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Jusqu’à présent, 14 patrimoines culturels immatériels du Vietnam ont été inscrits officiellement par l’UNESCO dans la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
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1. Le nha nhac - musique de la cour de Huê

Le "nha nhac" symbolisait l’éternité du pouvoir royal et la prospérité de la dynastie. 
Photo : BDV/CVN

Le nha nhac, musique de la cour de Huê, est considéré comme la musique de la dynastie des Nguyên (1802-1945). Le nha nhac était joué lors des cérémonies importantes de la cour, comme les rituels Nam Giao, Xa Tac, la cérémonie du couronnement, les félicitations pour la longévité du roi et les cérémonies de réception des ambassadeurs.

Le nha nhac est un genre musical royal avec des paroles précieuses accompagnées de danses fastueuses. Elle symbolisait l’éternité du pouvoir royal et la prospérité de la dynastie, c’est pourquoi les dynasties monarchiques ont toujours fait grand cas de cette forme musicale. Selon les annales historiques, cette musique est née sous la dynastie des Ly (1010-1225) et a prospéré jusqu’à la dynastie des Nguyên (1802-1945), la dernière de l’histoire féodale du Vietnam. Le nha nhac des Nguyên a été appelé "musique de cour de Huê", car cette dynastie a fixé sa capitale à Huê où elle est restée pendant 143 ans, jusqu’à sa chute en 1945.

Le 7 novembre 2013, cet art a été reconnu par l’UNESCO comme patrimoine oral et immatériel de l’humanité.

L’UNESCO a notamment déclaré : "Le +nha nhac+ est un art musical raffiné... Parmi tous les genres de musique traditionnelle vietnamienne, le +nha nhac+ a atteint une dimension nationale. Il existe depuis le XIe siècle. Sous le règne des Nguyên, elle a atteint son niveau le plus élevé".

Aujourd’hui, la musique de cour de Huê n’est pas seulement un trésor précieux de la nation vietnamienne, mais aussi un patrimoine de l’humanité. Nul doute que cet art sera préservé de manière efficace. Ensemble avec les autres patrimoines culturels et naturels au Vietnam, elle contribuera à affirmer la position du pays dans la région et dans le monde.

2. L’espace de la culture des gongs du Tây Nguyên

Les gongs, le son du Tây Nguyên.
Photo : Hoc Phuoc/VNA/CVN

L’espace de la culture des gongs du Tây Nguyên s’étend sur les cinq provinces des hauts plateaux du Centre (Tây Nguyên) que sont Dak Lak, Dak Nông, Gia Lai, Kon Tum et Lâm Dông, et concerne les ethnies Ba Na, Co ho, Ê dê, M’nông, Xê Dang…

Liés étroitement à la vie des habitants de cette région, les gongs leur servent aussi de moyens de communication au sein de la communauté. Ils sont en ce sens considérés comme des instruments sacrés.

Depuis que "l’espace de la culture des gongs" a été inscrit en 2008 par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (originellement proclamé en 2005), sa préservation a obtenu des résultats encourageants, notamment à Lâm Dông. Cette province concentre ses efforts sur l’équipement de gongs, la restauration et l’enseignement de leurs airs traditionnels dans toutes les maisons de la culture. En outre, elle cherche à relancer chaque année deux à quatre fêtes traditionnelles pour maintenir l’espace de représentation des gongs.

3. Le quan ho - chant alterné de la province de Bac Ninh

Une représentation de "quan ho" (chant alterné) dans la pagode Thây, à Hanoï.
Photo: HNM/CVN

Le quan ho (chant alterné) est un des symboles de la culture de la contrée de Kinh Bac ainsi que du village de Diêm dépendant du hameau de Viêm Xa, la commune de Hoà Long, ville de Bac Ninh, province septentrionale éponyme.

