numérique, a déclaré le secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm.
Le leader suprême a identifié le 13 juillet à Hanoï la capacité limitée du pays à convertir le patrimoine culturel en ressources de données, en connaissances numériques, en propriété intellectuelle et en capital créatif comme l'un des quatre principaux freins au développement culturel du Vietnam.
En réalité, le Vietnam ne manque pas de patrimoines exceptionnels qui cristallisent ses richesses culturelles, historiques et intellectuelles. Cependant, la conservation et l’exploitation des valeurs patrimoniales uniquement par des méthodes traditionnelles ne sauraient les transformer en un avantage concurrentiel dans l’économie créative.
Des milliers d’années d’histoire ont légué au peuple vietnamien un trésor patrimonial d’une richesse exceptionnelle et d’une grande diversité, avec plus de 40.000 vestiges historiques et culturels et sites pittoresques; près de 70.000 patrimoines culturels immatériels, dont 38 éléments inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Pourtant, une grande partie de ce patrimoine reste à numériser, à normaliser et à intégrer dans des bases de données partagées, tandis que son potentiel en tant que propriété intellectuelle et ressource pour l’éducation, les industries culturelles et l’intelligence artificielle demeure largement inexploité.
S’adressant à la deuxième réunion du Comité directeur central sur le développement de la culture vietnamienne, le secrétaire général du Parti et président de la République a souligné la nécessité de transformer le vaste patrimoine du pays en un moteur de croissance endogène pour l’ère numérique.
La Dre. Nguyên Thu Hanh, directrice du Centre de recherche et de développement de l’industrie culturelle vietnamienne (SDCI), a déclaré que le Vietnam s’était traditionnellement concentré sur la préservation du patrimoine plutôt que sur la création de nouvelles valeurs à partir de celui-ci.
Le principal obstacle, a-t-elle souligné, réside dans le faible lien entre le patrimoine et la science, la technologie, l’éducation, le design, la communication et le marché, ce qui limite son impact économique, éducatif et social malgré l’abondance des ressources culturelles du pays.
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| L'artisanat du tissage du peuple Muong, dans l'ancienne province de Hoa Binh, aujourd'hui province de Phu Tho (Nord). |
| Photo : VNA/CVN |
Selon la responsable, le défi dépasse le cadre de la technologie ou de la transformation numérique pour aborder la question plus large de la perception et de l'utilisation du patrimoine.
Elle a appelé à redoubler d’efforts pour transformer le patrimoine culturel et le capital culturel en connaissances, en propriété intellectuelle, en produits créatifs et en ressources stratégiques pour l’éducation, la science, la technologie, les industries culturelles et l’innovation.
Faire du patrimoine un levier d’innovation
La Dre. Nguyên Thu Hanh a également mis en garde contre la numérisation du patrimoine dans le seul but d’atteindre des objectifs chiffrés, affirmant que les données patrimoniales doivent être correctement identifiées, authentifiées et normalisées, tout en restant consultables, interopérables, partageables et réutilisables.
Chaque élément du patrimoine numérisé doit être géré comme une ressource précieuse capable de générer des retombées scientifiques, culturelles et économiques, a-t-elle recommandé.
La responsable a indiqué qu’un soutien politique renforcé est nécessaire pour intégrer les secteurs de la culture, de la technologie, de l’éducation, du tourisme, du design, des médias et des entreprises créatives au sein d’une chaîne de valeur globale, parallèlement à des mécanismes durables de protection et de commercialisation de la propriété intellectuelle.
Elle a également insisté sur la nécessité d'investir davantage dans des modèles d'innovation fondés sur le patrimoine, permettant de l'appréhender, de le réinterpréter et de le renouveler en permanence, créant ainsi une valeur ajoutée pour la culture et l’économie.
Vers un cadre juridique adapté
L’avocat Lê Quang Vinh, directeur du cabinet d’avocats spécialisé en propriété intellectuelle Bross & Partners, a affirmé que la construction d’une économie du patrimoine exige un cadre juridique coordonné englobant la Loi sur le patrimoine culturel, la Loi sur la propriété intellectuelle, la Loi sur les données, la Loi sur la gestion et l’utilisation des biens publics, ainsi que la réglementation relative à la transformation numérique et à l’intelligence artificielle.
Il a également souligné l’importance de définir clairement les multiples niveaux de valeur inhérents au patrimoine culturel, du patrimoine lui-même à la propriété intellectuelle, aux données, aux actifs numériques, aux biens publics et aux biens communautaires qui en découlent.
Selon l’avocat, une identification précise de ces niveaux permettrait d’établir le cadre juridique nécessaire à une gestion et une commercialisation efficaces des divers actifs issus du patrimoine culturel vietnamien.
VNA/CVN




