Marchés mondiaux : le taux à dix ans américain au plus haut depuis 2007, les Bourses reculent

Les taux d'intérêt des dettes souveraines continuent de grimper mardi 15 septembre, le taux à dix ans américain atteignant même son plus haut niveau depuis 19 ans, sur fond de pressions inflationnistes croissantes avant la réunion de la Réserve fédérale américaine mardi 15 et mercredi 16 septembre.

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Traders sur le parquet du New York Stock Exchange, le 14 septembre.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le rendement de l'emprunt américain à échéance dix ans atteignait 5,03% vers 7h20 GMT, un niveau inédit depuis juillet 2007 et le début de la crise des subprimes. Lundi 14 septembre, il avait déjà franchi pour la première fois depuis 2023 le cap symbolique des 5%.

En Europe, son équivalent allemand, référence sur le continent, atteignait 3,55%, contre 3,51% lundi soir 14 septembre. Le dix ans français grimpait lui à 4,53%, contre 4,47% la veille.

Ce mouvement est provoqué "par les anticipations d'inflation croissantes des investisseurs", explique Kathleen Brooks, analyste pour XTB.

La flambée continue des cours du pétrole depuis plusieurs jours alimente les craintes d'une montée de l'inflation dans les grandes économies, ce qui provoque ensuite une hausse des taux d'intérêt des dettes souveraines.

Vers 07h20 GMT, le cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, grimpait encore de 1,79% à 107,57 dollars. Celui du baril de WTI nord-américain gagnait 1,84% à 103,26 dollars.

Les Houthis ont infligé ces derniers jours d'importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique pour les navires reliant l'Europe à l'Asie.

Des infrastructures pétrolières de l'Arabie saoudite ont également été visées et par précaution un oléoduc stratégique, principale alternative au détroit d'Ormuz, a été fermé.

Les marchés attendent la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui débute ce mardi 15 septembre. Ils anticipent dans leur grande majorité une hausse des taux, qui serait la première depuis juillet 2023.

Mais certains analystes doutent de la probabilité d'un tel resserrement, alors que le président américain, Donald Trump, multiplie les pressions pour obtenir une baisse des taux.

Le dollar prenait 0,10% face à la monnaie unique européenne, à 1,1537 dollar pour un euro. Suivront dans la semaine les réunions de la Banque d'Angleterre jeudi 17 septembre et de la Banque du Japon vendredi 18 septembre.

Prudence sur les Bourses

Dans ce contexte, c'est la prudence qui domine sur les marchés boursiers. En Europe, dans les premiers échanges vers 7h20 GMT, Paris perdait 0,75%, Londres 0,73%, Francfort 0,51% et Milan 1,35%.

En Asie, Tokyo a fini à l'équilibre (-0,01%), Séoul a cédé 0,85% et Taipei 0,64%.

"L'appétit pour le risque s'est nettement affaibli, sous l'effet conjugué de la hausse des cours du pétrole, de la hausse des rendements obligataires et d'une forte vague de ventes dans le secteur technologique", résume Florian Ielpo, de Lombard Odier.

Les marchés ont été bousculés lundi 14 septembre par la multiplication des appels à ralentir la vitesse de développement de l'intelligence artificielle (IA) venant d'une partie des dirigeants du secteur.

Les entreprises profitant des investissements massifs des géants de la tech dans cette technologie ont nettement reculé lundi 14 septembre, à l'instar des groupes de semi-conducteurs ou des fournisseurs d'infrastructures électriques.

Mardi, le recul se poursuit, dans une moindre mesure. À Paris STMicroelectronics cédait 0,99% et Soitec 1,66%, et à Francfort, Infineon cédait 0,70%. Seul ASML repartait de l'avant, à Amsterdam, prenant 0,59%.

Reste que pour les actions, les prix de l'énergie "demeurent le principal facteur de risque à court terme, surtout si le pétrole se maintient durablement à ses niveaux élevés actuels", explique Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.

"Au-delà de 100 dollars le baril, les effets négatifs sur la consommation, la croissance économique et l'inflation deviennent de plus en plus marqués. Et la situation au Moyen-Orient ne laisse toujours entrevoir aucun apaisement", ajoute-t-il.

AFP/VNA/CVN

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