>> Le Vietnam réaffirme son opposition à toute forme de travail forcé
>> Nouveaux droits de douane américains : les Européens soulagés
>> Le Vietnam interdit strictement toute forme de travail forcé
![]() |
| Confection de vêtements destinés à l'exportation vers le marché japonais à la compagnie de confection Hung Viêt, à Hung Yên. |
| Photo : VNA/CVN |
Les relations économiques et commerciales entre le Vietnam et les États-Unis ont connu un développement remarquable ces dernières années, constituant l’un des principaux piliers du Partenariat stratégique global établi entre les deux pays. Fondée sur le respect mutuel, la transparence et l’amélioration continue du cadre juridique vietnamien, cette coopération a favorisé une croissance soutenue des échanges et des investissements bilatéraux.
Dans ce contexte, la récente décision du Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) d’appliquer un droit de douane supplémentaire de 12,5% aux marchandises importées provenant de toutes les économies faisant l’objet d’une enquête au titre de la Section 301 suscite des interrogations au Vietnam. En réponse, la porte-parole du ministère vietnamien des Affaires étrangères, Pham Thu Hang, a déclaré le 25 juillet que cette décision ne rendait pas justice aux démarches concrètes du Vietnam en matière de prévention et d'interdiction du travail forcé, en pleine conformité avec les normes de l'Organisation internationale du travail (OIT) et les accords de libre-échange signés par le Vietnam.
Selon les autorités vietnamiennes, la protection des droits des travailleurs constitue depuis longtemps un principe fondamental du système juridique national. La Constitution de 2013 garantit à chaque citoyen le droit au travail, à la libre sélection de son emploi et de son lieu de travail, tout en interdisant explicitement toute discrimination, le recours au travail forcé ainsi que l’emploi de mineurs en dessous de l’âge légal.
Ces principes ont été précisés dans le Code du travail de 2019, qui réaffirme la responsabilité de l’État dans la protection des droits et des intérêts légitimes des travailleurs, qu’ils soient ou non liés par un contrat de travail. Le texte garantit notamment la liberté de choisir son emploi, interdit toute forme de coercition et encourage les employeurs à offrir des conditions plus favorables que les exigences minimales prévues par la loi.
Le gouvernement vietnamien a poursuivi le renforcement de ce cadre juridique avec l’adoption, le 22 juillet 2026, du Décret N°292/2026/ND-CP, qui interdit l’importation de marchandises extraites, fabriquées ou produites, en tout ou en partie, au moyen du travail forcé. Le ministère de l’Industrie et du Commerce considère cette nouvelle réglementation comme une étape importante dans la mise en œuvre des conventions de l’OIT et des engagements internationaux du Vietnam, tout en contribuant à améliorer la transparence et la durabilité des chaînes d’approvisionnement.
Le Vietnam participe activement aux accords de libre-échange de nouvelle génération, qui accordent une place importante aux normes sociales et environnementales. Les entreprises exportatrices opérant dans des secteurs tels que le textile, la chaussure, les produits de la mer ou l’électronique sont soumises à des exigences strictes en matière de responsabilité sociale et de critères ESG, sous le contrôle de leurs partenaires internationaux.
Lors du lancement du Mois de la sécurité et de la santé au travail ainsi que du Mois des travailleurs 2026, le ministre de l’Intérieur, Dô Thanh Binh, a rappelé que l’amélioration des conditions de vie et de travail constitue une priorité constante des pouvoirs publics. Le Vietnam dispose aujourd’hui d’une population active de plus de 53 millions de personnes, comprenant un nombre croissant de travailleurs qualifiés répondant aux standards régionaux et internationaux.
Le dynamisme du commerce extérieur est également présenté comme un indicateur des progrès accomplis. Le Vietnam figure désormais parmi les vingt premières économies mondiales pour le commerce de marchandises et occupe une place essentielle dans les chaînes d’approvisionnement internationales, notamment dans les secteurs de l’électronique, du textile-habillement, de la chaussure, du bois et des produits agricoles et aquatiques. Ses exportations sont présentes sur les marchés les plus exigeants, dont les États-Unis et l’Union européenne.
Les autorités vietnamiennes soulignent par ailleurs les efforts engagés pour renforcer la transparence de l’environnement des affaires, développer la transformation numérique dans la gestion des exportations et des importations, améliorer la traçabilité des produits et intensifier les inspections du travail.
L’application d’un droit de douane supplémentaire de 12,5% pourrait avoir des effets défavorables pour les deux parties. Les produits vietnamiens contribuent depuis de nombreuses années à la stabilité de l’offre et des prix sur le marché américain. Une hausse des droits de douane risquerait d’alourdir les coûts supportés par les importateurs et les consommateurs américains, tout en pénalisant les entreprises vietnamiennes qui respectent les normes internationales.
Dans le cadre du Partenariat stratégique global Vietnam - États-Unis, les autorités vietnamiennes estiment que la coopération économique et commerciale devrait continuer à reposer sur la confiance, le dialogue constructif et une appréciation objective des réalités. Elles considèrent qu’une réévaluation complète des efforts accomplis par le Vietnam permettrait d’adapter la politique tarifaire américaine aux évolutions concrètes enregistrées par le pays, dans l’intérêt des deux économies.
VNA/CVN



