>> Exportations : le Vietnam cherche à renforcer sa présence sur le marché halal
>> Les nouveaux ALE, un levier pour les exportations vers le Moyen-Orient et l’Asie du Sud
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| Fruits et légumes frais vietnamiens exportés vers les Émirats arabes unis en avril. |
| Photo d'illustration : VNA/CVN |
Une forte demande à l'importation, la hausse du pouvoir d'achat des consommateurs et les accords de libre-échange (ALE) de nouvelle génération offrent aux entreprises vietnamiennes de nouvelles opportunités pour développer leurs marchés, diversifier leurs partenariats et renforcer leur position sur le marché mondial.
Trân Thanh Hai, directeur adjoint de l'Agence du commerce extérieur auprès du ministère de l'Industrie et du Commerce, a souligné plusieurs étapes importantes, notamment la mise en œuvre de l'Accord de libre-échange Vietnam - Israël (VIFTA) début 2026 et l'entrée en vigueur de l'Accord de partenariat économique global (CEPA) Vietnam - Émirats arabes unis (EAU) en février.
Il a précisé que ce dernier accord marque le premier ALE du Vietnam avec un pays du Golfe, ouvrant ainsi l'accès à l'un des pôles commerciaux les plus dynamiques du monde. Pour la première fois, les produits vietnamiens peuvent entrer aux Émirats arabes unis (EAU) grâce à des accords tarifaires préférentiels. Plus important encore, les EAU constituent une porte d'entrée vers le Moyen-Orient, un marché de plus de 400 millions de consommateurs dont le PIB cumulé dépasse les 4.000 milliards de dollars américains. Les négociations en cours sur un accord de libre-échange (ALE) Vietnam - Conseil de coopération du Golfe (CCG) et les efforts déployés pour moderniser l'Accord de libre-échange de marchandises ASEAN-Inde (AITIGA) devraient renforcer la coopération économique.
Opportunités aux exportateurs vietnamiens
L'importante demande d'importations de la région offre des opportunités considérables aux exportateurs vietnamiens. Les pays du CCG dépendent actuellement de sources extérieures pour 80 à 90% de leurs besoins alimentaires, ce qui génère une forte demande pour les produits vietnamiens tels que le riz, les produits aquatiques, le café, les noix de cajou, les fruits, les légumes et les produits alimentaires transformés.
En Asie du Sud, et notamment en Inde - cinquième économie mondiale et pays qui devrait devenir la troisième dans les années à venir -, la croissance de la consommation et l'essor de la classe moyenne créent un contexte favorable aux produits vietnamiens.
Cependant, les experts soulignent que les préférences tarifaires ne garantissent pas à elles seules le succès commercial. Face à une concurrence de plus en plus axée sur la qualité des produits, les normes techniques et les exigences spécifiques des marchés, il est conseillé aux entreprises d'améliorer leurs capacités de production, leurs systèmes de gestion et leur compétitivité. Dans ce contexte, la principale valeur des accords de libre-échange de nouvelle génération réside non seulement dans les réductions tarifaires, mais aussi dans l'impulsion qu'ils donnent aux entreprises pour moderniser leurs capacités de production et leur gouvernance, et se positionner plus haut dans les chaînes de valeur mondiales.
L'une des conditions essentielles pour accéder aux marchés du Moyen-Orient est le respect des normes halal. Selon l'Agence du commerce extérieur, l'économie mondiale du halal représente déjà des milliers de milliards de dollars et poursuit son expansion rapide. Si le Vietnam possède des atouts majeurs dans les secteurs agricole, agroalimentaire et des produits de la mer, la conquête de parts de marché exige le strict respect des certifications halal et des systèmes de gestion de la qualité tout au long de la chaîne d'approvisionnement.
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| Le Vietnam représente actuellement environ 60% du marché du poivre au Moyen-Orient. |
| Photo : VNA/CVN |
De fait, plusieurs industries vietnamiennes sont déjà bien implantées au Moyen-Orient et en Asie du Sud. Le Vietnam représente actuellement environ 60% du marché du poivre au Moyen-Orient et 40% en Asie du Sud, tandis que la cannelle domine près de 90% du marché sud-asiatique. Cependant, de nombreuses entreprises vietnamiennes continuent d'exporter leurs produits à l'état brut ou semi-transformé, ou de recourir à des importateurs intermédiaires pour atteindre les marchés finaux. De ce fait, la valeur ajoutée générée et la visibilité des marques vietnamiennes demeurent inférieures au niveau que permettrait la position dominante du secteur sur le marché.
Actuellement, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient continuent de poser des défis, notamment par la hausse des coûts de transport, des primes d'assurance contre les risques de guerre et des surcharges sur les carburants. Nguyên Duy Minh, vice-président de l'Association vietnamienne des entreprises de logistique, recommande donc aux entreprises de diversifier leurs itinéraires de transport, de renforcer leur couverture d'assurance marchandises et d'établir des plateformes de distribution ou d'entreposage à Dubaï afin d'améliorer leur accès aux marchés et de réduire leurs coûts.
Les experts estiment également que le Moyen-Orient et l'Asie du Sud pourraient devenir des moteurs de croissance majeurs pour les exportations vietnamiennes dans les années à venir. Si les accords de libre-échange offrent un cadre institutionnel favorable et un accès élargi aux marchés, le succès dépendra en définitive de la capacité des entreprises à investir dans les études de marché, le développement de leur marque, leurs capacités logistiques et le respect des normes internationales. Grâce à une stratégie de développement de marché à long terme et à une utilisation efficace des avantages de l'ALE, les entreprises vietnamiennes seront bien placées pour approfondir leur intégration dans les chaînes de valeur et les réseaux de distribution mondiaux.
VNA/CVN



