06/04/2020 22:19
La semaine commençait positivement sur les marchés lundi 6 avril, l'espoir de voir l'Europe se diriger vers un possible pic du coronavirus redonnant de l'énergie aux investisseurs même si l'atmosphère reste très fébrile.
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Demandes hebdomadaires d'allocations chômage et périodes de récession aux États-Unis depuis le 1er janvier 1970. Photo : AFP/VNA/CVN

Sur le front épidémique, le week-end a en effet apporté quelques lueurs d'optimisme avec un premier reflux des décès en Europe, continent où le virus a été le plus meurtrier. "Alors que nous entrons dans une nouvelle semaine, les marchés paraissent confortés par le fait que le taux de mortalité semble se stabiliser en Europe, l'Espagne, l'Italie, la France et le Royaume-Uni ayant tous enregistré une baisse du nombre de décès dimanche 5 avril", souligne Michael Hewson, un analyste de CMC Markets.

Le soulagement s'est fait d'abord sentir en Asie, où la Bourse de Tokyo a notamment clôturé en forte hausse de 4,24%. Et l'éclaircie s'est propagée à l'Europe, où les indices boursiers ont tous ouvert sur de fortes progressions. À 10h00 (08h00 GMT), Paris gagnait 3,14%, Francfort 3,96% et Londres 2,51%. Milan prenait 3,18% et Madrid 2,49%. "Les marchés adoptent un ton plus optimiste" alors que "certains gouvernements se fixent Pâques pour commencer à alléger les confinements", note pour sa part Jasper Lawler, analyste pour London Capital Group.

"Les investisseurs y voient les signes précurseurs d'une sortie du tunnel de la paralysie économique", ajoute-t-il. Côté pétrole, la situation restait compliquée. Lundi matin 6 avril, les prix du pétrole brut accusaient une forte chute en Asie après le report d'une réunion entre le cartel de l'Opep et la Russie, qui a éloigné la perspective d'un accord permettant de soutenir les cours. Le marché de la dette par contre bougeait peu, fidèle à son attitude des derniers jours, confiant dans le soutien des banques centrales. La monnaie européenne se stabilisait également face au dollar.

Le yo-yo n'est pas terminé

Mais, nuance M. Lawler, "si la tonalité générale est un peu meilleure, chaque jour apporte des preuves supplémentaires du lourd tribut du confinement sur les entreprises".

Un homme devant le Département du travail à New York le 25 mars.
Photo : AFP/VNA/CVN

Outre-Atlantique, plus de 5,4 milliards de dollars de prêts ont ainsi été demandés aux États-Unis par les petites et moyennes entreprises vendredi 3 avril. Avec au moins 68.125 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine et une semaine qui s'annonce très difficile aux États-Unis, la pression reste immanquablement forte sur la planète en général et les marchés en particulier.

L'impact du virus sur l'emploi américain a également été massif. Avec un taux de chômage monté à 4,4% et 701.000 emplois détruits, selon le rapport mensuel du Département du travail américain publié vendredi 3 avril, les effets de la pandémie sont en effet patents, ce qui a d'ailleurs largement contribué à assombrir la fin de semaine dernière sur les marchés. Pour Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC, une "nouvelle phase de yo-yo" semble se profiler.

Les marchés européens sont certes soulagés ce matin "par le déclin de l'épidémie en Italie, en Espagne ou en France, mais les investisseurs devraient rapidement réaliser que la Bourse ne pourra pas se contenter d'un pic prochain de l'épidémie pour retrouver durablement le moral", développe-t-il. "En effet, le déconfinement sera long et laborieux et il n'est pas certain que l'économie revienne au niveau pré-crise, même en quelques mois, si jamais le virus continue de circuler", complète-t-il en estimant qu'un des éléments déterminants "sera la capacité des États qui ont opté pour un confinement strict à éviter des faillites en série".

AFP/VNA/CVN


 

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