18/07/2021 09:32
Tendance internationale oblige, la numérisation peut actuellement être appliquée dans tous les domaines de la vie moderne. La culture et l’art n’échappent pas à la règle, surtout en cette période de pandémie de COVID-19.
>>Quand les arts passent à la numérisation
>>Le Musée national d'histoire vietnamienne réalise un projet de numérisation
>>Visite en ligne au Musée des beaux-arts du Vietnam
>>Musée virtuel, la nécessaire transformation face au COVID-19

L’interface d’iMuseum, une application sur Internet du Musée des beaux-arts du Vietnam.
Photo : My Anh/CVN

La numérisation est appliquée largement au service de la conservation, de la sauvegarde et de l’exposition des œuvres artistiques. Elle permet également de rendre les connaissances historiques plus vivantes. La visite des musées et sites historiques au Vietnam était jugée banale. Pourtant, elle a beaucoup changé, bon nombre de lieux sont devenus incontournables pour le public, surtout les jeunes.

Se lancer pas-à-pas dans la tendance commune

Depuis 2015, la Maison centrale à Hanoï, également connue sous le nom de prison Hoa Lò, est équipée d’un système d’effets sonores, d’appareils de projection et d’audioguides, permettant de rendre les visites plus vivantes.

En juillet 2020, a été lancé un programme de découverte nocturne du site, grâce à la collaboration des effets sonores et lumineux. Cela aide les visiteurs à mieux comprendre la dure vie des prisonniers, des moments historiques inoubliables mais aussi le régime pénitentiaire rigoureux des colonialistes français que par rapport aux connaissances acquises dans les documents.

Selon Lai Thi Minh Thu, directrice adjointe du Service de recherche et de collection du Comité de gestion de la Maison centrale, l’application de la technologie a personnalisé l’expérience des visiteurs. "La numérisation de ce patrimoine repose sur la mise en service des audioguides. Cet outil contient 35 histoires portant sur des objets exposés, des révolutionnaires qui sont morts dans cette prison", indique-t-elle.

Bùi Hoài Son, directeur de l’Institut national de la culture et des arts, estime que la numérisation du patrimoine culturel est une tendance incontournable, permettant de faciliter la conservation et l’utilisation des documentaires. "Depuis 1997, notre établissement met en œuvre un programme visant à collecter, préserver et promouvoir les valeurs culturelles immatérielles. Ces documents sont très précieux et ce serait un grand dommage si on ne les numérisait pas", partage-t-il. Avant d’ajouter que jusqu’à présent, presque 500 films scientifiques, 10.000 photos et plus de 1.000 documentaires ont été numérisés. "À l’ère 4.0, les datas sont pour nous plus précieux que de l’or", estime-t-il.

La numérisation du patrimoine a permis à l’Institut national de la culture et des arts de mener à bien les dossiers déposés à l’UNESCO afin d’inscrire "Le culte des rois Hùng à Phú Tho", "Les pratiques liées à la croyance en les Déesses-Mères des trois mondes", "Les chants populaires et giam de Nghê Tinh" dans la liste du Patrimoine immatériel de l’humanité.

Les musées s’engagent

Dans le domaine des musées, alors que la numérisation est en plein essor dans les pays développés, le Vietnam a lancé d’ambitieux projets. Depuis deux ans, le Musée des beaux-arts, en coopération avec une société spécialisée dans le logiciel et les applications pour téléphone mobile, propose une application qui permet de saisir les informations de l’objet exposé en scannant le code QR correspondant.

Thai Hoàng Uyên, chargée de gestion du projet, informe : "Lors de la conception de l’application, nous avons bénéficié de l’expertise de grands musées dans le monde, comme The Met Museum aux États-Unis, le Louvre en France, le Rijksmuseum aux Pays-Bas et le Musée national de Singapour. Pour la première phase, nous avons numérisé les 100 œuvres les plus impressionnantes de notre établissement".

Lors de la visite du musée, il suffit de scanner les codes QR pour disposer de documents sonores, de photos de haute qualité, de textes concernant l’objet ainsi que sa position dans le lieu. Aux visiteurs en ligne, on propose un album de ces 100 œuvres avec toutes les informations relatives. "Nous mettons également à disposition une barre de recherche où les visiteurs peuvent saisir des mots pour trouver les informations sur les auteurs, œuvres et matériels utilisés", souligne-t-elle.

La toile "Em Thúy" du célèbre peintre Trân Van Cân est présentée sur l'iMuseum. 
Photo : My Anh/CVN

Depuis début 2020, la pandémie touche tous les pans de la vie. Elle est devenue une angoisse mondiale, faisant de la normalité le luxe : distanciation sociale, fermeture des théâtres, cinémas, musées, etc. Les expositions artistiques ont été reportées voire annulées. Ce contexte a changé l’habitude d’appréciation de la culture et de l’art, qui repose sur le soutien des technologies.

En effet, la numérisation est effectuée depuis des années, bien avant l’apparition du COVID-19. Mais la crise sanitaire a accéléré sa mise en œuvre dans différents domaines. "C’est au début des années 2000 que la numérisation du patrimoine culturel a vu le jour. Mais l’épidémie a accéléré cette mesure de conservation et de présentation de la culture", fait part le peintre Nguyên Thê Son. "Bon nombre de musées et théâtres dans le monde ont créé leurs pages web ou chaînes sur YouTube. Plus que jamais, le public peut facilement avoir accès aux œuvres artistiques", poursuit-il.

Le musée Van Gogh, à Amsterdam, a un espace d’exposition des lieux où le grand peintre a dessiné. Il a recouru au progrès technologique afin d’aider les visiteurs à admirer le tableau Vase avec quinze tournesols comme s’il venait d’être fraîchement peint. Un musée au Japon dispose d’un grand écran où s’affichent différents tableaux. Il suffit d’appuyer sur l’image représentant chaque œuvre pour glaner toutes sortes d’informations la concernant.

Un groupe d’artistes hongrois a établi le premier théâtre virtuel, où des pièces sont diffusées à travers le réseau social Facebook. Une vingtaine de musiciens de l’Orchestre symphonique Phiharmonic Rotterdam aux Pays-Bas se sont produits à domicile, créant une symphonie très intéressante qui a retenu des centaines de milliers de spectateurs.

Il est indéniable que l’écart entre le niveau de numérisation du Vietnam et d’autres nations dans le monde reste important. Et pourtant, comme le pays a fait ses premiers pas dans ce domaine très prometteur, souhaitons que la numérisation du patrimoine culturel national se développe de plus en plus, permettant de mieux conserver les trésors du pays et de les présenter largement dans le monde. 
Mai Quynh/CVN

 

Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Les artistes conjuguent leurs efforts pour préserver le chant xâm

Le sud de Phu Quôc émerge comme un nouveau paradis de villégiature En cette période stressante, trouver un bel espace pour se détendre sera une tendance et le sud de Phu Quoc dans la province de Kiên Giang dans le delta du Mékong, apparait comme une destination idéale pour une "mise au vert" idéale.