Ce chant est constitué de couplets interprétés en alternance par deux femmes d’un village qui chantent à l’unisson et auxquelles deux hommes d’un autre village répondent avec des mélodies similaires mais avec des paroles différentes. Les femmes portent traditionnellement des grands chapeaux ronds et des écharpes typiques, tandis que le costume des hommes se compose notamment d’un turban, d’un parapluie et d’une tunique.

Cet art populaire a été reconnu par l’UNESCO comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2009.

4. Le ca trù  - chant des courtisanes

Le "ca trù" a été inscrit en 2009 dans la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.
Photo : VNA/CVN

Le ca trù est une forme complexe de poésie chantée que l’on trouve dans le Nord du Vietnam et qui utilise des paroles écrites selon des formes poétiques vietnamiennes traditionnelles. Les groupes de ca trù sont composés de trois personnes : une chanteuse qui utilise des techniques respiratoires et le vibrato pour produire des ornementations sonores uniques, tout en jouant des claquettes ou en frappant sur une boîte en bois ; et deux instrumentistes qui l’accompagnent de la sonorité profonde d’un luth à trois cordes et du rythme énergique d’un tambour d’éloge. Certaines représentations de ca trù comprennent également de la danse.

Les diverses formes de ca trù remplissent des fonctions sociales différentes : on distingue notamment les chants de dévotion, les chants de divertissement, les chants interprétés dans les palais royaux et ceux interprétés lors des concours de chant). Le ca trù possède cinquante-six formes musicales ou mélodies différentes, chacune appelée thể cách. Des artistes populaires transmettent la musique et les poèmes qui composent le ca trù par transmission orale et technique, autrefois au sein de la famille, mais aujourd’hui à toute personne qui souhaite apprendre.

En 2009, année où l’UNESCO a inscrit cet art sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente.

5. Les fêtes Giong des temples de Phu Dông et de Soc Son, à Hanoï

La fête Giong du Temple de Phu Dông, à Hanoï.
Photo : Thành Dat/VNA/CVN

Les fêtes Giong du Temple de Phu Dông (commune de Phu Dông, district de Gia Lâm) et du Temple de Soc (commune de Phu Linh, district de Soc Son), qui tombent respectivement le 9e jour du 4e mois lunaire et le 6e jour du 1er mois lunaire, célèbrent le héros légendaire qu’est le Génie Giong, l’un des quatre Immortels du peuple vietnamien. C’est la deuxième plus grande fête populaire au Vietnam, après celle des rois Hùng à Phú Tho.

Thanh Giong, ou Génie Giong, est né à Phu Dông. Après avoir bouté hors du pays les envahisseurs Ân (sous la dynastie des Shang en Chine au XVIIIe siècle av. J.-C., vers 1025 av. J.-C.), il monta sur son destrier de fer au sommet d’une colline d’où il s’envola.

Selon la légende, c’est à Soc Son que le Génie Giong se reposa avant de rejoindre définitivement les cieux. Ces fêtes, lors desquelles on reconstitue en grandeur nature l’épopée du héros, sont organisées chaque année. Les préparatifs débutent des mois à l’avance.

Les fêtes Giong des temples de Phu Dông et de Soc Son du Vietnam ont été reconnues en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité lors de la 5e réunion du Comité intergouvernemental de l’UNESCO, qui a eu lieu le 16 novembre 2010 à Nairobi, Kenya.

6. Le xoan de la province de Phu Tho

Le xoan de la province de Phu Tho (Nord) a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO le 24 novembre 2011.
Photo : VNA/CVN

Le xoan, chant alterné de la province de Phu Tho (Nord), terre des rois Hùng, fondateurs de la nation, a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO le 24 novembre 2011.

Le xoan ou encore chant "cua dinh" (chant à  l’entrée de la maison communale) est un art du spectacle, lié à des rites et à des croyances, combinés à des chants d’amour alternés entre hommes et femmes.

