>> Vietnam Security Summit 2026 : se préparer au monde post-quantique et post-IA
>> "Vietnam Security Summit 2026” : renforcer la protection des données personnelles
![]() |
| Près de 85% des cyberattaques actuelles bénéficieraient du soutien de l’IA. |
| Photo : CTV/CVN |
L’intelligence artificielle (IA) ouvre des perspectives inédites en matière d’optimisation des opérations et d’amélioration de la productivité. Mais cette technologie est également exploitée par les cybercriminels, dont les méthodes deviennent de plus en plus sophistiquées.
En 2024, près d’un demi-million de cyberattaques ont visé dans le monde des organisations détenant d’importants volumes de données. Les attaques par rançongiciel ont notamment progressé de 250%. Au Vietnam, quelque 552.000 cyberattaques ont été recensées en 2025, illustrant l’intensification rapide des menaces numériques.
Selon le Dr. Lê Minh Nghia, président de l'Association vietnamienne des consultants financiers (VFCA), l’IA est devenue un moteur essentiel de la transformation du secteur financier. Au Vietnam, elle est désormais utilisée dans l’analyse de crédit, l’identification électronique des clients (eKYC), la gestion des risques, la personnalisation des services et le traitement des transactions en temps réel. Toutefois, la valeur croissante des données s’accompagne d’une hausse exponentielle des risques. Les données financières, véritable système circulatoire de l’économie, sont aujourd’hui la cible privilégiée de la cybercriminalité.
Près de 85% des cyberattaques actuelles bénéficieraient du soutien de l’IA. Selon le sous-colonel Nguyên Dinh Dô Thi, du Département de la cybersécurité et de la lutte contre la criminalité liée aux hautes technologies du ministère vietnamien de la Police, ces outils permettent d’automatiser la recherche de failles, de concevoir des scénarios d’escroquerie personnalisés et même d’usurper des identités avec un réalisme saisissant.
![]() |
La technologie des deepfakes constitue l’une des menaces les plus préoccupantes. Quelques minutes d’images et d’enregistrements vocaux suffisent désormais pour produire de fausses vidéos imitant des proches, des policiers, des employés de banque ou des dirigeants d’entreprise afin de manipuler les victimes. Les arnaques se diversifient : usurpation d’identité d’organismes publics, faux investissements dans le Forex ou les cryptomonnaies, escroqueries sentimentales, sextorsion ou attaques visant les actifs numériques.
Les données personnelles sont devenues une véritable marchandise clandestine. Au cours des trois dernières années, les autorités ont détecté plus de 30 affaires de vol ou de vente illégale de données impliquant environ 160 millions d’enregistrements. Les objets connectés, tels que les caméras de surveillance, les téléviseurs intelligents ou les serrures électroniques, constituent également des cibles privilégiées.
À l’échelle mondiale, près de trois millions de personnes seraient victimes de la cybercriminalité chaque minute. Les pertes financières associées ont atteint environ 10.000 milliards de dollars en 2025, faisant de ce phénomène l’une des principales menaces pour la stabilité économique mondiale. Au Vietnam, les dommages se chiffrent déjà à plusieurs centaines de milliers de milliards de dôngs.
Face à cette situation, les autorités vietnamiennes soulignent que le cadre juridique n’a pas vocation à entraver la circulation des données. Les entreprises peuvent continuer à transférer des données à l’étranger, à condition de respecter les obligations de protection prévues par la loi. Les exigences relatives à l’évaluation de l’impact des traitements de données constituent notamment un outil essentiel pour encadrer les plateformes transfrontalières exploitant les données des utilisateurs vietnamiens.
Pour faire face à des menaces toujours plus complexes, les experts plaident pour une approche fondée sur la "sécurité dès la conception" plutôt que sur la simple réaction aux incidents. Ils estiment que le Vietnam doit renforcer simultanément trois piliers : la technologie, le cadre institutionnel et les ressources humaines. Les entreprises doivent investir de manière proactive dans des solutions de cybersécurité avancées, renforcer la normalisation des données et améliorer leurs capacités de réponse aux incidents. De son côté, l’État est appelé à poursuivre le perfectionnement du cadre juridique afin de maîtriser les risques tout en favorisant l’innovation. Plus important encore, chaque utilisateur doit développer une meilleure culture de protection des données personnelles et apprendre à identifier les risques présents dans le cyberespace.
VNA/CVN



