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| Thomas Tuchel donne ses consignes à Jude Bellingham (gauche), lors du match du Mondial contre la RD Congo, le 1er juillet à Atlanta. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
La mèche a été allumée par une interview d'après-match du sélectionneur, "pas satisfait" de la "qualité" affichée contre la Norvège (2-1 a.p.), samedi 11 juillet. "On a joué de manière brouillonne, trop prudente, pas assez rapide, pas assez efficace", a listé l'intransigeant Allemand à sa manière, honnête et abrupte.
Etait-ce un simple rappel des hautes exigences fixées par l'entraîneur, auxquelles les joueurs semblent adhérer ? "Peut-être. Ou peut-être qu'il ne sait pas ce que c'est que de jouer dans ces conditions face à Haaland, Odegaard, Nusa et Sorloth", a répliqué le double buteur.
Du haut de ses 23 ans, le milieu offensif du Real Madrid s'est permis ce tacle glissé à l'endroit de Tuchel, entraîneur à succès (Dortmund, PSG, Chelsea, Bayern) certes, mais à la carrière de joueur bien plus modeste, rapidement interrompue par les blessures.
Cette partie de ping-pong médiatique s'inscrit dans une relation mal-née entre ces deux compétiteurs acharnés. En début de mandat, Tuchel a douté de l'altruisme du No10 et il a évoqué son tempérament fougueux avec maladresse, s'excusant après coup d'avoir utilisé le mot "répugnant".
"La stratégie délibérée de Tuchel a consisté à privilégier davantage le bâton que la carotte avec son joueur phare, afin d'essayer de le transformer en un joueur toujours meilleur", a résumé Sky Sports, en décrivant comme "positif, sain", ce nouveau pic de tension.
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| Jude Bellingham, auteur d'un doublé pour l'Angleterre face à la Norvège en quart de finale du Mondial, le 11 juillet à Miami. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
"Une spécialité anglaise"
C'est aussi l'avis exprimé à l'antenne par Gary Neville, ancien joueur emblématique de Manchester United sous Alex Ferguson. À l'époque, "il y avait de fortes personnalités, des egos énormes, et un entraîneur qui, pour être honnête, était un compétiteur féroce, tenace, incroyable. Parfois ça finit par exploser, mais ce n'est pas un problème".
Le quotidien britannique The Guardian, lui, a comparé l'échange entre Tuchel et Bellingham à un renvoi de "grenade", un jeu risqué. "Le dernier épisode de Thomas contre Jude n'a pas besoin de virer au spectacle, et l'équipe ne peut pas se permettre d'être distraite à l'approche de la demi-finale de Coupe du monde".
Pourtant, il est clair que la réponse acide de Bellingham à son sélectionneur a alimenté la machine à débats, en Angleterre et jusqu'à Kansas City, où les Three Lions ont préparé leur duel contre l'Argentine.
En bon capitaine, le toujours très mesuré Harry Kane a sorti la lance à incendie devant la caméra de la BBC, lundi 13 juillet.
Il a remis dans le contexte l'entretien réalisé par son coéquipier, venu "cinq minutes après le coup de sifflet final", après une "bataille" épuisante contre la Norvège, sans savoir "vraiment ce qui avait été dit. Qu'est-ce que vous voulez que Jude réponde ?".
"C'est facile d'essayer de créer de la division ; ça semble être une spécialité anglaise lors de ces grandes compétitions", a relevé le buteur du Bayern Munich, offensif. "Mais c'est tout l'inverse. Le groupe en est là où il est grâce à notre unité totale; pas seulement les joueurs, mais aussi le coach et le staff", a-t-il assuré.
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| Le sélectionneur de l'Angleterre, Thomas Tuchel, lors du quart de finale du Mondial face à la Norvège, le 11 juillet à Miami. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Véritable diplomate, il n'a pas non plus manqué d'applaudir la spontanéité et la franchise du sélectionneur : "quand il parle, ce n'est jamais préparé à l'avance. (...) Quand ça vient naturellement, tu y crois, tu crois en ce qu'il dit, tu crois en son approche. C'est l'un des meilleurs entraîneurs du monde, ce n'est pas un hasard".
Une chose est sûre : Tuchel et Bellingham n'ont plus qu'un match à gagner pour offrir à l'Angleterre une finale de Coupe du monde, la deuxième seulement après celle remportée en 1966 sous Alf Ramsey.
AFP/VNA/CVN





