Réformer le mode de direction du Parti pour des résultats concrets

Près de quatre ans après l’adoption de la Résolution N°28 sur le renouvellement du mode de direction du Parti à l’égard du système politique, le secrétaire général du Parti et président Tô Lâm a demandé de faire de la mise en œuvre des résolutions le maillon décisif et de prendre les résultats concrets comme critère de mesure.

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Le secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm. 
Photo : Thông Nhât/VNA/CVN

Cette orientation est étroitement liée à l’évaluation des cadres, qui doit désormais davantage reposer sur les produits, les résultats et l’efficacité réelle de leur travail.

Près de quatre ans se sont écoulés depuis que le Comité central du Parti communiste du Vietnam du XIIIe mandat a adopté, le 17 novembre 2022, la Résolution N°28 intitulée "Poursuivre le renouvellement du mode de direction et d’exercice du pouvoir du Parti à l’égard du système politique dans la nouvelle période".

Le 20 août 2026, lors d’une réunion consacrée au projet de bilan à mi-parcours de cinq années de mise en œuvre de la Résolution N°28, le secrétaire général du Parti et président Tô Lâm a demandé de "définir clairement les priorités du renouvellement, de faire de l’organisation de la mise en œuvre le maillon décisif et de prendre les résultats concrets comme critère de mesure".

La Résolution N°28 a pour objectif général d’apporter des changements forts et substantiels dans le renouvellement du mode de direction du Parti à l’égard du système politique ; de renforcer la capacité du Parti à exercer le pouvoir, d’assurer sa direction globale et efficace ; et de transformer profondément les méthodes de travail dans un sens scientifique et démocratique, en restant proches de la réalité.

Le renouvellement du mode de direction du Parti constitue une exigence objective, nécessaire et urgente afin de renforcer la capacité du Parti à exercer le pouvoir, sa capacité de combat et de garantir le fonctionnement efficace du système politique dans la nouvelle ère de développement.

Dans le renouvellement actuel du mode de direction du Parti, nous devons définir clairement quelles sont les priorités, sans mettre en œuvre les actions de manière dispersée et sans direction, mais en choisissant correctement les domaines essentiels et les principaux blocages qui doivent être changés, afin de concentrer les ressources et le temps nécessaires à leur résolution.

Le dirigeant Tô Lâm (centre) souligne que la mise en œuvre doit devenir une responsabilité continue, de l'élaboration des politiques à l'évaluation des résultats. 
Photo : Thông Nhât/VNA/CVN

Selon M. Tô Lâm, le renouvellement doit avoir pour priorité de faire de l’organisation de la mise en œuvre le maillon décisif, afin de remédier à la tendance à sous-estimer la phase d’exécution et de garantir que les résolutions et directives du Parti soient rapidement mises en pratique, au lieu de rester au stade des résolutions.

Aussi bonnes que soient les orientations et les résolutions, si leur mise en œuvre est tardive et si leur application dans la vie réelle n’est pas efficace, elles n’apporteront aucune valeur à la société ni à la population. La capacité à transformer les décisions politiques en réalité constitue la clé déterminant le succès du renouvellement du mode de direction du Parti.

La situation où "les résolutions sont bonnes mais leur mise en œuvre laisse à désirer" n’a toujours pas été efficacement résolue et s’explique par de nombreuses causes. Parmi celles-ci figure le fait qu’une partie des cadres éprouvent des réticences et choisissent une manière d’agir "sûre", en prenant comme critère le fait de "ne pas commettre d’erreur", au lieu de mesurer leur action à son efficacité au service de la population et des entreprises.

Par ailleurs, les contrôles, les incitations au suivi et à l’accélération de la mise en œuvre ainsi que les sanctions contre l’inertie ne sont pas suffisamment fortes.

Prendre les résultats concrets comme critère de mesure signifie que l’évaluation des capacités des organisations, de l’efficacité de la gestion de l’appareil administratif et de la crédibilité des cadres ne doit pas reposer sur les formes, les rapports ou le nombre de résolutions adoptées, mais qu’elle doit se fonder sur les produits concrets, la qualité du travail ainsi que la satisfaction et les avantages apportés à la population.

Prendre les résultats concrets comme critère de mesure constitue un moyen de remédier au formalisme et au décalage entre les paroles et les actes, en garantissant que toutes les orientations, résolutions ou tâches créent une valeur concrète pour la société.

