"Nous résisterons et la bataille se poursuivra jusqu'à l'au-delà, jusqu'à ce que vous soyez achevés mais nous, nous ne serons pas finis" , a dit le leader libyen dans un message sonore diffusé dans la nuit du 22 au 23 juin par la télévision libyenne.
Il réagissait à un raid aérien de l'OTAN qui a visé le 20 juin selon le régime une résidence de Khouildi Hmidi, un homme politique influent et vieux compagnon de route du colonel Kadhafi, tuant 15 personnes dont des enfants, à Sorman, à 70 km à l'Ouest de Tripoli.
L'OTAN, qui a pris le 31 mars la direction des opérations internationales, a admis avoir mené un raid dans cette zone affirmant cependant qu'il s'agit d'un "raid de précision" visant un "centre de commandement et de contrôle de haut niveau" et non une cible civile, après une série de bavures ces derniers jours.
M. Kadhafi a appelé l'ONU à envoyer des enquêteurs à la résidence bombardée de M. Hmidi pour vérifier qu'il s'agit d'un site civil et non militaire, s'emportant contre l'OTAN en demandant : "de quel droit vous visez les hommes politiques et leurs familles?" .
"Il n'y a plus aucun accord entre nous après que vous ayez tué nos enfants et nos petits-enfants (...) Vous (l'Occident) pouvez faire marche arrière" , a ajouté M. Kadhafi en rendant hommage à son compagnon.
"Nous resterons, nous résisterons et nous n'allons pas nous soumettre. Frappez avec vos missiles, deux, trois, dix ou 100 ans" , a-t-il martelé, dénonçant de nouveau une "croisade" lancée contre un pays musulman.
Pays abritant le QG de l'opération de l'OTAN et des bases aériennes d'où décollent les bombardiers alliés, l'Italie a jeté un pavé dans la mare en dénonçant les raids contre les civils et l'enlisement du conflit qui a fait depuis le 15 février des milliers de morts.
Son ministre des Affaires étrangères Franco Frattini a appelé à ainsi estimé que "la suspension des actions armées est fondamentale pour permettre une aide immédiate" en Libye.
Mais cette proposition a été aussitôt rejetée par la France, pour qui une pause, même humanitaire, risquerait de permettre à M. Kadhafi "de se réorganiser" .
Et le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a dit clairement que les opérations allaient "continuer" pour éviter que "d'innombrables civils supplémentaires perdent la vie" .
Le Conseil national de transition (CNT), organe représentatif des opposants, a quant à lui assuré qu'avec ou sans l'Alliance, il "se battra jusqu'au bout, jusqu'à la victoire" .
Enfin, le chef de la diplomatie Abdelati al-Obeïdi, qui a traversé maintes fois la frontière tuniso-libyenne pour se rendre dans des pays africains en vue de négociations sur le conflit, est entré en Tunisie le 22 juin, a indiqué l'agence tunisienne TAP sans préciser sa destination finale.
AFP/VNA/CVN