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| La 2e plénière de l'AFF 2026 intitulée “Promotion des initiatives en matière de prévention des conflits”, le 9 juin. |
Face à un paysage sécuritaire régional de plus en plus complexe, la question n'est plus de savoir s'il faut actualiser les mécanismes existants, mais plutôt de déterminer de quels nouveaux modes de pensée et initiatives l'ASEAN a besoin pour devancer les conflits.
Ont participé à l'événement Gillian Bird, ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire d'Australie au Vietnam ; Izumi Nakamitsu, sous-secrétaire générale des Nations unies et haute-représentante pour les affaires de désarmement ; Isidro L. Purisima, secrétaire d'État permanent du Bureau du conseiller présidentiel pour la paix, la réconciliation et l'unité des Philippines ; le Dr. Chem Widhya, secrétaire général de l'Assemblée parlementaire de l'ASEAN (AIPA) ; Wang Zhiquan, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, chef de la mission de la Chine auprès de l'ASEAN, ainsi que de nombreux experts et chercheurs.
Les intervenants se sont également penchés sur les initiatives susceptibles d'aider l'ASEAN à renforcer concrètement ses capacités de prévention des conflits, tout en mettant en lumière le rôle des partenaires dans le soutien à la stabilité régionale.
Prévenir les conflits en précoce
Ouvrant le débat, l'ambassadrice Gillian Bird a estimé que, face à un environnement stratégique régional et international de plus en plus complexe, la prévention des conflits et la réduction des risques devenaient le point central de nombreuses discussions mondiales.
Selon elle, de nombreuses crises ne découlent pas seulement de divergences d'intérêts, mais aussi d'un manque de canaux de communication suffisamment fiables, d'un déficit d'espaces pour désamorcer les tensions et de l'absence de mécanismes capables de transformer la confrontation en dialogue. Par conséquent, l'ASEAN doit se montrer plus proactive dans l'identification précoce des risques de conflit, au lieu de se concentrer uniquement sur la gestion des crises une fois qu'elles ont éclaté.
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| L’ambassadrice d’Australie au Vietnam, Gillian Bird, anime le débat. |
L'ambassadrice d'Australie a souligné que les États devaient intensifier leurs investissements dans les outils d'alerte précoce, les mécanismes de dialogue et les institutions régionales fondées sur le droit, afin de préserver la paix, la stabilité et le rôle central de l'ASEAN sur le long terme.
Izumi Nakamitsu, sous-secrétaire générale des Nations unies et haute-représentante pour les affaires de désarmement, a soutenu que l'objectif fondamental de la prévention des conflits était de créer des options diplomatiques flexibles avant que les tensions ne s'intensifient.
Selon elle, l'ASEAN doit combler le fossé entre "l'alerte précoce" et "l'action précoce" à travers des mécanismes de surveillance des risques régionaux, un partage accru d'informations, le renforcement de la confiance et la coordination dans les domaines de la sécurité maritime, de la cybersécurité ou face aux défis non traditionnels.
"L'expérience de l'ASEAN montre que les avancées durables sont souvent issues d'initiatives concrètes, progressives et fondées sur le consensus", a souligné Mme Izumi Nakamitsu.
Le rôle de la diplomatie et du dialogue
Dans son message vidéo, Éléonore Caroit, ministre chargée de la Francophonie, des Relations de partenariat international et des Français de l'étranger, a estimé que la communauté internationale ne prêtait souvent attention qu'aux conflits déjà déclarés, sans évaluer à sa juste valeur le rôle de la diplomatie et du dialogue dans la prévention précoce des conflits.
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| Un délégué pose la question aux intervenants. |
Rappelant les propos du secrétaire général et président de la République, Tô Lâm, lors du Dialogue de Shangri-La, elle a souligné l'importance de maintenir des "issues diplomatiques", notamment les canaux de consultation, les initiatives de renforcement de la confiance et les forums d'échange, afin d'aider les parties à bien comprendre leurs positions mutuelles avant que les tensions ne s'intensifient.
En conclusion de la séance de débat, les intervenants ont estimé que, face à un environnement sécuritaire régional et international en constante et complexe évolution, l'ASEAN se devait de passer d'une posture de gestion de crise passive à une prévention proactive des conflits. Elle doit, en parallèle, consolider la confiance stratégique, renforcer ses capacités internes et exploiter pleinement l'efficacité des mécanismes de coopération existants. Selon les experts, le maintien du dialogue, la promotion d'une coopération concrète et la préservation de son rôle central constitueront les facteurs clés permettant à l'ASEAN de continuer à s'affirmer comme le pilier de la stabilité régionale au cœur d'une rivalité stratégique croissante.
Texte et photos : Bùi Phuong/CVN