La Résolution N°28 est, en effet, étroitement liée à la Résolution N°26 sur la concentration des efforts sur la constitution d’un corps de cadres à tous les niveaux, notamment au niveau stratégique, disposant des qualités, des capacités et de la crédibilité requises, à la hauteur de leurs missions, adoptée par le Comité central du Parti du XIIe mandat le 19 mai 2018.

Si, dans le renouvellement du mode de direction du Parti, les résultats concrets doivent servir de critère de mesure, l’évaluation des cadres doit également se fonder sur les résultats de l’accomplissement de leurs missions à travers des produits concrets.

Pour remédier à la situation où l’on parle beaucoup mais agit peu, l’une des mesures efficaces consiste à lier les résultats à la responsabilité des cadres selon le principe de "personne clairement identifiée, tâche clairement définie, responsabilité clairement établie, produit clairement défini", en prenant les produits et l’efficacité réelle comme critères les plus importants pour évaluer les capacités des organisations et des individus.

Lorsque la quantification et la vérification des résultats du travail des cadres restent insuffisantes, cela peut facilement conduire à une uniformisation des évaluations, à de la complaisance et à une évaluation qui ne reflète pas correctement la qualité réelle du corps des cadres. Cela s’explique par le fait que de nombreuses agences et unités n’ont pas encore élaboré de système de critères, de normes ou de produits concrets permettant de convertir la productivité du travail en données quantitatives.

L’évaluation repose principalement sur des appréciations générales ; les résultats de l’évaluation revêtent parfois un caractère formel et ne sont pas utilisés de manière cohérente comme fondement essentiel pour la planification des cadres, leur affectation, leur utilisation optimale ou la sélection des cadres peu compétents.

Lorsque les cadres sont évalués à travers des produits concrets, on élimine une vision qualitative et générale, pour passer à une quantification mesurée par des données numériques et la productivité réelle ; on prend les tâches difficiles comme critère de mesure et on évalue les capacités d’exécution à travers les blocages qui ont été levés, les projets complexes qui ont été résolus dans les délais, ainsi que le degré de satisfaction des organisations et de la population et le taux de traitement efficace des dossiers.

Le bilan à mi-parcours de cinq années de mise en œuvre de la Résolution N°28 vise à évaluer objectivement les résultats obtenus, à relever les limites et les insuffisances et à déterminer les orientations et les tâches visant à poursuivre le renouvellement du mode de direction et d’exercice du pouvoir du Parti au cours de la période suivante.

Concernant le projet de bilan à mi-parcours de cinq années de mise en œuvre de la Résolution N°28, M. Tô Lâm a demandé d’évaluer de manière complète et substantielle les résultats de la mise en œuvre, du niveau central au niveau local, tant avant qu’après la réorganisation de l’appareil organisationnel.

Il faut se concentrer sur la clarification de cinq principaux blocages : l’écart entre les orientations du Parti et leur institutionnalisation et leur mise en œuvre reste relativement important ; la frontière entre la direction politique et la gestion de l’État, ainsi qu’entre les compétences collectives et la responsabilité du chef, n’est pas clairement définie dans certains endroits ; la décentralisation et la délégation de pouvoirs ne sont pas synchronisées avec les compétences, les ressources, les données et le contrôle du pouvoir ; les capacités de recherche, de prévision et d’alerte précoce ne répondent pas encore aux exigences ; les données, les retours de la population et les résultats de l’accomplissement des missions ne sont pas utilisés régulièrement dans la direction et l’évaluation.

Concernant le projet de bilan de huit années de mise en œuvre de la Résolution N°26, le dirigeant a conclu que, parallèlement aux résultats obtenus, il subsistait des limites et des insuffisances qui devaient être sérieusement identifiées et auxquelles il fallait s’attacher à remédier.

La qualité et la structure du corps des cadres présentent encore des insuffisances ; les cadres aux capacités remarquables et les experts de haut niveau dans certains domaines stratégiques restent insuffisants ; la qualité du corps des cadres au niveau local présente encore des insuffisances dans certains endroits.

Les capacités de prévision, la pensée stratégique, la gouvernance moderne, la transformation numérique, l’innovation et les capacités de mise en œuvre d’une partie des cadres ne sont pas encore à la hauteur des exigences de la nouvelle situation. L’évaluation des cadres reste un maillon faible et n’a pas encore permis de créer un changement fondamental ; la quantification et la vérification des produits, des résultats et de l’efficacité du travail restent limitées.

VNA/CVN

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