À l’arrivée du printemps, à l’occasion du Nouvel An ou lors des fêtes de village, artistes et amateurs chantaient pour honorer les rois fondateurs Hùng, les génies tutélaires des villages, la nature, la vie et le travail. Au-delà de leur chant se dégageait aussi leur aspiration à bénéficier d’un temps clément pour les cultures ainsi que d’abondantes récoltes.

7. Le culte des rois Hùng, trésor spirituel des Vietnamiens

Le culte des rois Hùng se tient chaque année au 10jour du 3e mois lunaire.
Photo : VNA/CVN

Le culte des rois Hùng (rois fondateurs du pays) dans la province de Phu Tho (Nord) a été inscrit le 6 décembre 2012 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, lors de 7e réunion du Comité intergouvernemental de la protection du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, tenue à Paris.

La Fête commémorative de ces fondateurs du pays se tient chaque année au 10e jour du 3e mois lunaire.

Le culte s’est développé pendant une longue période avant d’être officiellement célébré par la dynastie des Lê postérieurs (1428-1788). Chaque année, des millions de pèlerins se rendent au Temple des rois Hùng situés sur le mont Nghia Linh, dans la province de Phu Tho, à 80 km de Hanoï, afin d’y commémorer leurs ancêtres et de prier pour la chance et la santé.

La cérémonie la plus imposante, la fête ancestrale de commémoration des rois Hùng, est célébrée pendant près d’une semaine au début du troisième mois lunaire. Les villageois des alentours revêtent de splendides costumes et participent à une compétition du plus beau palanquin et des objets cultuels les plus précieux pour le rite principal, pour lequel ils vont au temple principal en procession avec tambours et gongs.

Chaque année, la Fête commémorative des rois Hùng attire quatre millions de visiteurs, selon les statistiques du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme.

8. Le don ca tài tu, art noble du Sud

Le don ca tài tu, art noble du Sud.
Photo : VNA/CVN

Depuis longtemps, le don ca tài tu (musique des amateurs) dans le Sud du Vietnam est ancré dans la vie culturelle et spirituelle des gens du Sud. Le 5 décembre 2013, l’art du don ca tài tu a été officiellement reconnu comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité. C’est aussi la première fois qu’une forme de musique folklorique traditionnelle du Sud est reconnue comme un patrimoine mondial.

Selon les chercheurs, le Don ca tài tu est apparu à la fin du XIXe siècle. Il est issu de la musique de cour de Huê. Cet art musical est pratiqué dans les fêtes, dans les jardins de vergers, sur les bateaux, lors des mariages, des funérailles et anniversaires de la mort.

9. Les chants folkloriques vi et giam des provinces de Nghê An et Hà Tinh

Une représentation de "dân ca vi giam".
Photo : ST/CVN

Le 27 novembre 2014, à Paris (France), les chants folkloriques vi et giam des provinces de Nghê An et Hà Tinh (Centre) a été officiellement reconnu patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Il s’agit du neuvième patrimoine culturel immatériel du Vietnam honoré sur la scène internationale.

10. Les rituels et le jeu de tir à la corde

Le jeu de tir à la corde favorise la solidarité sociale, le divertissement et marque le commencement d’un nouveau cycle agricole.
Photo : TQ/CVN

Les rituels et jeux de tir à la corde au Vietnam, au Cambodge, en République de Corée et aux Philippines ont été inscrits sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, lors de la 10e session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, qui a lieu du 30 novembre au 4 décembre 2015 à Windhoek, en Namibie.

Les rituels et jeux de tir à la corde dans les cultures rizicoles d’Asie de l’Est et du Sud-Est sont pratiqués au sein des communautés pour assurer des récoltes abondantes et la prospérité. Ils favorisent la solidarité sociale, le divertissement et marquent le commencement d’un nouveau cycle agricole. De nombreux rituels et jeux ont aussi une profonde signification religieuse.

