L’Italie accueille trois navires de secours aux migrants, mais nie toute «volte-face»

Il s’agit des premiers navires accueillis par l’Italie après son refus en novembre de laisser débarquer des centaines de migrants rescapés et pris en charge par plusieurs bateaux humanitaires.

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L’Italie a assigné vendredi 9 décembre des ports sûrs à trois navires de secours aux migrants en raison du mauvais temps, a justifié samedi 10 décembre le gouvernement de Giorgia Meloni, assurant qu’il ne s’agissait pas d’une « volte-face » de l’exécutif sur les ONG humanitaires opérant en Méditerranée.

Des migrants sont secourus par les membres d’équipage des navires humanitaires Louise-Michel et Humanity 1, dans les eaux internationales au large de la Libye, le 4 décembre 2022.
Photo  AP/VNA/CVN

Le Geo Barents, bateau de Médecins sans frontières, devrait accoster dimanche matin 11 décembre dans le port de Salerne (Sud) pour y débarquer 248 migrants secourus lors de plusieurs opérations ces derniers jours. Le navire allemand Louise-Michel est arrivé vendredi 9 décembre de son côté sur l’île italienne de Lampedusa avec 33 migrants à bord. Enfin le Humanity 1, bateau battant pavillon allemand de l’ONG SOS Humanity, doit rejoindre le port de Bari (Est) dans les prochaines heures après avoir secouru 261 personnes.

« Sur l’immigration, aucune volte-face », a assuré à l’Agence France-Presse samedi une source du ministère de l’intérieur italien. Le ministère « a donné son accord à l’entrée des navires parce que le mauvais temps s’approche et les conditions de navigation auraient rapidement fait courir un risque aux personnes à bord », a-t-elle ajouté. Selon cette même source, Rome continue de dénoncer « les actions provocatrices et risquées » des ONG qui « favorisent l’entrée en Italie de migrants économiques n’ayant aucun droit d’entrer et de rester en Italie ».

Il s’agit des premiers navires accueillis par l’Italie après son refus en novembre de laisser débarquer des centaines de migrants rescapés et pris en charge par plusieurs navires humanitaires, dont le Geo Barents. Sous la pression, entre autres, de l’Union européenne, le gouvernement de la première ministre d’extrême droite, Giorgia Meloni, avait accepté de débarquer les rescapés les plus vulnérables tout en continuant de refuser l’entrée dans ses ports à l’Ocean-Viking, navire de l’ONG SOS Méditerranée, finalement accueilli par la France.

L’Italie constate cette année une forte augmentation des entrées sur son territoire par la mer, selon les chiffres du ministère de l’intérieur, avec 97.236 personnes arrivées sur ses côtes depuis le 1er janvier contre respectivement plus de 63.000 et 33.000 sur la même période de 2021 et 2020, années de la crise sanitaire.

Une large majorité de ces migrants sont secourus par les garde-côtes italiens, mais Rome a fortement critiqué les opérations de secours des navires affrétés par les ONG, qu’il accuse de créer un appel d’air.

AFP/VNA/CVN

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