>> Les investisseurs attendent la finalisation du mécanisme de fonctionnement du CFI
>> Hô Chi Minh-Ville mise sur la finance internationale pour stimuler sa croissance
![]() |
| Le vice-Premier ministre Nguyên Van Thang. |
| Photo : VNA/CVN |
Le responsable a souligné qu’il n’y a "aucune raison d’atermoyer" et qu’il faudrait les mettre en service dans les meilleurs délais dans l’esprit de "il faut partir pour y arriver".
Le Vietnam a officiellement créé le VIFC le 21 décembre 2025, marquant une étape majeure dans sa stratégie de développement économique et financier. Les VIFC à Dà Nang (VIFC-DN) et à Hô Chi Minh-Ville (VIFC-HCMC) ont été inaugurés respectivement en janvier et février 2026.
Conformément au plan gouvernemental, le VIFC-HCMC se positionne comme une plateforme financière internationale multifonctionnelle axée sur les services bancaires, les marchés de capitaux et la connectivité des investissements internationaux, tandis que le VIFC-DN est en cours de développement pour devenir un centre spécialisé dans les technologies financières (Fintech), la finance numérique et la finance verte.
La stratégie du système VIFC repose sur cinq piliers : le développement global des marchés de capitaux et des services financiers, la création d’une plateforme de gestion d’actifs, la promotion des Fintech par le biais de mécanismes de bac à sable réglementaire, le développement de places boursières spécialisées et d’instruments financiers modernes, et le développement de la finance verte pour soutenir une croissance durable.
Selon Bach Quôc An, directeur du Département du droit international rattaché au ministère de la Justice, l’Assemblée nationale a mis en place des mécanismes spécifiques pour le VIFC, et le gouvernement a publié le décret n°328/2025/ND-CP relatif au Centre d’arbitrage international relevant du VIFC, marquant une étape majeure dans la réflexion sur la réforme institutionnelle dans le domaine de la finance internationale.
Une disposition notable permet aux parties en litige de renoncer à leur droit de demander l’annulation par un tribunal des sentences arbitrales, ce qui témoigne de l’adoption progressive par le Vietnam des pratiques des places financières internationales modernes. Cette évolution offre au pays d’importantes opportunités d’attirer les investissements internationaux, notamment dans un contexte de concurrence accrue pour les investissements directs étrangers.
De fait, peu après sa mise en service, le VIFC a déjà suscité un vif intérêt auprès des investisseurs et des institutions financières internationales.
Après plus de trois mois d’activité, le VIFC-HCMC a délivré des certificats d’engagement d’adhésion à 15 investisseurs. Elle collabore également avec des partenaires stratégiques sur des projets tels qu’une bourse des matières premières centralisée, des centres de financement aéronautique et maritime, des fonds de capital-risque, des programmes de finance verte, des systèmes internationaux de compensation des paiements et des projets pilotes de tokenisation d’actifs réels.
Parallèlement, le VIFC-DN a signé 20 protocoles d’accord avec des investisseurs, des entreprises et des organisations, et poursuit les négociations concernant quatre accords supplémentaires avec des partenaires internationaux.
La ville de Dà Nang a également délivré des certificats d’adhésion à 12 investisseurs, des lettres d’accusé de réception d’intérêt à 11 autres, et neuf autres sont en cours de constitution de leur dossier d’adhésion.
Des experts internationaux ont également salué le modèle vietnamien "deux centres, une structure". Kishore Nuthalapati, expert indien en finance d’entreprise, a décrit cette approche comme l’un des modèles de centres financiers internationaux les plus efficaces actuellement mis en œuvre. En effet, les deux centres, géographiquement distincts, fonctionnent au sein d’une structure unifiée qui permet une allocation flexible des produits financiers et des flux de capitaux.
La Dr. Luong Thanh Hà, de l’Académie bancaire du Vietnam, a déclaré que le VIFC-HCMC joue un rôle de premier plan dans les grands marchés bancaires et de capitaux, tandis que le VIFC-DN se positionne comme un centre spécialisé dans les technologies financières, les technologies numériques et la finance verte. Bien que géographiquement distincts, ces deux centres sont liés par un mécanisme de coordination commun permettant une allocation flexible des produits et activités financiers.
![]() |
| Tours financières à Hô Chi Minh-Ville, le long du fleuve Saigon, face à la péninsule de Thu Thiêm, dans le quartier de An Khanh. |
| Photo : VNA/CVN |
Les experts ont également souligné plusieurs mécanismes politiques attractifs, notamment la réglementation relative aux bacs à sable fintech, des mécanismes spécialisés de règlement des différends conformes aux normes internationales, des visas de longue durée pouvant aller jusqu’à 10 ans pour les experts étrangers et leurs familles, ainsi que des politiques de participation étrangère assorties de contrôles de capitaux appropriés.
Ces facteurs devraient permettre au VIFC d’attirer des flux de capitaux stables, de réduire les coûts d’emprunt, de renforcer la monnaie nationale et de créer des emplois à forte valeur ajoutée dans les secteurs à forte intensité de connaissances.
Toutefois, les experts ont noté que le fonctionnement du VIFC nécessite encore une amélioration continue du cadre juridique et des mécanismes politiques.
La vice-ministre des Finances, Nguyên Thi Bich Ngoc, a fait savoir que le cadre juridique fondamental du système VIFC était en grande partie finalisé, tandis que les modalités d’application détaillées étaient en cours d’élaboration.
Parallèlement, certaines institutions financières étrangères se heurtent encore à des obstacles juridiques à l’entrée sur le marché. Selon le Professeur agrégé Nguyên Huu Huân, vice-président de l’Agence exécutive du VIFC-HCMC, de grandes banques telles que JPMorgan, Bank of America, Bank of China et Mitsubishi UFJ Financial Group ont élaboré des plans pour s’implanter au sein du centre, mais ne peuvent y participer en raison de certaines exigences légales, notamment en matière de notation de crédit.
Des experts ont suggéré qu’un assouplissement de certaines conditions d’entrée lors de la phase initiale pourrait contribuer à accroître la liquidité du marché, à élargir la participation et à renforcer le rayonnement international du VIFC, tout en maintenant des mécanismes efficaces de contrôle des risques.
VNA/CVN



