Une panne informatique provoque une nouvelle pagaille dans le ciel américain

L'autorité américaine de l'aviation, la FAA, a dû suspendre temporairement mercredi 11 janvier le décollage de tous les vols internes aux États-Unis à cause d'une panne informatique, provoquant des milliers d'annulations et de retards.

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Un avion sur le tarmac de l'aéroport international de Los Angeles, le 11 janvier.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'incident, qui a débuté dans la nuit de mardi 10 janvier à mercredi 11 janvier, a affecté un système d'informations crucial pour les pilotes et les équipages.

Pour garantir la sécurité du trafic aérien, la FAA a décidé d'empêcher tous les décollages de vols intérieurs jusqu'à 09h00 sur la côte est du pays (14h00 GMT), à quelques exceptions près, le temps de résoudre le problème.

La suspension a duré environ une heure et demie, a précisé le ministre des Transports Pete Buttigieg sur la chaîne MSNBC. Les opérations ont ensuite repris progressivement.

Au total, selon un décompte du site spécialisé Flight Aware consulté par l'AFP vers 00h30 GMT, plus de 1.300 vols ont été annulés et plus de 9.700 retardés.

Base de données endommagée

"Notre enquête préliminaire a relié la panne à un fichier de base de données endommagé", a indiqué mercredi soir sur Twitter la FAA, précisant "qu'à ce stade, il n'y (avait) pas de preuve d'une cyberattaque".

Pete Buttigieg a annoncé l'ouverture d'une enquête visant notamment à comprendre pourquoi les systèmes censés prendre la relève en cas de problème n'avaient pas fonctionné.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a assuré de son côté que la FAA faisait tout pour s'assurer que cette situation "ne se reproduise pas".

Le système Notice To Air Missions (NOTAM), affecté par la panne de mercredi, permet de transmettre des informations aux navigants concernant des risques dans les aéroports, comme la fermeture d'une voie d'atterrissage, la présence d'une grue au sol ou des activités spéciales comme des opérations militaires.

Il s'agirait de la première suspension généralisée des décollages décidée par la FAA depuis les attaques du 11 septembre 2001, selon des experts du secteur cités par les médias américains. L'autorité n'avait pas dans l'immédiat répondu à l'AFP sur ce point.

À l'aéroport Ronald Reagan, situé près de Washington, les tableaux de départs étaient truffés dans la matinée de signalements rouges indiquant des retards.

"On va rater notre correspondance", a déploré auprès de l'AFP Lisa Nho, qui attendait un vol pour le Texas avec son mari et sa fille de presque deux ans, devant être suivi d'un autre vol pour Cabo, au Mexique. "On était en train de partir quand on a reçu un SMS disant que le vol serait retardé", a-t-elle expliqué.

Le vol de Vince Hamilton pour Chicago avait pour sa part déjà été retardé deux fois. S'il rate sa correspondance à Saint-Louis, où il est censé prendre un bus, il prévoit de louer une voiture.

"Inacceptable"

Des passagers attendent près de leur porte d'embarquement à l'aéroport international de Los Angeles, le 11 janvier.
Photo : AFP/VNA/CVN

La présidente de la commission du Sénat américain en charge des transports, Maria Cantwell, a prévenu qu'un comité examinerait les causes des perturbations.

"Le public a besoin d'un système de transport aérien résilient", a souligné l'élue démocrate dans un communiqué.

Le trafic aérien aux États-Unis avait déjà été fortement secoué au moment de Noël par une vague de froid extrême accompagnée de chutes de neige, qui avait provoqué des annulations en cascade pendant plusieurs jours au sein de la compagnie Southwest.

"La défaillance catastrophique du système de la FAA aujourd'hui signale clairement que le réseau de transport américain a désespérément besoin d'une mise à niveau importante", a réagi de son côté l'Association américaine du tourisme.

Plusieurs républicains ont aussi vivement critiqué la FAA, à l'instar du sénateur Ted Cruz qui, dans un communiqué, a jugé "inacceptable" l'incapacité de l'agence à faire fonctionner un système important pour la sécurité.

Il a aussi appelé à la nomination d'un "leader expérimenté" à la tête de la FAA.

L'agence est en effet sans chef attitré depuis la démission de Steve Dickson fin mars 2021. La Maison Blanche a proposé en juillet de le remplacer par Phillip Washington, mais le Congrès n'a toujours pas procédé à son audition, empêchant ainsi sa prise de poste.

AFP/VNA/CVN

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