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Selon de nombreux experts, ce changement de paradigme constitue le levier indispensable pour permettre à l'économie nationale de franchir un nouveau cap qualitatif et d'enregistrer un gain significatif de productivité.
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Le docteur Lê Xuan Sang, vice-directeur de l’Institut d'économie vietnamienne et mondiale relevant de l’Académie des sciences sociales du Vietnam, souligne que le modèle de croissance fondé sur l’exploitation des ressources naturelles et une main-d’œuvre à bas coût, atteint aujourd’hui ses limites face à la montée en puissance de l’automatisation et de la robotique mondiale.
Pour s'affranchir durablement du piège du revenu intermédiaire, il estime que le pays doit impérativement monter en gamme sur le plan technologique afin d'accroître la productivité et la compétitivité de son économie. Toutefois, cette transition se heurte encore à plusieurs freins structurels, notamment la lourdeur des procédures administratives, des dépenses de recherche toujours inférieures à 2% du PIB, ainsi qu'une gestion publique encore trop rigide, peu propice à la prise de risque inhérente à l'innovation. Pour y remédier, l'expert préconise de passer d'une logique de "contrôle des coûts" à une "gouvernance créatrice", tout en mobilisant plus efficacement les capitaux au profit des entreprises de haute technologie.
Cette ambition de transformation trouve une application concrète dans l’industrie navale, secteur clé de l’économie maritime. L’ingénieur Hoàng Hung, président de l'Association des sciences et technologies de l'industrie de la construction navale, plaide pour une transition radicale de la simple sous-traitance vers la maîtrise complète de la conception, de la fabrication de navires sophistiqués. Il note cependant que le secteur doit surmonter une forte dépendance technologique vis-à-vis de l'étranger, une pénurie de main-d’œuvre qualifiée et une industrie auxiliaire encore trop fragmentée.
Afin de faire de l'industrie navale un moteur du nouveau modèle de croissance, Hoàng Hung préconise la mise en œuvre coordonnée de politiques de soutien ciblées. Celles-ci comprennent la création d'un mécanisme de commande, de soutien à la recherche, de transfert de technologies pour la conception et la construction de navires de haute technologie utilisant des carburants propres (GNL, méthanol ou propulsion hybride), l'octroi de crédits préférentiels destinés à moderniser les infrastructures des chantiers navals, ainsi qu'une profonde réforme des programmes de formation afin de les aligner sur les normes internationales.
Dans un contexte marqué par la transition verte, la transformation numérique et le développement durable de l'économie maritime, le Vietnam doit accélérer l'acquisition des technologies de construction navale utilisant des énergies propres afin de répondre aux exigences environnementales de plus en plus strictes de l'Organisation maritime internationale (OMI). Les chantiers navals devront progressivement numériser l'ensemble de leur chaîne de valeur, de la conception à la production en passant par le contrôle de la qualité, tout en intégrant l'intelligence artificielle dans leurs processus de fabrication.
Enfin, Hoàng Hung exhorte également à créer une équipe d'ingénieurs et d'ouvriers capables de maîtriser les nouvelles technologies, tout en restructurant les chantiers navals plus spécialisés capable de se rivaliser avec d’autres chantiers de la région.
VNA/CVN



