La France en plein pic de chaleur, entre incendies et perturbations majeures

Le troisième épisode de chaleur de l'année a atteint son pic dimanche 12 juillet en France, s'accompagnant en région parisienne d'incendies qui ont interrompu la circulation des trains Paris-Lyon, et perturbant la production de réacteurs nucléaires, avant un début de semaine toujours très chaud.

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Des festivaliers se rafraîchissent à l'aide de brumisateurs aux Francofolies de La Rochelle, le 11 juillet.
Photo : AFP/VNA/CVN

Météo-France a placé 37 départements en vigilance maximale canicule (rouge) pour dimanche 12 et lundi 13 juillet, dans un triangle dont les extrémités sont dans le Tarn au sud, le Val-d'Oise au nord et le Morbihan à l'ouest. Le nombre de départements en rouge ne diminuera qu'après 22h00 lundi soir 13 juillet.

D'après un calcul de l'AFP à partir des données de population annuelles de l'Insee, cela concerne quelque 26 millions de Français, dont toute la région Île-de-France.

L'institut météorologique national a relevé jusqu'à 42,3° à l'intérieur des terres dans les Landes, ou encore 41,8° à Saintes (Charente-Maritime).

Les fortes chaleurs s'accompagnent d'un risque élevé d'incendies, sur tout le territoire.

La Seine-et-Marne a vu dans l'après-midi le départ de deux feux, dans la campagne au sud-est de Melun, qui ont obligé à couper la circulation sur les autoroutes A5 (Paris-Langres) et A6 (Paris-Lyon), ainsi que sur la ligne ferroviaire à grande vitesse Paris-Lyon.

De très nombreux trains ont dû changer d'itinéraire pour contourner un incendie au Châtelet-en-Brie, a indiqué SNCF Réseau, ce qui a provoqué des retards de plusieurs heures au départ ou à l'arrivée de la gare de Lyon, à Paris. De très nombreux voyageurs devaient y patienter avant le retour à la normale, a constaté une journaliste de l'AFP.

Autre conséquence de la chaleur: l'arrêt ou la réduction de puissance de réacteurs nucléaires, dont les circuits de refroidissement rejettent de l'eau chaude dans les fleuves ou la mer.

En raison des normes environnementales, trois réacteurs avaient stoppé leur production dimanche 12 juillet, N°2 à Golfech (Tarn-et-Garonne), en bord de Garonne, N°3 au Bugey (Ain), en bord de Rhône, et N°2 à Chooz (Ardennes), en bord de Meuse. Sept autres connaissent des "adaptations de puissance", à la baisse.

Fête nationale perturbée

Des gens remplissent leur gourde et s'aspergent d'eau, le 11 juillet au bois de Vincennes, à Paris.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le Tour de France a été affecté par ces conditions éprouvantes. L'étape de dimanche 12 juillet était courue entre Malemort et Ussel, deux villes d'un département, la Corrèze où le thermomètre a approché 40°C. Les organisateurs ont supprimé 30 km de parcours, pour en conserver 155,5 km.

Lundi 13 juillet est une journée de repos pour les coureurs, qui pourront débattre de l'idée, parfois avancée, de départs d'étape tôt le matin.

Les nuits sont peu reposantes dans de nombreuses régions. Météo-France a relevé à 5h00 dimanche des températures de 26°C à Bordeaux, 25°C à Angoulême, Lorient, Rennes et au Mans, 24°C à Toulouse, Nantes et Tours, 23°C à Paris. Celle de dimanche 12 à lundi 13 juillet s'annonce tout aussi difficile, particulièrement dans le Sud-Ouest et la vallée de la Loire, avec 22 à 24°C prévus.

Le début de semaine, avec la Fête nationale mardi 14 juillet, ne devrait pas encore accorder de répit, malgré des températures "généralement en baisse".

Le préfet de police de Paris a fait annuler les très populaires bals des pompiers traditionnellement organisés dans les casernes les 13 et 14 juillet, de même que des événements sportifs.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a fait état sur BFMTV dimanche 12 juillet de "déjà 17.000 hectares brûlés" dans les forêts françaises. D'après lui, "quand on aura consolidé le bilan des feux en cours, on pense qu'on sera à 25.000 hectares brûlés", soit "deux fois plus par rapport à la même période" de 2025.

Autre conséquence : des morts par noyade, 139 depuis le 19 juin. Par rapport à 2025, "l'augmentation est de plus de 18%", a déploré M. Nuñez.

La France a été durement éprouvée depuis fin mai par la répétition des épisodes de forte chaleur, qui ont provoqué une surmortalité, et montré l'inadaptation de nombreuses infrastructures à des étés différents de ceux du siècle précédent.

Cette vague de chaleur est la deuxième de l'année selon la définition de Météo-France, après celle de fin juin et début juillet. Fin mai, l'épisode de chaleur inédit pour un printemps avait marqué les esprits.

Leur fréquence croissante est un marqueur sans équivoque du changement climatique. Principalement causé par la combustion d'énergies fossiles partout dans le monde, le réchauffement continu de l'atmosphère terrestre a de lourdes conséquences sur les humains et l'ensemble des écosystèmes.

AFP/VNA/CVN

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