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| Un stand de présentation des produits de la province de Lai Châu (Nord). |
| Photo : Trân Viêt/VNA/CVN |
Au cours des dix premiers mois de 2026, l’économie vietnamienne a enregistré plusieurs résultats remarquables, notamment le franchissement, pour la première fois, du seuil des 1.000 milliards de dollars de commerce extérieur, la forte progression des investissements directs étrangers (IDE) et le maintien de la dynamique de croissance de la production industrielle.
Ces résultats, conjugués aux mesures visant à réduire les coûts de production et d’exploitation des entreprises, donnent un nouvel élan aux efforts du Vietnam pour atteindre son objectif de croissance du produit intérieur brut (PIB) de 10% en 2026.
Le commerce extérieur et les investissements, principaux moteurs de croissance
Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, le commerce extérieur du Vietnam a atteint 1.010 milliards de dollars au cours des dix premiers mois de 2026, soit une hausse de 32,3% sur un an. Les exportations se sont élevées à environ 499 milliards de dollars, en progression de 27,4%.
Ce résultat marque une étape importante dans l’expansion des échanges commerciaux et témoigne de l’intégration toujours plus profonde de l’économie vietnamienne dans le commerce international.
Commentant cette performance, le docteur Nguyên Quôc Viêt, chef du groupe de recherche macroéconomique de l’Université d’économie relevant de l’Université nationale de Hanoï, estime que le franchissement du seuil des 1.000 milliards de dollars est le fruit du processus d’ouverture et d’intégration internationale ainsi que du renforcement des capacités de production du pays.
En 2007, année de l’adhésion du Vietnam à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le commerce extérieur dépassait à peine les 100 milliards de dollars. En près de vingt ans, sa valeur a ainsi été multipliée par environ dix, illustrant la place grandissante du Vietnam au sein des réseaux de production et des chaînes d’approvisionnement mondiales.
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Les investissements directs étrangers constituent également un point fort. Selon le professeur associé et docteur Bùi Quang Tuân, vice-président de l’Association vietnamienne des sciences économiques, le montant total des IDE enregistrés au cours des dix premiers mois a atteint 50,36 milliards de dollars, en hausse de 76,4% sur un an, tandis que les IDE décaissés se sont élevés à 21,07 milliards de dollars, soit une progression de 12,1%.
Ces flux de capitaux contribuent à accroître les capacités de production, à stimuler les exportations et à développer les secteurs de la transformation et de la fabrication, de l’électronique et des technologies.
Parallèlement aux investissements étrangers, les entreprises vietnamiennes s’emploient à renouveler leurs technologies, à développer leurs produits et à conquérir de nouveaux marchés afin d’améliorer leur compétitivité. Nguyên Thi Hông Vân, pharmacienne et directrice générale adjointe de la société par actions Sao Thai Duong, indique que son entreprise vise une croissance supérieure à 20%, tout en renforçant ses investissements dans la recherche et le développement ainsi que dans l’application des sciences et des technologies.
Face à la hausse des coûts logistiques, l’entreprise ajuste sa stratégie d’exportation en privilégiant des marchés de proximité, tels que la Chine et Hong Kong (Chine), tout en poursuivant ses efforts pour élargir ses débouchés lorsque les conditions le permettent. Selon Nguyên Thi Hông Vân, l’innovation, l’application des technologies et le renforcement des capacités internes sont essentiels pour maintenir la croissance des entreprises dans un contexte de concurrence accrue.
Des défis liés à la conjoncture économique internationale
Malgré ces résultats positifs, l’économie vietnamienne devra encore faire face à de nombreux défis au cours des derniers mois de l’année. Les tensions géopolitiques, les fluctuations des prix de l’énergie et des taux de change, les taux d’intérêt, les coûts du transport ainsi que l’évolution des politiques commerciales internationales continuent d’influer sur les activités de production, d’exportation et d’investissement.
Selon le Professeur associé et docteur Bùi Quang Tuân, l’économie mondiale à la fin de 2026 et en 2027 restera confrontée à de nombreuses incertitudes, notamment en raison des conflits géopolitiques, des fluctuations des cours du pétrole, des conditions financières internationales et des cycles d’investissement dans les technologies. La croissance économique mondiale est prévue à environ 3,1% en 2026, contre 3,5% en 2025. Les pressions inflationnistes, les prix de l’énergie et les coûts de financement pourraient continuer à peser sur la production et les échanges commerciaux.
