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| Ebo Taylor lors d'un concert en 2018. |
| Photo : Capture d'écran Facebook/Ebo Taylor |
Comme un symbole. Ebo Taylor est décédé ce samedi 7 février, au lendemain du lancement du festival de musique qui porte son nom à Accra. Son nom, qui est associé à sa légende : il est le père fondateur du "highlife", un genre musical considéré comme musique nationale au Ghana, son pays d'origine. Compositeur et chef d'orchestre pendant plus de soixante ans, sa carrière d'envergure a contribué à façonner la musique populaire moderne en Afrique de l'Ouest.
Le "highlife" est un genre musical très riche, qui mélange des rythmes traditionnels africains, du jazz et des influences musicales caribéennes. Ce son mélodique est entraînant. La variété musicale qui le constitue le rend unique. Le 10 décembre 2026, il a même été consacré par l'UNESCO qui l'a inscrit sur la liste de son patrimoine culturel immatériel. Une reconnaissance internationale majeure pour l'une des traditions musicales les plus influentes d’Afrique de l’Ouest.
Le monde de la musique est donc en émoi. Les hommages se succèdent depuis l'annonce de sa disparition. Le collectif Jazz Is Dead, basé à Los Angeles et duquel Ebo Taylor était proche, l'a qualifié de "pionnier... l'un des pères de l'afrobeat et de la musique highlife". La star ghanéenne de dancehall, Stonebwoy, plusieurs fois récompensée, lui a aussi rendu hommage.
D'autres ont partagé leurs souvenirs et se disent "très heureux d'avoir pu le voir en concert", pour le producteur américain Adrian Younge. L'écrivain et poète nigérian Dami Ajayi l'a salué comme un "maestro du highlife, un arrangeur extraordinaire et un guitariste fantastique".
"Oncle Ebo"
Ebo Taylor, c'était aussi "Oncle Ebo" pour un grand nombre de fans et d'artistes qu'il a inspirés. Il est considéré comme un mentor pour de nombreux musiciens. Ce surnom symbolise aussi sa longévité: le roi du "highlife" est mort à 90 ans. Et il est resté actif même à la fin de sa vie. Sur ses réseaux sociaux, il y a des photos de lui sur scène, dans un fauteuil roulant.
Ebo Taylor a aussi laissé sa trace en dehors du Ghana. Des éléments de sa musique apparaissent dans des enregistrements de soul, de jazz, de hip-hop et d'afrobeat, des genres qui dominent aujourd'hui les charts africains et mondiaux. C'est tout un héritage qu'il laisse derrière lui. Et ceci est d'ailleurs possible du fait de sa longue carrière. Né en 1936 à Cape Coast dans un Ghana toujours sous l'égide des colons britanniques, il commence sa carrière très jeune, dans les années 1950.
Proche de Fela Kuti
L'indépendance du Ghana en 1957 est un tremplin pour l'explosion du "highlife", qui s'est alors constitué comme musique liée à la liberté. C'est dans ce contexte qu'Ebo Taylor se fait connaître et constitue des groupes de premier plan, notamment les Stargazers et le Broadway Dance Band. Ses lignes de guitare contribuent aussi à sa légende de par leur complexité, ainsi que ses riches arrangements de cuivres.
Au début des années 1960, il va étudier la musique à Londres. C'est là-bas qu'il rencontre d'autre musiciens africains de renom, dont le pionnier nigérian Fela Kuti. L'échange d'idées entre les deux hommes sera plus tard considéré comme déterminant pour le développement de l'afrobeat, mélangeant le highlife avec le funk, le jazz et la soul politique. Cette expérience l'a consacré, l'érigeant comme arrangeur très recherché au Ghana.
Fela Kuti est le premier artiste africain à recevoir un Grammy Award à titre posthume. Son petit-fils, Made Kuti, revient sur l’influence du roi de l’Afrobeat.
Mais c'est avec un léger décalage que ses compositions ont eu un écho international. Ses hits Love & Death, ou Heaven ont été réédités par des DJ et des labels. Puis il est devenu une source d'inspiration pour des artistes hip-hop et R&B: ses sons ont été samplés, c'est-à-dire que des extraits ont servi à la composition de nouvelles musiques. Propulsant sur la scène internationale la musique d'Afrique de l'Ouest.
AFP/VNA/CVN




