Retour au village, pour la transmission de l’artisanat traditionnel

La révolution numérique et le développement d’Internet mettent le monde à la portée de tous, notamment des jeunes. Cette ouverture extraordinaire leur apporte bien sûr de très nombreuses et très belles opportunités, mais toute médaille a son revers et pour le coup, nombre de valeurs traditionnelles se retrouvent en danger de disparition...

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Ngô Quy Duc est tout d'abord un passionné de valeurs traditionnelles, qui aime partir à la découverte des villages d'artisanat de la périphérie de Hanoï.
Photo : CTV/CVN

Fort heureusement, certains jeunes ont pris conscience de ce problème et se sont donnés pour mission de mettre leur dynamisme au service de ces valeurs traditionnelles : exactement ce que fait Ngô Quy Duc.

Ngô Quy Duc n’est pas un inconnu dans le petit milieu de celles et ceux qui ont à cœur de défendre la culture traditionnelle vietnamienne. Du haut de ses 36 printemps, il a déjà plusieurs réalisations remarquables à son actif, notamment une bibliothèque en ligne consacrée à la culture et à l’Histoire de Hanoï. Mais c’est aussi à lui que l’on doit l’organisation de jeux folkloriques dans la rue piétonne qui ceinture le lac Hoàn Kiêm. Plus récemment, il a lancé un projet intitulé Vê làng, ce qui pourrait se traduire par "Retour au village", un projet axé sur la valorisation et la préservation de l’artisanat traditionnel.

"De nos jours, les métiers traditionnels ont tendance à péricliter... Si nous les jeunes n’avons pas à cœur de les préserver, ils vont disparaître, à coup sûr! Pour ce qui est de ce projet, le but, c’est d’inciter les jeunes à redécouvrir l’artisanat traditionnel en leur proposant des excursions dans les villages de la périphérie de Hanoï", explique Ngô Quy Duc.

Lancer un projet et le mener à bien n’est pas une mince affaire, a fortiori lorsque l’on est un jeune. Ngô Quy Duc a d’ailleurs rencontré de nombreuses difficultés, pour Vê làng, et il lui aura fallu déployer des trésors de passion et de persuasion pour y parvenir finalement...

"Pour concevoir des programmes de ce type, il faut un budget, bien sûr, mais il faut aussi nouer des relations étroites avec les artisans... Et ce n’est pas une promenade de santé, croyez-moi! Mais bon, dans ces cas-là, ou on est motivé, ou on ne l’est pas... Quand on est vraiment motivé, on arrive toujours à surmonter les obstacles", confie-t-il.

Bien souvent, les vrais passionnés ont la passion contagieuse. C’est sans doute le cas de Ngô Quy Duc, qui commence à faire des émules, et qui a ainsi réussi à convaincre Hoàng Hoa Binh, une jeune femme qui travaille dans les relations publiques, de le suivre dans ses projets.

"J’ai rencontré Duc à l’occasion d’un événement culturel organisé pour le Têt. J’ai été immédiatement séduite par son sens de l’engagement. Il a vraiment fait de la mise en valeur de l’artisanat traditionnel une cause, avec un C majuscule. Moi, à la base, je travaille dans le domaine de la culture et des relations publiques, alors forcément, j’ai eu envie de le suivre...", dit-elle.

Ngô Quy Duc rencontre donc un certain écho auprès des jeunes, et c’est tant mieux, mais il s’est également gagné l’estime de ses aînés, parmi lesquels Trân Hoài, maître de conférences à l’Université nationale de Hanoï.

"C’est en faisant des recherches pour préparer un cours que je suis tombé sur le site Web du projet de Ngô Quy Duc. On y trouve beaucoup d’informations très intéressantes, non seulement sur les villages d’artisanat, mais aussi sur tout ce qui est entrepris par ces jeunes pour les préserver. Ce que je trouve bien là-dedans, c’est que les artisans y trouvent vraiment leur compte", indique-t-il.

Son engagement et ses actions en faveur de Hanoï, la ville où il est né et où il a grandi, ont valu à Ngô Quy Duc d’en devenir, en 2017, un citoyen d’élite.

VOV/VNA/CVN

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