Hanoï teste une zone à faibles émissions

À Hanoï, la mise en place d’une zone à faibles émissions suscite l’intérêt des habitants. Entre volonté de transition vers les véhicules électriques et attentes en matière d’aides financières et d’infrastructures, la ville amorce un virage vers une mobilité plus durable et moins polluante.

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Rue Tràng Tiền, à Hanoï, zone pilote pour les véhicules électriques à faibles émissions.
Photo : VNA/CVN

Ces derniers jours, la transition des motos à essence vers des motos électriques dans la zone pilote à faibles émissions du quartier de Hoàn Kiêm, à Hanoï, suscite un vif intérêt parmi les habitants. De nombreux foyers soutiennent cette orientation visant à améliorer la qualité de l’air, tout en exprimant des attentes quant à des politiques d’accompagnement concrètes et au développement des infrastructures adaptées.

La famille de Trân Hùng, qui vit dans une petite ruelle de la rue Nguyên Huu Huân, possède actuellement trois motos à essence. Il explique que toute la famille réfléchit attentivement à la transition vers des véhicules électriques. Selon lui, la mise en place d’une zone à faibles émissions est nécessaire, mais pour obtenir l’adhésion des habitants et accélérer cette transition, la ville doit préciser les aides financières ainsi que les politiques associées. Il souhaite également des directives claires en matière de prévention des incendies, notamment concernant l’installation des bornes de recharge et les normes de sécurité pour la recharge à domicile.

Partageant ce point de vue, Nguyên Minh Anh, une habitante du quartier, indique que sa famille possède deux motos et envisage de passer à l’électrique dans un avenir proche. Selon elle, outre les aides à l’achat, la ville doit accorder une attention particulière au développement des infrastructures, en particulier au déploiement de bornes de recharge publiques. Par ailleurs, les habitants s’intéressent aussi aux possibilités de revente de leurs anciens véhicules à un prix raisonnable et recherchent des points de vente fiables pour l’achat de motos électriques.

Selon le projet soumis par le Comité populaire municipal de Hanoï au Conseil populaire municipal, la première phase de la zone à faibles émissions sera expérimentée dans le quartier de Hoàn Kiêm du 1er juillet au 31 décembre 2026. Cette zone pilote couvrira 11 rues, dont Tràng Tiên, Hàng Khay, Lê Thái Tô, Hàng Đào, Hàng Ngang, Hàng Buôm, Ma Mây, Hàng Bac, Hàng Mam, Nguyên Huu Huân et Ly Thai Tô, sur une superficie d’environ 0,5 km², avec une population d’environ 20.000 habitants.

Dans cette zone, les motos à essence seront interdites à certaines heures : de 18h à minuit le vendredi, et de 6h à minuit le week-end. Les motos à essence utilisées pour des services de transport via des plateformes numériques seront également concernées par ces restrictions.

Projet en trois points

Un représentant du Service de l’agriculture et de l’environnement de Hanoï a indiqué que le projet sera déployé en trois phases. Après la phase pilote à Hoàn Kiêm, la ville prévoit d’étendre l’expérimentation au quartier de Cua Nam en 2027, avant une généralisation à l’ensemble du périmètre du boulevard périphérique N°1 entre 2028 et 2029. Il s’agit d’un modèle inédit au Vietnam, nécessitant des solutions coordonnées.

Les véhicules électriques, une solution de transition verte pour un développement des transports moderne et durable.
Photo : VNA/CVN

Les experts estiment que le transport constitue l’une des principales sources d’émissions polluantes en milieu urbain. Il est donc essentiel de mettre en place des mesures visant à réduire les émissions liées à la circulation.

La ville élabore actuellement des politiques de soutien à la transition, qui devraient être soumises prochainement au Conseil populaire. Selon le projet, les habitants passant d’une moto à essence à un véhicule écologique pourraient bénéficier d’une aide équivalente à 20% du prix du véhicule, plafonnée à 5 millions de dôngs. Les ménages pauvres pourraient recevoir jusqu’à 20 millions de dôngs, et les ménages proches du seuil de pauvreté jusqu’à 15 millions de dôngs. Des aides supplémentaires, telles que des subventions sur les taux d’intérêt ou un soutien aux groupes affectés comme les chauffeurs de taxi, sont également à l’étude.

La mise en œuvre de la zone à faibles émissions ne constitue pas seulement une solution environnementale, mais aussi une étape importante vers un changement des habitudes de mobilité, en faveur d’une ville plus verte et d’un développement durable.

Xuân Lôc/CVN

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