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| Tà Xùa s’est imposé ces dernières années comme l’une des destinations de montagne les plus prisées des jeunes voyageurs. |
| Photo : Trong Dat/VNA/CVN |
Dans le cadre des nominations aux World Travel Awards (WTA), en juillet 2026, Tà Xua et Ninh Binh ont représenté le Vietnam parmi les nommés des World Travel Awards pour l’Asie, en lice face à plusieurs destinations de la région, notamment Koh Kood (Thaïlande), Melaka (Malaisie), Morioka (Japon), l’île de Sumba (Indonésie) et Taipei (Taïwan, Chine).
Surnommé le "paradis des nuages", Tà Xuà s’est imposé ces dernières années comme l’une des destinations de montagne les plus prisées des jeunes voyageurs, séduits par sa spectaculaire mer de nuages s’étirant sur les sommets du Nord-Ouest.
Perchée à plus de 1.500 mètres d’altitude - et dépassant les 2.000 mètres sur ses plus hauts reliefs -, la région bénéficie d’un climat frais et de paysages uniques. Entre le Dos du Dinosaure, le pic du Vent, la prairie de Tà Xuà et ses sentiers de randonnée en forêt, le site s’est taillé une place de choix auprès des amateurs d’aventure et de nature.
Ce territoire abrite également la culture de l’ethnie H’mông, perceptible à travers ses habitations, ses costumes, son artisanat, sa gastronomie et ses traditions. De passage, les voyageurs peuvent s’initier au tissage du chanvre, à la teinture à l’indigo ou encore à la technique du batik (dessin à la cire d’abeille), au plus près du quotidien des villageois d’altitude.
Pour Luong Duy Doanh, directeur de FiveStar Travel et responsable du Comité de développement Nord-Est et Nord-Ouest du Club des voyages de l’UNESCO de Hanoi, ce sont précisément les paysages, la culture locale ainsi que la sincérité et l’hospitalité des habitants qui confèrent à Tà Xùa son caractère unique et authentique.
L’autre signature de Tà Xùa réside dans ses anciennes plantations de thé Shan Tuyêt. Au-delà de leur valeur économique, ces zones de théiculture ouvrent la voie à des expériences centrées sur la culture du thé, l’agriculture autochtone et le mode de vie des populations locales.
Malgré une infrastructure touristique encore inégale et des offres culturelles parfois en retrait, Tà Xùa séduit un nombre croissant de visiteurs grâce à sa nature sauvage et majestueuse, couronnée par sa féerique mer de nuages.
Le boom touristique a profondément transformé le visage de la région et le quotidien de ses habitants. En 2025, la commune a ainsi accueilli environ 130.000 touristes, générant un chiffre d’affaires estimé à 75 milliards de dôngs. Une dynamique qui ne faiblit pas : au cours du premier semestre 2026, la zone a enregistré près de 56.000 visiteurs pour 54 milliards de dôngs de recettes.
D’après Dô Van Xiêm, président du Comité populaire de la commune, de nombreux foyers ont délaissé l’agriculture sur brûlis pour ouvrir des homestays ou fournir des produits locaux aux hébergements. On dénombre aujourd’hui 88 foyers engagés dans l’accueil communautaire, une transition qui a fait reculer le taux de pauvreté de 37% en 2024 à 33,64% en 2025.
Pour Tà Xùa, l’objectif ne doit pas être de maximiser les flux touristiques, mais de privilégier la qualité de l’expérience, afin que le site s’affirme comme une destination de choix pour les amoureux de la nature en quête de sérénité. Au-delà du simple volume de visiteurs, il est ainsi crucial de suivre de près le nombre de nuitées, le niveau de dépenses ainsi que la part des revenus directement perçue par les habitants.
"La mer de nuages peut servir d’image de marque, mais elle ne saurait constituer l’intégralité du produit touristique", souligne d’ailleurs Lê Quang Tuân, secrétaire de la rédaction du magazine Vietnam Travel, rattaché à l’Association du tourisme du Vietnam.
Récolte du thé Shan tuyêt, teinture à l’indigo, dessin à la cire d’abeille ou immersion en demeure traditionnelle : ces expériences sur mesure séduisent les voyageurs. Mais pour que la démarche soit vertueuse, ces populations doivent être actrices du projet à chaque étape : de la planification à la création de l’offre, jusqu’à la juste répartition des bénéfices.
Dès lors que leur subsistance dépend du tourisme et qu’ils intègrent que la sauvegarde de leurs paysages et de leur culture garantit leur propre avenir économique, les habitants s’imposent comme les gardiens les plus efficaces de leur territoire. Les autorités peuvent alors intervenir en soutien, que ce soit pour former la population locale aux métiers de l’accueil, faciliter l’accès au crédit ou connecter les foyers ruraux aux agences de voyages.
Pour s’intégrer pleinement aux circuits du Nord-Ouest, prolonger les séjours et désengorger le site, Tà Xùa doit miser sur une communication transparente auprès des voyageurs internationaux afin d’aligner leurs attentes sur les capacités réelles de la région. Loin d’être un aboutissement, ce label fraîchement marque le véritable point de départ de cette dynamique.
VNA/CVN



