>> États-Unis : les chefs du Congrès annoncent un accord sur le financement de l'État
>> Le Congrès américain consacre le triomphe de Donald Trump
>> Le Congrès américain ouvre la voie au financement du programme de Trump
![]() |
| Le Capitole de Washington, siège du Congrès américain, le 31 janvier. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
"Depuis des semaines, nous poussons pour des réformes de bon sens", a estimé le 12 février le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, avant ce "shutdown" partiel annoncé pour minuit dans la nuit du 13 au 14 février.
Son parti a affirmé s'opposer à tout nouveau financement pour le ministère de la Sécurité intérieure (DHS), tant que de profonds changements n'étaient pas apportés à la manière dont la police de l'immigration (ICE) opère à travers le pays.
Ils exigent notamment la fin des patrouilles volantes, l'interdiction pour les agents de se dissimuler le visage, et l'obligation d'obtenir un mandat judiciaire avant l'arrestation d'un migrant.
Leur opposition à l'ICE n'a fait que s'amplifier après la mort à quelques semaines d'intervalle en janvier de Renee Good et d'Alex Pretti, deux Américains tués par balle par des agents fédéraux à Minneapolis.
"Les démocrates ne soutiendront pas un chèque en blanc pour le chaos", a assuré Chuck Schumer.
"Demi-mesures"
Son homologue à la Chambre, Hakeem Jeffries, a également affirmé jeudi que l'ICE était "totalement hors de contrôle".
"Les dollars des contribuables devraient être utilisés pour rendre la vie plus abordable pour les Américains, pas pour les brutaliser ou les tuer", a déclaré le responsable démocrate lors d'une conférence de presse.
![]() |
| Le chef de la majorité républicaine au Sénat américain, John Thune, au Capitole de Washington, le 10 février. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
En raison des règles en vigueur au Sénat américain, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s'ils disposent de la majorité, ont donc besoin de l'appui de plusieurs élus de l'opposition pour adopter leur proposition de budget pour le DHS.
Face aux demandes démocrates, la Maison Blanche s'est dite prête à négocier et a envoyé une contre-proposition le 11 février au soir.
"Une offre extrêmement sérieuse", a estimé le chef des républicains au Sénat, John Thune.
"Les démocrates n'obtiendront jamais tous les souhaits sur leur liste. Ce n'est pas comme ça que ça marche", a affirmé le responsable dans l'hémicycle.
Mais l'opposition a rejeté tout de go cette proposition de compromis.
Pour la sénatrice démocrate Patty Murray, les républicains "doivent comprendre que les demi-mesures ne suffiront pas".
"Ce que les démocrates demandent est raisonnable et nécessaire", a-t-elle déclaré.
Aéroports touchés
Dans les faits, l'échec des négociations signifie qu'à minuit le 14 février, le DHS entrera en situation de paralysie budgétaire.
Des milliers de fonctionnaires se trouveront alors au chômage technique, tandis que des milliers d'autres, dont les fonctions sont considérées comme essentielles, devront continuer de travailler. Dans les deux cas, leur salaire ne sera pas versé jusqu'à ce que le Congrès s'entende sur un budget pour le ministère.
Mais alors que les démocrates disent s'opposer à un financement du DHS en raison des agissements de l'ICE, cette dernière pourra continuer d'opérer pendant la durée du "shutdown", en raison de fonds déjà approuvés l'an dernier par le Congrès.
D'autres agences - comme la Fema, chargée de la réponse aux catastrophes naturelles - seront donc principalement concernées par le blocage.
L'agence responsable des contrôles de sécurité dans les aéroports, la TSA, a averti sur X qu'un "shutdown" prolongé pourrait provoquer des pénuries de personnel avec "des conséquences notables aux aéroports, notamment des retards, des délais d'attente plus longs, et des annulations de vols".
La paralysie budgétaire annoncée sera la troisième depuis le début du second mandat de Donald Trump après celle de quelques jours début février, déjà autour de la question de l'ICE, et celle d'octobre-novembre dernier, qui avait battu un record de longévité avec 43 jours de blocage de l'administration fédérale.
AFP/VNA/CVN




