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Si une lente décrue semble s'amorcer dans le Sud-Ouest du pays, l'inquiétude reste vive en Loire-Atlantique, un département placé en alerte rouge, comme la Charente-Maritime et le Maine-et-Loire.
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| Des habitants évacués en raison des inondations à Cheffes (Maine-et-Loire) le 20 février. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
À Angers, ville de 160.000 habitants, de nouvelles rues ont été fermées et des passerelles installées pour que les passants puissent traverser les rues inondées. La circulation des tramways et des voitures est très perturbée.
Conséquence des crues, le match Angers - Lille programmé dimanche se déroulera à huis clos.
Les restaurants sur les quais pompent en continu depuis jeudi pour évacuer l'eau de leurs caves. Un badaud, Eric Clouet, est stupéfait : "On est venus hier, mais aujourd'hui, ça n'a rien à voir. C'est impressionnant et on se demande où ça va s'arrêter", a-t-il confié à l'AFP.
"L'eau continue de monter", s'inquiète le maire Christophe Béchu, qui ne voit pas d'amélioration avant la semaine prochaine.
À 20 km au nord d'Angers, le maire de Cheffes (Maine-et-Loire) a pris vendredi 20 février un arrêté pour évacuer le village envahi par les eaux de la Sarthe, qui ne cesse de monter depuis plusieurs jours.
Pompiers et gendarmes passent de maison en maison avec des canots pour transporter les sinistrés.
"Quand on est partis hier midi, c'était encore à sec. Mais on n'a pas hésité. Et là, c'est vraiment énorme", explique à l'AFP Christine Goguet. "C'est la première fois en 23 ans que je vois ça", assure cette femme évacuée mais revenue avec son mari à bord d'un tracteur pour récupérer quelques affaires dans sa maison inondée. Elle va dormir chez son frère cette nuit mais sait que ça va "durer plusieurs jours".
"Ça va être très long"
En Loire-Atlantique, les pompiers ont cumulé 152 interventions et 13 routes départementales sont fermées, selon la préfecture.
Le ministre de l'Economie Roland Lescure a appelé vendredi les assureurs à la "mobilisation générale" et à ce que "tout le monde se retrousse les manches" pour indemniser rapidement les victimes des tempêtes et des crues des dernières semaines.
Avec 37 jours de pluie consécutifs, le littoral atlantique subit la plus longue période de précipitations depuis le début des mesures en 1959.
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| Des agents apportent leur aide aux habitants de Saintes Charente-Maritime) confrontés aux inondations, le 20 février. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Malgré une accalmie prévue pour durer quelques jours, "des débordements majeurs sont en cours ou attendus au moins dans les prochaines 24 heures", avertit Vigicrues dans son dernier bulletin.
En Gironde, déclassée en vigilance orange, "la baisse des niveaux est constatée sur l’ensemble du département" mais "la décrue va être lente", prévient la préfecture.
Quelque 11.700 personnes sont encore privées de réseau téléphonique et 2.500 d’électricité. Des distributions d’eau ont été assurées à Langon, à 50 km au sud de Bordeaux, après des fuites du réseau d’eau potable causée par la Garonne sortie de son lit depuis plus d’une semaine.
À Saintes (Charente-Maritime), 10 kilomètres de madriers ont été déposés ces derniers jours pour circuler dans les rues inondées par la Charente depuis mardi et 1.380 maisons sont inondés, a indiqué la mairie.
"Ça va être très long avant que les gens puissent retourner chez eux. Ceux qui sont logés chez de la famille ou des amis, ça va encore. Mais pour certains il y a déjà beaucoup de tensions, notamment financières", souligne Éric Pannaud le maire de Chaniers, une commune sous les eaux à quelques kilomètres de Saintes.
Adrien, 45 ans, dort à l'hôtel depuis mercredi avec Amaïa, sa fille de 14 ans. "On est logés jusqu'à dimanche (...) On n'est pas les plus à plaindre. Mais c'est compliqué pour manger car on n'a pas de plaques ni de frigo. On achète des choses toutes faites mais ça coûte cher", constate-t-il.
AFP/VNA/CVN





