Près de 3.000 morts au Venezuela dans le double séisme

Le double tremblement de terre qui a dévasté le Nord du Venezuela a fait près de 3.000 morts, selon les chiffres officiels publiés samedi 4 juillet , alors que les équipes de secours internationales cessent progressivement la recherche de survivants dans les décombres.

>> Au Venezuela, huit jours après le double séisme, les derniers signes de vie

>> Au Venezuela, fast-food et gare routière se muent en hôpitaux de campagne

>> Séisme au Venezuela : les secouristes vietnamiens extraient 15 nouveaux corps des décombres

Près de 200 bâtiments se sont complètement effondrés à la suite des séismes qui ont notamment frappé La Guaira et la capitale Caracas.
Photo : VNA/CVN

À La Guaira, épicentre de la catastrophe à quarante kilomètres au nord de la capitale Caracas, de nombreux immeubles entiers ont été aplatis comme des mille-feuilles le 24 juin. De nombreux sinistrés sont toujours à la rue ou s'abritent de façon précaire dans des parcs, sans perspective.

"On continue à travailler, à retrouver des corps, on continue", assure à l'AFP Francisco Sasquia, sauveteur bénévole et traducteur de 38 ans, devant l'Ocean Beach, un immeuble du quartier de Playa Grande. Des engins achèvent de jeter à terre des structures déjà effondrées, dégagent les dalles des immeubles.

"Nous pensons encore que nous allons trouver des personnes en vie, nous ne perdons pas espoir", ajoute-t-il tandis que des brigades vietnamiennes et mexicaines venus participer aux efforts quittent les lieux.

Au moins 2.954 personnes ont été tuées et 16.592 blessées dans le double séisme, l'un des plus puissants et dévastateurs d'Amérique latine, selon un bilan toujours provisoire donné par le ministère vénézuélien des Communications.

Plus de 16.000 personnes sont sans logement et 856 bâtiments sont sinistrés, a également indiqué le ministère des Communications.

Des secouristes de l'armée mexicaine recherchent des personnes piégées dans des bâtiments effondrés après les séismes qui ont frappé La Guaira, au Venezuela, le dimanche 28 juin. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Les deux séismes se sont produits à 39 secondes d'intervalle et ont principalement touché le nord du Venezuela, plongeant le pays dans le deuil et le désespoir de ne pas retrouver des proches, vivants ou morts.

Dans les rues de La Guaira, les secouristes étrangers engagés dans les recherches se font de plus en plus rares.

Des brigades venues des États-Unis, du Chili et d'autres pays commencent à préparer le départ. Parmi elles, des sauveteurs des pompiers du comté de Los Angeles ainsi que des équipes de Floride et de Virginie, ont précisé leurs membres à l'AFP. La fenêtre pour retrouver des survivants dans ce type de catastrophe se referme au bout de 72 heures, soit trois jours.

Jeudi, des secouristes ont pourtant sauvé un homme enseveli durant huit jours sous les ruines, une lueur de joie au milieu de la tragédie. Caracas a aussi été touchée: des bâtiments se sont écroulés, mais les dégâts sont de loin bien moindres qu'à La Guaira.

D'après le Service géologique des Etats-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort depuis 1900 à avoir frappé le Venezuela, pays de près de 30 millions d'habitants à l'économie en crise.

"Solidarité"

Samedi 4 juillet , la présidente par intérim Delcy Rodríguez a décoré des sauveteurs venus du Royaume-Uni, du Qatar, de France, d'Inde, de la Barbade, du Brésil et d'Argentine. Elle a même remis des médailles à des chiens pisteurs.

"C'est la solidarité universelle qui doit inspirer les peuples du monde", a-t-elle déclaré lors de la cérémonie.

Les secouristes vietnamiens poursuivent leurs recherches de victimes sous les décombres.
Photo : VNA/CVN

Elle a également indiqué être "en contact" avec certains pays qui "vont contribuer à la remise en état" de l'aéroport de Maiquetia, tout en promettant qu'un plan sera prêt la semaine prochaine, sans donner plus de détails.

Cet aéroport international situé à La Guaira et desservant la capitale Caracas a été fermé en raison de dégâts causés par les tremblements de terre. Il a toutefois été partiellement rouvert pour accueillir des vols humanitaires.

La dirigeante, à la tête du Venezuela depuis la capture de l'ex-président Nicolas Maduro par les Etats-Unis en janvier, est critiquée pour l'insuffisance de secouristes et de matériel jusqu'à l'arrivée des brigades internationales.

À Caraballeda, dans l'Etat de La Guaira, des centaines de familles modestes vivaient dans des complexes résidentiels de 12 étages, connus sous le nom d'OPP 26 et 27 (Oeuvres du Pouvoir populaire).

Ils ne sont plus que des montagnes de décombres au milieu desquelles des volontaires, épuisés, s'acharnent à récupérer les corps de familles décimées.

"C'est un film d'horreur, nous avons échappé à la guerre, mais pas à la nature", lance Celida Sequera, une volontaire de 43 ans, le visage et les vêtements couverts de terre. Cette femme au foyer accompagne depuis huit jours un ami qui a tout perdu. Sa femme et ses trois enfants de 6, 10 et 12 ans étaient allongés sur un lit lorsqu'un mur leur est tombé dessus, dit-elle. La famille vient enfin d'être localisée.

Le gouvernement n'a pas communiqué de chiffres sur les disparus mais l'ONU estime qu'ils pourraient être jusqu'à 50.000.

AFP/VNA/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top