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Selon les experts, cette transition offre au Vietnam les bases nécessaires pour réduire sa dépendance aux ressources naturelles et à la main-d’œuvre à faible coût, et pour entamer une nouvelle phase de croissance.
Privilégier la productivité à la main-d’œuvre bon marché
Le prof.-Dr Nguyên Xuân Cu, directeur adjoint du Centre d’économie de l’environnement relevant de l’Association vietnamienne d’économie de l’environnement, a souligné que cette transition exigeait une évolution des méthodes de production, de l’allocation des ressources et de la manière dont se construisent les avantages concurrentiels, et ne reposait pas uniquement sur la technologie.
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| Développement de la crevetticulture de haute technologie et de l'énergie éolienne dans la commune de Thanh Hai, province de Vinh Long. |
| Photo : VNA/CVN |
Un modèle de développement fondé sur la productivité, la connaissance et la technologie nécessite des capitaux à long terme, une main-d’œuvre qualifiée, une capacité d’innovation, une aptitude à assimiler les technologies et des mesures incitatives pour les investissements durables. Par conséquent, le défi majeur pour le Vietnam consiste à passer d’avantages fondés sur les coûts à des avantages reposant sur la productivité, la technologie et la valeur ajoutée.
Pour réaliser une percée en matière de productivité, le prof.-Dr Nguyên Xuân Cu a indiqué qu’il fallait optimiser chaque étape de la chaîne de production. Les entreprises doivent identifier les ressources qui s’épuisent, localiser les sources de pollution, évaluer les coûts environnementaux réels et déterminer les solutions les plus appropriées.
Compte tenu de l’épuisement des ressources et des pressions environnementales croissantes, la productivité ne peut plus être mesurée uniquement par le travail et le capital ; il convient d’y intégrer la terre, l’eau, l’énergie, les matières premières et les facteurs environnementaux.
Il a suggéré que l’association mette l’accent sur l’efficacité dans l’utilisation des ressources, l’économie circulaire, le développement bas carbone, le changement climatique, la gestion des déchets et les secteurs verts, afin de faire passer les initiatives écologiques du stade du laboratoire à celui de la production.
La recherche devrait privilégier l’applicabilité, le potentiel de réduction des émissions et la faisabilité pour les entreprises, tandis que les évaluations des politiques publiques devraient être renforcées par l’utilisation de données scientifiques pour peser l’efficacité économique, les coûts environnementaux, les impacts sociaux et la faisabilité.
Il a enfin préconisé de réduire le fossé entre la recherche et le marché grâce à la formation, aux réseaux d’experts et au renforcement des liens entre universités, instituts de recherche, entreprises et autorités de régulation.
Transformer les connaissances en actifs
Le prof.-Dr Nguyên Van Nôi, président de l’Association des laboratoires d’essais du Vietnam et ancien recteur de l’Université des sciences, relevant de l’Université nationale du Vietnam à Hanoi, a déclaré que la volonté de transformer la science, la technologie, l’innovation et l’IA en productivité et en valeur ajoutée marque une transition de la recherche théorique vers la commercialisation.
Une décision du Premier ministre, publiée le 4 août 2026, a approuvé un plan de développement de centres de recherche et d’essais ainsi que de laboratoires nationaux clés axés sur des technologies stratégiques, définissant clairement leur rôle pour la première fois.
Les laboratoires et les systèmes d’essais assurent des services de mesure et d’évaluation de la conformité, aidant les produits à satisfaire aux normes nationales (telles que QCVN et TCVN) et aux référentiels internationaux (ISO, CE, FDA) ; ils renforcent ainsi la confiance du marché et permettent de surmonter les obstacles techniques au commerce.
Le prof.-Dr Nguyên Van Nôi a préconisé des investissements ciblés de l’État dans des centres d’essais aux normes mondiales pour les semi-conducteurs, la biotechnologie et les matériaux avancés, afin d’éviter une dispersion des investissements qui entraînerait une hétérogénéité des équipements.
Il a appelé au renforcement des partenariats public-privé pour inciter les grandes entreprises technologiques à investir dans les laboratoires nationaux clés et à les exploiter conjointement. Des "bacs à sable" réglementaires devraient également être rapidement mis en place pour les technologies émergentes dépourvues de précédents juridiques, tout en gérant les risques dans un cadre sûr et strictement contrôlé.
Afin de faire des connaissances et de la main-d’œuvre qualifiée les principaux moteurs du développement, il a proposé un modèle tripartite associant l’État, les instituts de recherche, les universités et les entreprises. Les entreprises devraient contribuer à la conception des programmes de formation, commander des travaux de recherche de fin d’études et proposer des stages dès le début du cursus.
Les investissements ciblés devraient viser les secteurs scientifiques et technologiques clés, notamment par l’octroi de bourses et de financements exceptionnels pour les sciences fondamentales et les technologies stratégiques, afin d’attirer et de fidéliser les talents.
Le prof.-Dr Nguyên Van Nôi a souligné que l’État devrait accorder aux établissements de recherche une véritable autonomie en matière de propriété intellectuelle et alléger les contraintes administratives, permettant ainsi aux scientifiques de se concentrer sur leurs travaux.
VNA/CVN



