Lagune de Thi Nai : la science au service d’un patrimoine naturel à préserver

Inaugurée le 25 septembre à ExploraScience Quy Nhon, l’exposition "Lagune de Thi Nai : un patrimoine naturel à préserver" met en lumière, à travers la science, la photographie et le documentaire, la richesse et la fragilité de cet écosystème côtier, ainsi que les liens étroits qui l’unissent aux populations riveraines.

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Cérémonie d'inauguration d’exposition "Lagune de Thi Nai : un patrimoine naturel à préserver", le 25 septembre à ExploraScience Quy Nhon. 
Photo : ICISE/CVN

À quelques kilomètres du quartier de Quy Nhon (dans la province de Gia Lai au Centre), la lagune de Thi Nai s’étend sur quelque 50 km², à la rencontre des rivières Kôn et Hà Thanh et de la mer de l’Est. Riche en biodiversité et étroitement liée aux activités de pêche et d’aquaculture, elle constitue un écosystème aussi précieux que vulnérable.

À travers photographies, panneaux illustrés et documentaire, l’exposition dévoile ses paysages, son fonctionnement, les services qu’elle fournit aux populations et les pressions auxquelles elle est soumise.

L'exposition est ouverte au public jusqu’au 25 mars 2027 à ExploraScience Quy Nhon.
Photo : ICISE/CVN

Elle montre également comment les scientifiques l’étudient pour mieux en suivre l’évolution et contribuer à sa préservation.

Comprendre pour mieux préserver

Depuis avril 2025, des équipes de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), de l’Université des sciences et technologies de Hanoï (USTH) et de leurs partenaires français et vietnamiens ont mené plusieurs campagnes de terrain, recueillant des centaines d’échantillons d’eau et de sédiments.

Les chercheurs croisent observations de terrain, données satellitaires et modélisation numérique pour étudier les échanges entre rivières, lagune et mer, la qualité de l’eau ainsi que les variations saisonnières.

Les premières analyses ne font pas apparaître de dégradation généralisée de la qualité de l’eau, tout en soulignant la nécessité d’un suivi environnemental dans la durée.

La vice-directrice du Service des sciences et technologies de Gia Lai, Vo Cao Thi Mông Hoài, à la cérémonie d'inauguration d’exposition. Photo : ICISE/CVN

La vice-directrice du Service des sciences et technologies de Gia Lai, Vo Cao Thi Mông Hoài, résume ainsi l’enjeu de cette démarche : "La science et la technologie ont ici un rôle très clair : transformer les observations en données, les données en connaissances et, à partir de ces connaissances, aider les autorités à prendre de meilleures décisions".

Les données recueillies permettent notamment de mieux cerner les variations de salinité, de turbidité et de niveau d’eau, ainsi que la présence de matières organiques, de PFAS (Polyfluoroalkyl Substances - des substances chimiques très persistantes dans l’environnement) et d’éléments traces métalliques.

Les observations de terrain sont complétées par les données des satellites Sentinel-3 et SWOT, ainsi que par la modélisation numérique.

Cette approche croisée permet d’observer l’état actuel de la lagune, mais aussi d’explorer différents scénarios liés à l’évolution des débits fluviaux, aux aménagements et au changement climatique.

Terrain, satellites et modèles numériques offrent ainsi trois regards complémentaires : observer ce qui se passe aujourd’hui, comprendre les mécanismes qui régissent la lagune et envisager ses évolutions possibles.

Quand la science rencontre l’art

Le Professeur Sylvain Ouillon, directeur de recherche de l'IRD au Vietnam. Photo : ICISE/CVN

Pour le Professeur Sylvain Ouillon, directeur de recherche de l'IRD au Vietnam, l’étude de la lagune ne saurait se limiter aux seules données scientifiques : "Les chercheurs ne sont pas que des savants qui mesurent et qui analysent. Ils sont forcément aussi des créateurs pour tenter de mieux comprendre les milieux naturels, les sociétés, leurs interactions dans une approche globale".

C’est dans cet esprit que la recherche dialogue ici avec la photographie, le dessin et le film documentaire.

"Pour partager cette approche intégratrice et rendre compte de la richesse et de la diversité de la vie dans et autour de la lagune, il fallait sortir du cadre purement scientifique et faire appel à des artistes, dessinateurs, photographes, vidéastes… ", explique Sylvain Ouillon.

L’exposition s’inscrit ainsi dans le projet franco-vietnamien "Vivre avec les fleuves", soutenu par l’Ambassade de France au Vietnam et l’Institut français du Vietnam.

Porté par le Fonds Équipe France, ce projet vise à mieux comprendre les écosystèmes fluviaux et côtiers et à faire dialoguer les savoirs autour d’une question essentielle.

Daphné Trichet, représentante de l’Ambassade de France et de l’Institut français du Vietnam à la cérémonie d'inauguration d’exposition. 
Photo : ICISE/CVN

"Comment continuer à vivre avec ces milieux tout en les préservant ?", interroge Daphné Trichet, représentante de l’Ambassade de France et de l’Institut français du Vietnam, avant de partager : "L’exposition que nous inaugurons aujourd’hui permet de partager ce travail au-delà de la communauté scientifique et de le rendre accessible à un public plus large. C’est aussi ce qui fait, je crois, toute sa richesse : faire dialoguer les données scientifiques avec la photographie, l’illustration et le documentaire pour raconter la lagune autrement, à travers ses paysages et ses écosystèmes, mais aussi les femmes et les hommes qui y vivent".

De la connaissance à l’action

Pour les partenaires vietnamiens, la connaissance constitue également le point de départ d’une gestion durable de la lagune. La vice-directrice dudit Service provincial souligne : "Afin de préserver la lagune de Thi Nai, il faut d’abord la comprendre. Pour en valoriser durablement les ressources économiques, touristiques et les moyens de subsistance, il faut connaître les capacités et les limites de cet écosystème".

Cette approche vise à concilier protection de l’environnement, activités économiques, tourisme et moyens de subsistance, dans un dialogue durable entre scientifiques, autorités, acteurs économiques et communautés locales.

L’exposition entend faire de la science un trait d’union entre recherche et société, notamment auprès des jeunes générations.
Photo : ICISE/CVN

Ouverte au public jusqu’au 25 mars 2027, l’exposition entend faire de la science un trait d’union entre recherche et société, notamment auprès des jeunes générations.

La coopération franco-vietnamienne "Vivre avec les fleuves" se poursuivra jusqu’à la fin de l’année, avec un événement de clôture prévu en décembre à Cân Tho. À travers Thi Nai, elle rappelle qu’un patrimoine naturel ne peut être durablement préservé que s’il est d’abord connu, compris et partagé.


Câm Sa/CVN

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