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Quarante ans après le lancement de la politique de Dôi moi (Renouveau), l’économie viet-namienne a profondément évolué, marquée par l’essor du secteur privé et une intégration internationale accrue. Dans ce contexte, le secteur économique d’État ne s’efface pas : il se redéfinit comme une force d’impulsion, appelée à orienter les secteurs clés et à stabiliser les grands équilibres macroéconomiques.
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| Les entreprises publiques constituent un levier essentiel pour l’État dans la régulation macroéconomique. |
| Photo : VNA/CVN |
Cette orientation est clairement affirmée par le Bureau politique du Parti à travers la Résolution N°79, en date du 6 janvier 2026. Le texte souligne la mission du secteur économique d’État : ouvrir la voie à l’industrialisation, moderniser le modèle de croissance et placer la science, la technologie, l’innovation et la transformation numérique au cœur du développement national.
Au-delà des orientations politiques, cette ambition se traduit concrètement par une transformation structurelle du tissu des entreprises publiques, désormais recentré sur les secteurs stratégiques exigeant des investissements lourds et une vision de long terme.
L’histoire des réformes économiques vietnamiennes a démontré que les entreprises publiques ont toujours joué un rôle déterminant, constituant un levier essentiel pour l’État dans la régulation macroéconomique et la garantie de la sécurité économique. Cependant, face aux profondes mutations liées à l’ère numérique et à la transition écologique, les anciens mécanismes apparaissent désormais trop rigides.
Le vice-Premier ministre Nguyên Van Thang a présidé récemment une réunion décisive consacrée aux critères de classification des entreprises publiques pour la période 2026-2030. L’objectif est d’adapter ces mécanismes aux exigences de la transition écologique et de l’économie numérique, en déterminant les secteurs que l’État doit continuer à contrôler et ceux pouvant être davantage ouverts au marché.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité d’une série de direc-tives gouvernementales visant à définir précisément les scénarios de développement socio-écono-mique et l’allocation des ressources au sein du secteur public.
Selon le Département du développement des entreprises publiques du ministère des Finances, le gouvernement a soumis un nouvel ensemble de critères de classification des entreprises publiques pour la période 2026-2030.
Vers une gouvernance plus efficace
Contrairement aux périodes précédentes, largement axées sur la restructuration et la privatisation, l’orientation actuelle marque une évolution importante de la gouvernance publique. Il ne s’agit plus de suivre des “plans globaux” rigides, mais de privilégier un mécanisme de classification plus souple, fondé sur l’autonomie, la responsabilisation et l’efficacité dans l’utilisation du capital.
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| À l’avenir, le nombre d’entreprises publiques pourrait continuer à diminuer, mais sur la base de critères d’efficacité et de pertinence stratégique. |
| Photo : VNA/CVN |
Un mécanisme de gouvernance fondé sur les objectifs et l’efficacité du capital est progressivement mis en place. L’État se concentrera sur l’identification des secteurs devant rester sous contrôle public et de ceux où sa participation pourra être réduite, tandis que les entreprises devront assumer pleinement la responsabilité de leurs stratégies de croissance et de leurs performances.
Ce projet vise ainsi à redéfinir les limites de la présence du capital étatique. Au lieu d’une approche générale comme par le passé, les nouveaux critères privilégient une stratégie plus ciblée.
Lorsque les entreprises publiques occuperont les positions corres-pondant réellement à leurs avantages stratégiques et fonctionneront selon des normes modernes de gouvernance, elles pourront jouer un rôle majeur dans la réalisation de grands projets d’infrastructures, le développement des industries clés et l’accélération de la transformation numérique nationale.
La restructuration du secteur public a profondément modifié son périmètre. Selon Doan Thanh Tuân, vice-directeur du Département de développement des entreprises publiques relevant du ministère des Finances, le nombre d’entreprises détenues à 100% par l’État est passé d’environ 12.000 à 473 aujourd’hui, et à un peu plus de 800 si l’on inclut celles à participation publique majoritaire.
Cette réduction ne répond pas à une logique purement quantitative. Elle s’inscrit dans une volonté de cohérence stratégique : ne conserver que les entités capables d’assurer des missions essentielles liées à la sécurité économique, aux infrastructures vitales ou aux grands équilibres macroéconomiques.
À l’avenir, le nombre d’entreprises publiques pourrait continuer à diminuer, mais sur la base de critères d’efficacité et de pertinence stratégique. Parallèlement, l’État n’exclut pas de renforcer, voire de créer de nouvelles entreprises dans des secteurs clés tels que les technologies de pointe, l’innovation ou les infrastructures stratégiques. Ces entités sont appelées à jouer un rôle d’entraînement en impulsant de nouveaux modèles de croissance. Au-delà de la production, la question de la gestion du capital public devient centrale.
Thê Linh/CVN




