07/05/2020 09:46
L'Allemagne a donné mercredi 6 mai son feu vert à une reprise d'ici une dizaine de jours de son championnat national de football, la Bundesliga, symbole de la normalisation amorcée dans une Europe qui se déconfine peu à peu à mesure que la pandémie du nouveau coronavirus y semble sous contrôle.
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Markus Soeder, Premier ministre de l'État de Bavière et chancelière Angela Merkel à la Chancellerie de Berlin le 6 mai. Photo : AFP/VNA/CVN

De son côté, le président américain Donald Trump a estimé que la crise liée au virus était "pire" que l'attaque surprise du Japon en 1941, contre la base militaire de Pearl Harbor, à Hawaï. "C'est pire que le World Trade Center", a-t-il aussi déclaré, en référence aux attentats du 11 septembre 2001. "Cela n'aurait jamais dû arriver", a-t-il ajouté, depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche.

Chine et États-Unis ont en effet continué leurs échanges d'amabilités : le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a de nouveau affirmé disposer de "preuves significatives" que le COVID-19 s'était propagé depuis un laboratoire de Wuhan, dans le centre de la Chine, même s'il a admis n'avoir "pas de certitudes".

"Pas de temps à perdre !"

Le matin même, le pouvoir chinois avait catégoriquement rejeté ces accusations, de même que l'idée -avancée par Washington et soutenue par plusieurs pays occidentaux- d'une enquête internationale. M. Pompeo "ne peut présenter de preuves" d'une fuite hors de ce laboratoire "parce qu'il n'en a pas", a assuré l'ambassadeur chinois auprès des Nations unies à Genève. "La priorité est de se concentrer sur la lutte contre la pandémie jusqu'à la victoire finale (...). Nous n'avons pas de temps à perdre car il faut sauver des vies", a-t-il dit.

Depuis son apparition officiellement déclarée en décembre à Wuhan, le nouveau coronavirus a fait plus de 260.500 morts dans le monde, selon un bilan très certainement sous-estimé, et a contraint plus de la moitié de l'humanité à rester confinée. Les États-Unis, désormais l'épicentre de la maladie, ont franchi mardi 5 mai le cap des 70.000 décès. Les autres pays les plus touchés sont le Royaume-Uni (30.076), l'Italie (29.684 morts), l'Espagne (25.857) et la France (25.809).

La pandémie semble désormais maîtrisée en Europe, le continent le plus endeuillé, qui a enclenché depuis environ deux semaines un déconfinement progressif et prudent. Signe de cette évolution, Berlin a donné son feu vert mercredi à la reprise le 15 mai son championnat national de football. La célèbre Bundesliga, interrompue il y a deux mois comme toutes les autres compétitions internationales du genre, sera le premier championnat de football majeur à redémarrer, mais à huis-clos et avec des mesures d'hygiène et de prévention draconiennes.

Bilan mondial de la pandémie de nouveau coronavirus, au 6 mai à 11h00 GMT.
Photo : AFP/VNA/CVN

Si la France a tiré un trait sur la fin de sa saison, l'Angleterre avec sa Premier League, l'Espagne et l'Italie espèrent reprendre en juin. D'autres pays ont déjà fixé leur date de reprise, dont la Serbie (30 mai), la Croatie (6 juin) ou encore la Turquie (12 juin). Le Portugal se prépare également à la reprise. En Belgique en revanche, les compétitions restent suspendues jusqu'à fin juillet.

Le retour à la normale en Allemagne va au-delà du football. Fort de derniers chiffres d'infection "très satisfaisants", Berlin a décidé mercredi de lever la quasi-totalité des restrictions imposées depuis la mi-mars à la première économie européenne pour freiner la contagion.

"Objectif" atteint

"Nous sommes donc arrivés à un point où nous pouvons dire que nous avons atteint l'objectif de ralentir la propagation du virus", s'est félicitée la chancelière Angela Merkel. L'accord du gouvernement fédéral avec les régions (Landers) prévoit la réouverture à partir de la semaine prochaine de tous les magasins, y compris ceux de plus de 800 mètres carrés qui restaient encore fermés, et de toutes les écoles. Restaurants et hôtels vont rouvrir selon les régions à partir de la semaine prochaine.

Exceptions notables: la fermeture des frontières et l'interdiction des grandes manifestations sportives, festives ou culturelles avec du public. Au Danemark voisin, les autorités sanitaires estiment également que le COVID-19 devrait à court terme disparaître sous l'effet des mesures de confinement, mais elles redoutent toujours une seconde vague de la maladie.

En Pologne, l'élection présidentielle qui devait se dérouler le dimanche 10 mai a été reportée à une date ultérieure, à préciser, à cause de la pandémie. En Espagne, le Premier ministre Pedro Sanchez a estimé qu'un déconfinement "précipité" du pays serait une "erreur absolue, totale et impardonnable", défendant devant le parlement la nécessité de prolonger l'état d'alerte.

Le laboratoire P4 de l'Institut de virologie de Wuhan, le 17 avril en Chine.
Photo : AFP/VNA/CVN

Les députés ont voté en fin de journée la prolongation pour deux semaines, jusqu'au 23 mai, de ce régime limitant strictement les déplacements, malgré l'opposition des conservateurs et de l'extrême droite. En Belgique, le confinement imposé continue d'être assoupli, avec une réouverture des commerces non essentiels lundi 4 mai, a annoncé la Première ministre Sophie Wilmès. Dès dimanche 3 mai, chaque famille pourra accueillir sous son toit quatre personnes, famille ou amis, à condition qu'elles soient "toujours les mêmes".

Au Royaume-Uni, le Premier ministre Boris Johnson a été pris à partie mercredi par le chef de l'opposition sur le lourd bilan officiel du COVID-19 dans le pays. "Comment a-t-on pu en arriver là?", a interrogé le leader du Parti travailliste Keir Starmer, devant une Chambre des Communes clairsemée, tout en s'alarmant du nombre de décès qui "grimpe" dans les maisons de retraite. M. Johnson a promis de dévoiler ce dimanche sa stratégie de déconfinement.

Airbnb touché

Sur le plan économique, la Commission européenne a prédit mercredi 6 mai une récession "historique" dans l'UE cette année, avec une chute record du PIB de 7,7% en zone euro, puis un rebond de 6,3% en 2021. Sans surprise, les pays où sont attendues les plus fortes récessions sont la Grèce (-9,7%), l'Italie (-9,5%) et l'Espagne (-9,4%), aux économies très dépendantes du tourisme.

Airbnb, frappé de plein fouet par la pandémie de coronavirus, annonce le licenciement d'environ 25% de ses 7.500 employés dans le monde.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le secteur, dont dépendent plus de 300 millions d'emplois et 10% du PIB mondial, est l'un des plus durement touchés par la pandémie. Airbnb, l'une des entreprises emblématiques du tourisme mondialisé, va se séparer de 25% de ses 7.500 employés.

Désertées par les touristes, les grandes capitales occidentales, à l'instar de Berlin, Paris ou New York, affichent leur volonté de s'adapter à la pandémie, en privilégiant toujours plus le vélo. Au Royaume-Uni, Londres va créer un réseau temporaire de pistes cyclables pour multiplier par 10 les kilomètres parcourus en vélo.

En Afrique, les autorités de l'État de Jigawa, dans le nord du Nigeria, enquêtent sur des dizaines de décès survenus dans cette région très pauvre, quelques jours après que l'État voisin de Kano a attribué au coronavirus plusieurs dizaines de "morts mystérieuses".

AFP/VNA/CVN




 
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