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| Une mère applique un nébuliseur sur le visage de son enfant soigné pour la rougeole dans un service de pédiatrie d'un hôpital de Dacca, le 9 avril au Bangladesh. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
À l'hôpital Shishu de Dacca, les chambres qui accueillent les enfants malades ne désemplissent plus.
Les yeux rouges de fatigue et de larmes, la petite Afia, 3 ans, qui avait raté la deuxième injection du vaccin contre le virus programmée pour ses dix-huit mois, est alitée depuis plus de deux semaines.
"Elle était très mal en point ce matin, j'ai bien cru que j'allais la perdre", confie sa grand-mère Rina Begum, 45 ans. "Elle a été placée sous oxygène, elle va bien mieux maintenant", ajoute-t-elle, pas complètement rassurée.
Dans toutes les salles de l'établissement réservées aux victimes de l'épidémie, les mêmes scènes. Des gamins au souffle court, qui bougent difficilement, sous l'œil de parents inquiets et impuissants.
La rougeole est considérée comme l'une des maladies les plus contagieuses par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui estime à 95.000 le nombre de morts qu'elle provoque chaque année, surtout chez les enfants non-vaccinés de moins de 5 ans.
Au Bangladesh, les épidémiologistes attribuent le récent épisode à la malnutrition, au recul de l'allaitement chez les mères et, surtout, à la baisse de la couverture vaccinale.
Hôpital de campagne
Dès les premiers signes de l'épidémie, le gouvernement a lancé une campagne de vaccination d'urgence. Près de 17 millions d'enfants ont été immunisés depuis le 5 avril.
Mais ces efforts tardent à se concrétiser. Le 26 avril, le pays a même enregistré sa journée la plus noire, avec 17 petits patients décédés en vingt-quatre heures.
Le temps presse pour faire passer le taux de vaccination de 59% - l'an dernier - à 95% pour assurer à la population l'immunité de groupe, a rappelé cette semaine le ministre de la Santé, Abu Hussain Md Moinul Ahsan, qui espère que cet objectif sera atteint d'ici un mois.
Le petit Siam, 14 mois, avait bien été vacciné mais, faute de cette immunité de groupe, il n'a pas échappé au virus. Admis en urgence au service des soins intensifs de l'hôpital Shishu, il n'a pu en sortir que dix jours plus tard et regagner une chambre normale.
"Je n'espérais plus revoir mon fils vivant", confie sa mère Brishti Akhtar, 20 ans, en couvant du regard son petit homme, encore sous oxygène. "Mais grâce à l'aide des médecins, il est maintenant hors de danger".
Le ministre de la Santé l'assure à qui veut l'entendre, le système de santé tient le choc, malgré l'afflux de milliers de patients. "Nos hôpitaux ne sont pas encore surchargés", a-t-il encore répété cette semaine.
N'empêche, l'armée vient de déployer un hôpital de campagne de 20 lits sur le site du Dhaka Medical College Hospital. Au cas où. "Le gouvernement nous l'a demandé à cause de l'épidémie de rougeole", explique son chef, le général Md Asaduzzaman.
Car un autre virus menace. Les fortes pluies tombées sur le Bangladesh ces dernières semaines ont fait ressurgir les moustiques porteurs de la dengue, qui cause de violentes fièvres dans de rares cas mortelles.
"Nous espérons que l'infection de rougeole va ralentir rapidement", dit le général Asaduzzaman, "et si c'est le cas, notre hôpital de campagne pourra de toute façon être utilisé pour la saison de la dengue".
AFP/VNA/CVN



