"Je peux dire que les gouvernements américain et afghan sont alignés comme jamais", a assuré l'ambassadeur Karl Eikenberry lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, où MM. Obama et Karzaï doivent se rencontrer aujourd'hui, l'occasion d'apaiser les relations difficiles entre les 2 pays.
Le président Obama, qui a décidé en décembre de renforcer de 30.000 hommes le contingent militaire américain en Afghanistan, a réclamé en échange à Hamid Karzaï des efforts pour réduire la corruption et mieux gouverner le pays en guerre contre les talibans.
Richard Holbrooke, l'émissaire américain pour l'Afghanistan et le Pakistan, a lui-même accueilli M. Karzaï à son arrivée.
La visite présidentielle à Washington, d'une durée prévue de 4 jours, avait encore failli être annulée il y a un mois.
Elle a finalement lieu alors que se profile une offensive délicate à Kandahar (Sud), berceau des talibans et région d'origine du président afghan. L'objectif est d'infliger une défaite décisive aux talibans, et de préparer ainsi le terrain à un début de désengagement américain à l'été 2011.
À ce titre, le commandant des forces occidentales en Afghanistan, le général Stanley McChrystal a prévenu le 10 mai, lors de la même conférence de presse que M. Eikenberry, que ses soldats rencontreraient "plus de violences" face aux talibans, mais assuré que la campagne serait couronnée de succès. "Cela demandera du courage et de la solidité. Nous rencontrerons plus de violences au fur et à mesure que nos forces de sécurité pénètreront dans les zones contrôlées par les talibans", a-t-il affirmé. "Le temps venant, la responsabilité de la sécurité reviendra aux Afghans. En tenant compte des difficultés qui nous attendent, je suis persuadé que notre plan de campagne sera couronné de succès", a ajouté le responsable militaire.
La chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton, qui avait exprimé certains reproches au gouvernement de M. Karzaï, est le 10 mai soir la première personnalité américaine à recevoir le chef d'État, lors d'un dîner au département d'État.
Côté afghan, on qualifie le déplacement de "visite d'une rare importance". Aujourd'hui, M. Karzaï sera reçu à la Maison Blanche comme tout autre chef d'État, avec notamment des entretiens dans le Bureau ovale, une conférence de presse conjointe et un banquet.
AFP/VNA/CVN