La coordination tripartite pour détecter précocement la corruption

Les responsables ont souligné que la prévention devait précéder l’application des mesures coercitives, que le contrôle du pouvoir devait s’accompagner d’une obligation de rendre des comptes et que la surveillance du patrimoine, des revenus et des intérêts devait être renforcée grâce à une utilisation accrue des données et des technologies de l’information.

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Le procureur général du Parquet populaire suprême, Nguyên Huy Tiên, et l'auditeur général Nguyên Huu Nghia échangent le règlement relatif à la coordination du travail. 
Photos : VNA/CVN
Le ministre de la Police, Luong Tam Quang (assis à droite) et l’auditeur général de l’État, Nguyên Huu Nghia, signent un règlement de coordination dans l’exercice de leurs missions.
 Photo : VNA/CVN

L’Audit d’État du Vietnam (SAV), le ministère de la Polique et le Parquet populaire suprême ont organisé jeudi 27 août à Hanoï un webinaire destiné à partager leurs expériences en matière de lutte contre la corruption, le gaspillage et les pratiques malsaines.

Dans son discours d’ouverture, le vice-auditeur général Doan Anh Tho a déclaré que cet événement offrait une plateforme pour identifier les obstacles et proposer des solutions visant à renforcer l’efficacité de l’application des mesures de prévention et de lutte contre la corruption, le gaspillage et les pratiques malsaines.

Il a déclaré qu’une coordination plus étroite entre les trois organismes constitue à la fois une exigence et une responsabilité partagée pour lutter contre la corruption, le gaspillage et les pratiques malsaines, mieux protéger les biens publics et les intérêts de l’État, et garantir les droits et intérêts légitimes des organisations et des particuliers.

Le directeur adjoint du Département de la police chargé des crimes économiques relevant du ministère de la Police, Pham Truong Giang, a fait savoir que les enquêtes ont mis au jour des collusions entre groupes d’intérêts, des manipulations dès la phase d’élaboration des politiques et de la planification, des trucages d’appels d’offres, le recours à des sociétés écrans, des abus dans l’évaluation des actifs et des investissements publics, ainsi que la légalisation, la dissimulation et la dispersion d’actifs.

Selon les informations communiquées au webinaire, depuis 2020, les forces de police chargées de la lutte contre la criminalité économique ont découvert plus de 3.700 affaires et engagé des poursuites à l’encontre de 8.900 suspects accusés de corruption, de dilapidation de fonds et d’autres pratiques malsaines, permettant le recouvrement d’avoirs illicites d’une valeur supérieure à 600.000 milliards de dôngs (environ 23 milliards de dollars).

L'auditeur général de l’État, Nguyên Huu Nghia, remet les médailles commémoratives "Pour l’œuvre de l’Audit d’État" aux dirigeants du Parquet populaire suprême.
Photo : VNA/CVN

Pham Van Dung, directeur général adjoint du Département des poursuites pénales et du contrôle des enquêtes sur les affaires économiques et de corruption, rattaché au Parquet populaire suprême, a évoqué les actes délictueux à la lumière de l’expérience pratique acquise dans le cadre des poursuites et contrôle des enquêtes sur les affaires économiques et de corruption.

Ces actes délictueux comprennent la tenue d’une double comptabilité, le blanchiment de flux financiers, les abus de pouvoir pour orienter ou légitimer des décisions, la dissimulation de la propriété et des bénéficiaires effectifs, le fractionnement de transactions, le recours à de multiples intermédiaires, ainsi que la manipulation des procédures d’appel d’offres, d’enchères, d’investissement et d’acquisition de biens publics à des fins de création d’intérêts particuliers.

Une coordination renforcée pour prévenir les risques de corruption

Dans les affaires économiques et de corruption majeures, le responsable a déclaré que les enquêteurs doivent identifier rapidement les "points suspects" afin de localiser le cœur du problème, de reconstituer l’ensemble du processus d’élaboration et de mise en œuvre des politiques, et de retracer les avantages réels. Les flux financiers et la propriété effective constituent les principaux éléments de preuve.

L'auditeur général de l’État, Nguyên Huu Nghia, remet les médailles commémoratives "Pour l’œuvre de l’Audit d’État" aux dirigeants du ministère de la Police.
Photo : VNA/CVN

Les participants ont indiqué que la corruption et les infractions connexes sont devenues plus complexes et sophistiquées, souvent dissimulées au sein d’activités économiques en apparence légales et intégrées à la prise de décision avant d’être légitimées par des procédures, des registres, des contrats et des documents. Certaines de ces affaires forment des chaînes complexes allant de l’ingérence politique et de la collusion à la légalisation de documents et à la dissimulation d’avoirs.

Ils ont souligné que la prévention doit précéder la répression, que les contrôles du pouvoir doivent être liés à la responsabilisation et que la surveillance des actifs, des revenus et des intérêts doit être renforcée par une utilisation accrue des données et des technologies de l’information.

Les participants ont plaidé pour la mise en place de mécanismes d’alerte précoce dans les domaines à haut risque, notamment la gestion foncière, la finance, le secteur bancaire, les investissements publics, les appels d’offres, les marchés publics, la gestion des actifs publics, la privatisation, la gestion du capital de l’État dans les entreprises et l’extraction des ressources naturelles.

Ils ont insisté en particulier sur la nécessité d’une coordination et d’un partage d’informations renforcés entre les trois organismes dès l’identification des risques, et non après l’éclatement d’une affaire.

Les enquêteurs pourraient fournir à la SAV des informations sur les nouvelles méthodes criminelles et des listes de secteurs sensibles à haut risque afin d’orienter les plans d’audit et le ciblage des risques, ont-ils indiqué.

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