Pour le Vietnam, ces évolutions risquent d’entraîner une hausse des coûts d’importation des matières premières, du transport et de la production, affectant ainsi la capacité des entreprises à maintenir leurs commandes à l’exportation. Par ailleurs, l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 4,52% en moyenne au cours des neuf premiers mois de 2026, ce qui impose de poursuivre les efforts de maîtrise de l’inflation et de conduire une politique économique souple, conciliant croissance et stabilité macroéconomique.
Lors d’un récent forum économique organisé par la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI), le docteur Nguyên Duc Hiên, vice-président de la Commission centrale des politiques et stratégies, a souligné que la réalisation de l’objectif de croissance à deux chiffres nécessitait de maintenir la stabilité macroéconomique, de maîtriser l’inflation et de préserver les grands équilibres de l’économie.
Il a également insisté sur la nécessité de soutenir la production et les activités des entreprises, tout en mobilisant davantage les ressources au service du développement. Les entreprises, de leur côté, doivent renforcer leur capacité d’adaptation aux fluctuations des taux de change, des taux d’intérêt, des prix de l’énergie et des marchés internationaux.
De nouvelles marges de manœuvre grâce aux mesures de soutien
Lors de la deuxième session de la XVIe législature de l’Assemblée nationale, le 31 octobre, le vice-Premier ministre Nguyên Van Thang a indiqué que, pour atteindre l’objectif de croissance du PIB de 10% en 2026, l’économie devrait progresser d’environ 12,5% au quatrième trimestre. Il s’agit d’un objectif particulièrement ambitieux, mais qui demeure réalisable grâce aux marges de progression et aux ressources dont dispose l’économie nationale.
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| Le groupe d'électricité EVN a réduit de 2% le prix moyen de vente au détail de l’électricité. |
| Photo : Quôc Luy/VNA/CVN |
Afin de soutenir les entreprises et d’alléger les coûts des intrants, plusieurs nouvelles mesures sont entrées en vigueur le 1er novembre 2026. Le Groupe Électricité du Vietnam (EVN) a notamment réduit de 2% le prix moyen de vente au détail de l’électricité, qui s’établit désormais à 2.159,9037 dôngs par kWh, hors taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
À la même date, le taux de la taxe spéciale à la consommation appliqué aux différents types d’essence a été ramené à 0%, conformément à la Résolution n°45/2026/NQ-CP du gouvernement. Cette mesure est applicable jusqu’au 31 mars 2027.
En outre, la réduction de 2% de la TVA est maintenue jusqu’à la fin de 2026 pour les catégories de biens et de services éligibles. La baisse du prix de l’électricité et de la fiscalité sur l’essence, ainsi que le maintien de la réduction de la TVA, devraient contribuer à alléger les coûts de production et de transport, à améliorer la compétitivité et à créer des conditions plus favorables à l’expansion des activités des entreprises.
Selon le rapport présenté par le vice-Premier ministre Nguyên Van Thang devant l’Assemblée nationale, la réduction de la taxe spéciale à la consommation sur l’essence et la baisse du prix de l’électricité devraient dégager une marge supplémentaire d’environ 0,07 point de pourcentage pour la maîtrise de l’inflation.
Parallèlement à ces mesures, le gouvernement poursuit ses efforts pour lever les obstacles institutionnels et les difficultés liées au foncier, aux procédures d’investissement, aux financements et aux débouchés commerciaux, afin de permettre aux projets remplissant les conditions requises d’être rapidement mis en œuvre.
L’accélération du décaissement des investissements publics est notamment considérée comme l’un des principaux leviers de croissance pour les derniers mois de l’année. Selon les estimations, le décaissement intégral du plan d’investissement public pourrait contribuer à hauteur d’environ 2,5 points de pourcentage à la croissance du quatrième trimestre et de 1,7 point à celle de l’ensemble de l’année.
En novembre et au cours des derniers mois de 2026, la réalisation de l’objectif de croissance dépendra largement de la capacité à maintenir la dynamique des exportations, à développer la production industrielle, à stimuler la consommation et à améliorer l’efficacité des investissements publics.
Les exportations demeurent un moteur essentiel, mais les efforts devront également porter sur la diversification des marchés, le respect des règles d’origine des marchandises et la maîtrise des coûts logistiques.
Outre les efforts de pilotage du gouvernement, les entreprises devront poursuivre leurs initiatives visant à réduire les coûts, à renouveler leurs technologies, à améliorer leur productivité et à tirer pleinement parti des politiques de soutien.
La combinaison d’une politique macroéconomique souple, de la levée rapide des obstacles au développement et d’une meilleure capacité d’adaptation des entreprises sera déterminante pour préserver la dynamique de croissance et rapprocher l’économie vietnamienne de son objectif de croissance à deux chiffres en 2026.
VNA/CVN





