>> Hanoï se prépare à interdire les motos à essence dans le centre-ville
>> Hanoï privilégie les moyens de transport verts
>> Hanoï cherche des solutions pour maîtriser la pollution de l’air
![]() |
| Photos : VNA/CVN |
Au cœur des débats, des solutions structurelles articulant déconcentration démographique, transition écologique et modernisation des infrastructures, pour inscrire la métropole dans une trajectoire de développement durable.
Accélérer la déconcentration pour alléger la pression intra-urbaine
S’exprimant sur les enjeux environnementaux et la qualité de l’air, le député Pham Van Hòa (province de Dông Thap) a jugé préoccupant le niveau de pollution atmosphérique observé ces derniers temps à Hanoï.
Selon lui, au-delà des facteurs objectifs, les causes demeurent essentiellement anthropiques : une densité démographique excessive, la concentration de tours d’habitation, d’unités de production, d’hôpitaux, d’établissements scolaires et d’administrations dans le cœur urbain.
Face à ce constat, le député plaide pour des solutions structurelles, au premier rang desquelles une politique volontariste de déconcentration démographique, accompagnée du transfert des populations et des activités industrielles hors du centre-ville.
Il appelle également à accélérer la relocalisation et la reconstruction des ensembles résidentiels vétustes, plutôt que de prolonger indéfiniment des opérations de rénovation partielle.
![]() |
| Le député Pham Van Hòa (province de Dông Thap). |
| Photo : An Dang/VNA/CVN |
Cette dynamique doit s’articuler avec le développement du logement social, afin de soutenir les opérations de relogement et d’améliorer progressivement les conditions de vie dans les quartiers densément peuplés et sous-équipés.
"Il faut faire en sorte que chaque citoyen venant dans la capitale puisse bénéficier d’un air sain et d’un cadre de vie sûr et durable", a-t-il insisté.
Dans la même ligne, le député Ta Dinh Thi (Hanoï) a salué la disposition du projet de loi prévoyant un soutien à la relocalisation des activités artisanales polluantes hors des zones résidentielles.
Une mesure en phase avec la réalité, alors que le taux de zones industrielles et de villages de métiers dotés de systèmes de traitement des eaux usées reste faible (environ 31,5% pour les clusters industriels et 16,6% pour les villages artisanaux).
![]() |
Pour autant, il estime que l’efficacité de cette politique repose sur des mécanismes financiers robustes. Il propose d’autoriser Hanoï à conserver la majeure partie, voire l’intégralité, des recettes issues des redevances environnementales (émissions atmosphériques, eaux usées), tout en affectant au moins 20% des recettes supplémentaires liées au foncier à la création d’un Fonds vert de la capitale.
Celui-ci serait prioritairement consacré aux opérations de relocalisation, de relogement et à l’amélioration du cadre de vie.
Par ailleurs, le député souligne l’importance de développer des zones à faibles émissions et des mobilités vertes. Si le projet de loi confie au Conseil populaire municipal la définition du périmètre et du calendrier de restriction des véhicules individuels, il insiste sur la nécessité d’éviter tout choc brutal pour la population.
Cela implique un investissement simultané, voire anticipé, dans des infrastructures alternatives, telles que le métro urbain et les lignes de bus à haut niveau de service, avec pour objectif d’atteindre environ 100 km de lignes ferroviaires urbaines d’ici 2030.
Il recommande également la mise en place de mécanismes financiers interrégionaux contraignants, indexés sur le niveau de pollution, ainsi que le déploiement d’un système de surveillance environnementale en temps réel à l’échelle régionale, avec publication des données pour renforcer la transparence et le contrôle.
Une batterie de propositions pour fluidifier le trafic
Sur le volet des transports urbains, le député Nguyên Van Canh (Gia Lai) a avancé plusieurs pistes pour réduire les embouteillages à Hanoï.
Il préconise notamment d’accélérer la construction de parkings souterrains et de parkings en hauteur, afin d’augmenter la capacité de stationnement et de répondre à une demande en constante progression, tout en contribuant à la requalification urbaine.
Le projet de loi prévoit déjà des incitations pour les investisseurs, en autorisant l’exploitation de services annexes sur jusqu’à 25% de la surface. Une disposition jugée encore insuffisamment attractive. Le député propose de l’élargir en permettant le développement d’activités commerciales et de services complémentaires, afin d’améliorer la rentabilité et la faisabilité des projets.
Il suggère en outre d’introduire un cadre réglementaire autorisant, dans certaines zones dépourvues de parkings centralisés mais fortement sollicitées, un stationnement partiel sur les trottoirs, sous réserve de ne pas porter atteinte aux infrastructures techniques, aux espaces verts, aux cheminements piétons et aux droits des riverains.
![]() |
| Le député Nguyên Van Canh (Gia Lai). |
| Photo : An Dang/VNA/CVN |
Autre proposition notable : l’introduction du principe d’insertion alternée ("zipper merge"), déjà appliqué dans plusieurs pays, pour fluidifier la circulation aux points de convergence. Il plaide également pour que Hanoï puisse expérimenter de nouvelles méthodes d’organisation du trafic, même en l’absence de cadre juridique explicite, à condition de procéder par phases pilotes et d’en évaluer rigoureusement l’efficacité.
Au fil des échanges, les députés ont mis en évidence l’urgence de doter la capitale d’un cadre institutionnel spécifique, capable de traiter de manière cohérente les enjeux environnementaux, démographiques et infrastructurels. Une condition sine qua non pour permettre à Hanoï de s’inscrire dans une trajectoire de développement durable, à la hauteur de son statut de centre politique, économique et culturel du pays.
Lê Bao - Câm Sa/CVN






