France
Livret A : un taux d'au moins 3% se profile, du jamais vu depuis 2009

Attendu impatiemment par des dizaines de millions d'épargnants, le nouveau taux du Livret A, applicable au 1er février, est dévoilé vendredi 13 janvier et devrait atteindre, voire dépasser les 3%, contre 2% jusqu'à présent, un niveau jamais égalé depuis 2009, mais toujours nettement inférieur à l'inflation.

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Des livrets A photographiés à Lille (Nord). 
Photo : AFP/VNA/CVN

Cette annonce se fait généralement en deux temps : le gouverneur de la Banque de France propose un taux, suivant une formule prenant en compte l'inflation et les taux interbancaires, auxquels les banques s'échangent de l'argent à court terme, puis le ministre de l’Économie et des Finances le grave dans le marbre. Tout cela devrait intervenir coup sur coup à la mi-journée.

Le taux du livret d'épargne le plus répandu en France, qui était il y a un an à son niveau plancher de 0,5%, a doublé une première fois au 1er février 2022 puis une nouvelle fois au 1er août, pour atteindre 2%.

L'inflation toujours élevée en France - elle a atteint 5,9% en décembre au dernier pointage provisoire de l'Insee - et le relèvement des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) laissent à penser que le résultat du calcul sera autour de 3,2% ou 3,3%, selon Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy, de Galhau évoque depuis quelques semaines une hausse "significative". Mais il a tenu mercredi 11 janvier à tempérer les ardeurs des plus optimistes, en soulignant devant la commission des finances du Sénat que sa recommandation "devrait prendre en compte dans ses quelques possibilités d'ajustement le bon équilibre entre la juste rémunération de l'épargne populaire et la préservation d'un coût de financement raisonnable de notre économie, dont le logement social en particulier".

Une note salée

Les quelque 500 milliards d'euros déposés par les Français sur les livrets A et livrets de développement durable et solidaire (LDDS), dont la majeure partie est centralisée par la Caisse des dépôts, sont destinés à financer le logement social, l'économie sociale et solidaire ou encore les économies d'énergie dans les logements.

Si le relèvement du taux est une bonne nouvelle pour les épargnants, il est donc moins bien vécu par les collectivités territoriales et les acteurs du logement social, dont les prêts auprès de la CDC sont souvent indexés sur ce taux.

La remontée du taux est aussi accueillie froidement par les établissements bancaires qui conservent dans leurs coffres une partie des dépôts. Il pourrait en coûter par exemple autour de 2 milliards d'euros cette année au groupe BPCE, via notamment ses Caisses d'Épargne.

D'autant que la marge est grande : les plus de 55 millions de Livret A, plafonnés à 22.950 euros, n'étaient remplis qu'au quart de leur capacité à fin 2021, selon la Banque de France. Avec un taux à 3%, un Livret A totalement rempli rapporterait, en année pleine, 688,50 euros d'intérêts. Le taux du Livret d'épargne populaire (LEP), réservé aux ménages les plus modestes, va lui aussi bénéficier d’une revalorisation très importante.

Sa formule, calquée sur le taux d'inflation, pourrait dépasser pour cette année les 6%, affirmait mardi le directeur général de la Caisse des dépôts Éric Lombard, auditionné par la commission des finances de l'Assemblée nationale.

"J'en profite pour lancer un appel : il y a sept millions de personnes qui pourraient avoir un LEP et qui ne l'ont pas ouvert", avait-il ajouté. Mais encore faut-il que les personnes éligibles aient la capacité d'épargner.

AFP/VNA/CVN


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