11. Les pratiques liées à la croyance viêt en les déesses-mères des Trois mondes

Le culte des Déesses-Mères intègre de la musique et des danses. 
Photo : VNA/CVN

Le culte des Déesses-Mères a été reconnu patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’UNESCO le 1er décembre 2016.

Cette cérémonie de culte des Déesses-Mères, une croyance purement vietnamienne, date des IIe-IIIe siècles avant J.-C. Un rite qui prend sa source dans la coutume de culte de la Déesse du riz et de la Déesse-Mère (époque du matriarcat). Selon les historiens, du fait que leur existence était sous la dépendance des éléments naturels, les Vietnamiens d’antan vénéraient les esprits capables de les protéger, regroupés sous le vocable de "Déesses-Mères". Celles-ci géraient chacune une sphère de l’Univers : le Ciel, la Terre, les Eaux, les Forêts et Montagnes.

Au panthéon vietnamien figurent quatre Déesses-Mères dirigeant l’Univers : celle du Ciel (Mâu thuong thiên), celle de la Terre (Mâu Dia), celle des Eaux (Mâu Thuy), celle des Forêts et Montagnes (Mâu Thuong Ngàn). Nombreuses sont les légendes qui racontent la naissance et l’existence mystérieuses de ces divinités.

Né dans le Nord du pays, le culte des Déesses-Mères a essaimé dans de nombreuses localités du Centre et du Sud. On dénombre plus de 7.000 lieux de culte, notamment dans le Nord (provinces de Lang Son, Hanoï, Nam Dinh, Thanh Hoa...).  Lors des fêtes traditionnelles, les pèlerins prient pour la chance, la richesse, la paix et la prospérité

12. Le bài choi, un art fascinant du Centre du Vietnam

Une representation du "bài choi"  à Quang Tri (Centre). 
Photo : VNA/CVN

Né dans la province de Binh Dinh, le bài choi qui est une forme artistique très variée associant musique, poésie, théâtre, peinture et littérature, est très épandu dans l’ensemble de la région Centre. Le bài choi a été inscrit le 7 décembre 2017 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

13. Les pratiques du then par les groupes ethniques des ethnies Tày, Nùng et Thaï

Le then, une pratique rituelle essentielle de la vie spirituelle des ethnies Tày, Nùng et Thaï au Vietnam.
Photo : VNA/CVN

Les pratiques du then par les groupes ethniques Tày, Nùng et Thaï au Vietnam, ont été inscrites sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, lors de la 14e session du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui s’est tenue le 12 décembre 2019 à Bogota, en Colombie.

Pratique rituelle essentielle de la vie spirituelle des ethnies Tày, Nùng et Thaï au Vietnam, le then reflète des concepts relatifs aux êtres humains, à la nature et à l’univers.

Les cérémonies du then décrivent un voyage au cours duquel le maître then (homme ou femme) guide les soldats fantômes dans leur trajet du royaume terrestre au royaume des cieux afin d’offrir des objets religieux et de prier pour la paix, la guérison, les récoltes, une bonne année, etc.

14. La danse xòe des Thaï

Pour les Thaï, la "xòe" est aussi indispensable que la nourriture et l’eau qu’ils consomment au quotidien.
Photo : VNA/CVN

Le 15 décembre 2021, le Comité intergouvermental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO inscrivait la danse xoè du peuple Thaï du Vietnam sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Après l’émotion et la fierté, les Thaï qui peuplent le Nord-Ouest du Vietnam prennent conscience de la responsabilité qui leur échoit, de perpétuer la tradition ancestrale.

En langue thaï, xoè signifie danse : une danse collective, en l’occurrence, avec des mouvements simples qui symbolisent les activités humaines dans le rituel, la culture et le travail. Il existe trois types de xoè qui sont la xoè rituelle, la xoè en cercle et la xoè de présentation. Pour les Thaï, la xòe est aussi indispensable que la nourriture et l’eau qu’ils consomment au quotidien.

VNA/CVN

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