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| Une rizière ravagée par la sécheresse dans le Delta du Mékong. |
| Photo : VNA/CVN |
Des experts ont souligné cette urgence lors d’une conférence nationale organisée mardi 23 juin par l’Administration météorologique et hydrologique du Vietnam (VNMHA), relevant du ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Vietnam.
Cet événement a été financé par Affaires mondiales Canada dans le cadre du Projet de communautés côtières intelligentes face au climat du Vietnam.
Visant à présenter les dernières données sur les tendances hydrométéorologiques pour l’année en cours, la conférence sur les perspectives hydrométéorologiques 2026 a également aidé les ministères, les différents secteurs, les autorités locales et les communautés à élaborer des plans de prévention des catastrophes et d’atténuation des risques.
De récents rapports de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) indiquent que le système climatique mondial continue de montrer des signes d’instabilité. Alors que les températures moyennes mondiales se maintiennent à des niveaux records, le monde subit des perturbations majeures des régimes de précipitations et des cycles de l’eau, ainsi que des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses.
Le Vietnam demeure parmi les pays les plus vulnérables à ces changements climatiques, confronté à des menaces croissantes de vagues de chaleur, de sécheresse, de pénuries d’eau, d’intrusion saline, de pluies extrêmes, d’inondations et de glissements de terrain.
Les dernières prévisions suggèrent qu’El Niño jouera un rôle majeur dans les régimes météorologiques jusqu’à la fin de cette année et au début de l’année prochaine.
Les modèles climatiques internationaux et vietnamiens avertissent qu’il pourrait s’agir d’un événement grave, comparable à l’épisode El Niño record de 2015-2016.
Cette situation accroît la menace de vagues de chaleur extrêmes, de sécheresses et d’intrusion saline, notamment pour le centre du Viêt Nam et le delta du Mékong.
Ces bouleversements climatiques risquent de perturber des secteurs essentiels, tels que l’agriculture, la sécurité hydrique et énergétique, et d’affecter le bien-être général de la population.
Dans son allocution, le vice-ministre des Ressources naturelles et de l’Environnement, Lê Công Thành, a souligné le rôle crucial des technologies et des données dans le renforcement des systèmes de prévision et d’alerte précoce.
"Nous devons accélérer l’application des sciences et des technologies, la transformation numérique et l’intelligence artificielle, tout en renforçant le partage des données afin d’améliorer la qualité de nos prévisions et de nos alertes", a-t-il déclaré.
"Ceci est essentiel pour atténuer les pertes liées aux catastrophes, garantir la sécurité alimentaire et hydrique, stabiliser la vie de nos citoyens et favoriser un développement socio-économique durable", a-t-il ajouté.
Le vice-ministre a également exhorté les experts à se concentrer sur une évaluation exhaustive des impacts d’El Niño, à identifier rapidement les risques émergents et à proposer des solutions adaptées à chaque secteur et localité, afin d’élaborer des scénarios de réponse et de garantir la sécurité hydrique et alimentaire ainsi qu’un développement socio-économique stable.
Emilie Carrier, conseillère principale à l’ambassade du Canada au Vietnam, a déclaré : "En réunissant des experts canadiens et leurs homologues vietnamiens, nous mettons en œuvre des solutions pratiques et scientifiques qui protègent des vies et des moyens de subsistance. Ce partenariat témoigne de notre engagement commun à bâtir un avenir plus sûr et plus résilient, où une solide préparation aux changements climatiques sous-tend le développement durable".
Systèmes d’alerte précoce
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| L'activité orageuse et les dépressions tropicales touchant le Vietnam en 2026 devraient être bien inférieures à celles de 2025. |
| Photo : VNA/CVN |
La conférence a permis un échange collaboratif d’expériences et de bonnes pratiques entre des experts du PNUD, d’Environnement et Changement climatique Canada, de l’Agence japonaise de coopération internationale et leurs homologues locaux.
Les principaux thèmes abordés étaient les prévisions climatiques, les systèmes d’alerte précoce multirisques, la gestion des catastrophes fondée sur les prévisions et les stratégies de renforcement de la résilience des communautés face aux changements climatiques.
L’un des points forts de l’événement a été la présentation de l’initiative "Alerte précoce pour tous", menée par l’ONU, qui vise à garantir l’accès universel à des systèmes d’alerte précoce multirisques vitaux d’ici la fin de l’année prochaine.
Cette initiative est essentielle pour relier les connaissances météorologiques de pointe aux interventions sur le terrain, en apportant un soutien direct au secteur hydrométéorologique vietnamien qui se prépare aux défis posés par l’arrivée imminente d’El Niño.
La représentante résidente du PNUD au Vietnam, Ramla Khalidi, a décrit le changement climatique comme un défi immédiat et croissant pour le Vietnam.
"Le Vietnam est en première ligne face au changement climatique. Des typhons dévastateurs aux inondations et glissements de terrain dans le nord et le centre du pays, en passant par la sécheresse et l’intrusion d’eau salée dans le delta du Mékong, les impacts climatiques ne sont plus des projections pour demain. Ils sont une réalité d’aujourd’hui, qui remodèle les écosystèmes, les moyens de subsistance et l’avenir du pays".
Elle a noté que ces impacts sont de plus en plus instables, avec des vagues de chaleur record dans un contexte de transition prévue vers un phénomène El Niño plus tard cette année.
"La vérité, c’est que les phénomènes climatiques extrêmes sont la nouvelle norme, et nos systèmes doivent s’adapter en conséquence", a-t-elle déclaré.
Au Vietnam, les prévisions et les alertes doivent être adaptées aux réalités des communautés montagnardes, des zones côtières, du delta du Mékong et des Hauts Plateaux du Centre, afin de permettre d’agir avant que la catastrophe ne survienne.
"Mais les données seules ne sauvent pas des vies", a déclaré Khalidi. "Même le modèle de prévision le plus avancé n’est efficace que s’il est correctement appliqué jusqu’au dernier kilomètre. Grâce à notre travail auprès des petits exploitants agricoles des Hauts Plateaux du Centre et des communautés côtières, nous avons constaté que le principal obstacle est la communication : il faut transformer des données météorologiques complexes en messages simples, adaptés au contexte local et tenant compte des spécificités de genre, que les populations peuvent comprendre et appliquer en temps réel".
"La nature elle-même fait partie de la solution. La résilience doit aussi être inclusive. Les communautés pauvres, rurales et issues de minorités ethniques – et les femmes en particulier – sont les plus durement touchées par la pénurie d’eau et les mauvaises récoltes. C’est pourquoi les femmes doivent être entendues et impliquées dans la gestion de l’eau, les décisions relatives aux cultures et la planification des interventions d’urgence", a-t-elle encore indiqué.
VNA/CVN




