>> Valoriser les plantes médicinales dans le traitement des maladies
>> Vietnam et Algérie renforcent leur coopération dans le domaine pharmaceutique
>> Plantes médicinales : An Giang construit une filière verte et innovante
![]() |
| Imexpharm possède le plus grand nombre de lignes de production EU-GMP au Vietnam. |
| Photo : Imexpharm/CVN |
Pendant de nombreuses décennies, la position d’une entreprise pharmaceutique était généralement définie par sa capitalisation, le nombre de ses usines, son portefeuille de médicaments génériques ou encore le respect des normes internationales de production. Toutefois, au-delà de ces facteurs de compétitivité traditionnels, l’industrie pharmaceutique mondiale connaît aujourd’hui un déplacement marqué vers des segments à plus forte valeur ajoutée, tels que les médicaments de haute technologie, les produits biologiques, les biosimilaires et les solutions thérapeutiques nécessitant un investissement important en recherche et développement (R&D).
Profils en pleine mutation
Cette évolution représente une transformation globale de toute la chaîne de valeur. Lorsque le portefeuille de produits change, l’ensemble des étapes - de la recherche, du développement des formulations, du contrôle qualité jusqu’à la production, la distribution et la commercialisation - doit fonctionner selon des normes plus exigeantes. Et lorsque la chaîne de valeur évolue, les exigences en matière de ressources humaines doivent elles aussi s’adapter afin de suivre le rythme de cette transition.
Tel était également le message central du séminaire scientifique intitulé “Compétences pharmaceutiques à l’ère numérique : opportunités d’emploi dans la production, la qualité et le commerce”, tenu le 21 mai dernier à la Faculté de pharmacie de l’Université de médecine et de pharmacie de Cân Tho (Sud). Organisé par l’université avec le soutien de la Société par actions pharmaceutique Imexpharm, cet événement ne s’est pas limité à une orientation professionnelle : il a également offert aux experts du secteur de la santé, aux entreprises et aux futurs pharmaciens l’occasion de réévaluer les exigences en matière de compétences dans le nouvel écosystème pharmaceutique. Dans ce contexte, technologies et capital humain doivent aller de pair afin de produire des solutions plus efficaces pour la santé publique.
“Dans un environnement marqué par des avancées technologiques rapides et des transformations constantes du secteur pharmaceutique, l’essentiel pour les apprenants n’est plus seulement la quantité de connaissances acquises, mais leur capacité à apprendre de manière autonome et à s’adapter”, a souligné le Pr.associé-Dr. Dô Châu Minh Vinh Tho, vice-doyen de la Faculté de pharmacie de l’Université de médecine et de pharmacie de Cân Tho.
Orientations stratégiques
C’est également une réalité du côté des entreprises, où les besoins en ressources humaines ne se limitent plus aux compétences fondamentales, mais s’étendent à la capacité de travailler dans des environnements intégrant les technologies, d’exploiter les données, de s’adapter à l’intelligence artificielle (IA) et de développer une pensée interdisciplinaire.
![]() |
| Enseignant et étudiantes de l’Université de médecine et de pharmacie de Cân Tho en séance de travaux pratiques. |
| Photo : CTV/CVN |
“L’IA deviendra bientôt une composante incontournable du travail et de la vie quotidienne. Toutefois, la compétence clé ne réside pas dans la dépendance à la technologie, mais dans la capacité à l’utiliser de manière efficace et responsable. L’IA est très intelligente, mais ne la vénérez pas ; faites-en un assistant virtuel performant au service de vos propres objectifs”, a insisté le Dr. Nguyên Vinh Luân, directeur des ressources humaines d’Imexpharm.
Tout en s’engageant dans les segments des produits pharmaceutiques de haute technologie, Imexpharm ne considère pas la transformation uniquement sous l’angle des produits ou des technologies, mais intègre également les ressources humaines dans sa stratégie à long terme.
À mesure que l’écart entre les connaissances académiques et les exigences du terrain se réduit, les entreprises deviennent elles-mêmes un maillon essentiel dans la formation d’une nouvelle génération de professionnels du secteur pharmaceutique.
Cette orientation s’inscrit également dans la Stratégie nationale de protection, de soins et d’amélioration de la santé de la population d’ici 2030, avec vision à l’horizon 2045, selon la Décision N°89 datée du 23 janvier 2024 du Premier ministre, dans laquelle les ressources humaines en santé sont identifiées comme “un pilier fondamental du développement durable du secteur“.
Parallèlement, les capacités de R&D d’Imexpharm sont renforcées grâce à des partenariats stratégiques internationaux. L’un des éléments les plus marquants est la présence de Livzon, l’une des 25 principales entreprises pharmaceutiques de Chine, disposant d’un portefeuille de produits conformes aux normes de la FDA. Cette coopération constitue un levier stratégique permettant à l’industrie pharmaceutique vietnamienne d’accélérer son accès aux standards internationaux. Par ailleurs, l’application de l’IA contribue à dynamiser les activités de R&D, la recherche clinique et l’optimisation de la production.
Cependant, au cœur de cette chaîne de valeur et de ces nouvelles tendances, l’élément central demeure l’être humain. Selon le Dr. Nguyên Vinh Luân, la technologie peut être acquise, les usines peuvent être construites, mais une main-d’œuvre hautement qualifiée ne peut se former rapidement.
Ainsi, la préparation des compétences relève non seulement des établissements de formation ou des entreprises, mais constitue également un enjeu stratégique pour la compétitivité à long terme du secteur.
Quel que soit le niveau de développement technologique de l’industrie pharmaceutique, l’humain restera le facteur déterminant de la capacité des entreprises.
Nguyên Thành/CVN




